ARTICLE XXI
Des imaginations qui n’ont pour cause que le corps.
LnU’e les perceptions qui sont causées par le corps, la plupart dépendent des nerfs; mais il y en a aussi quelques unes qui n’en dépendent point, et qu’on nomme de.<> imagi#»li*ns, ainsi que celles
56’ "les PASSIONS JM£ l’ame.
* k dont je viens de parier , desquelles néanmoins elles
diffèrent en ce que notre volonté ne s’emploie point
à les former , ce qui fait qu’elles ne peuvent être
mises au nombre des actions de l’âme , et elles ne
procèdent que de ce que les esprits étant diverse* ment agités , et rencontrant les traces de diverses impressions qui ont précédé dans le cerveau, ili y prennent leur <cours fortuitement par certains pores plutôt que par d’autres. Telles sont les illusions de nos songes et aussi les rêveries que nous avons souvent étant éveillés, lorsque notre pensée erre nonchalamment sans s’appliquer à rien de soi-même. Or, encore que quelques unes de ces imaginations soient des passions de 1 ame , en prenant ce mot en sa plus propre et 'pliis' pajjfcdte signification, et quelles puis^at être toüt^mnsi nommées, si on le prend en une signification plus générale, toutefois, pourcequ 'elles n’pnt pas une cause si notable et si déterminée que tions que l’âme. reçoit par l’entremise des fil et qu’elles semblent n’en être que l’ombre et la peinture, avant que nous les puissions bien distinguer, il faut considérer la différence qui est entre
ces autres.