ARTICLE L
Qu'il n'y a point d'âme si faible qu'elle ne puisse, étant bien conduite, acquérir un pouvoir absolu sur ses passions.
Et il est utile ici de savoir .que, comme il a déjà été dit ci-dessus, encore que chaque mouvement de la glande semble avoir été joint par la nature à chacune de nos pensées dès le commencement de notrè vie, on les peut toutefois joindre à d’autres p m bitude, ainsi que l’expérience fait voir aux paroles, qui excitent des mouvements en la glande , lesquels , selon l’institution delà nature, ne représentent- à l’âme que leur son lorsqu’elles sont proférées de la voix , ou la figure de leurs lettres lorsqu’elles sont écrites , et qui néanmoins , par 1’habitude qu’on a acquise en pensant à ce quelles signifient lorsqu’on a ouï leur son ou bien qu’on a vu leurs lettres , ont coutume de faire concevoir cette signification plutôt que la figure de leurs lettres ou bien le son de leurs syllabes. Il est utile aussi de savoir qu’encore que les mouvements, tant de la glande que des esprits du cerveau, qui représentent à l’âme certains objets, soient naturellement joints avec ceux qui excitent en elles certaines passions, ils peuvent toutefois par habitude en être séparés et joints à d’autres fort différents, et même que cette habitude peut être acquise par une seule action , ‘et ne requiert