PREMIÈRE PARTIE
ment diverses choses dont, s’il arrive que l’une ait la force de changer pour un moment le cours des esprits, il peut arriver que celle qui suit ne l’a pas , et qu’ils le reprennent aussitôt après , à cause que la disposition qui a précédé dans les nerfs, dans le cœur et dans le sang, n’est pas changée, ce qui fait que l’âme se sent poussée presque en même tepips à désirer et ne pas désirer une même chose ; et c’est de là qu’on a pris occasion d’imaginer en elle deux puissances qui se combattent. Toutefois on peut encore concevoir quelque combat , en ce que souvent la même cause qui excite en lame quelque passion, excite aussi certains mouvements dans le corps, auxquels lame ne contribue point , et lesquels elle arrête ou tâche d’arrêter sitôt qu’elle les aperçoit, comme on éprouve lorsque ce qui excite la peur fait aussi que les esprits entrent dans les muscles qui servent' à remuer les jambes pour fuir , et que la volonté qu’on a d’être hardi les arrête.