‹ Œuvres de Descartes (volume 3)Chapitre 21 sur 62 · M. MOKIN A M. DE SG AU TE S · texte numérisé non relu

M. MOKIN A M. DE SG AU TE S

(Lettre 58 du tome I.) ••

'-•et ;V.

Monsieur ,

'X ?. février i638.

Dès l’heure que j’eus l’honneur de vous voir et de vous connoitre à Paris', je jugeai que vous aviez un esprit capable de’ laisser quelque choàe de rare et d’excellent à la postérité , et me suis grandement réjoui d’avoir vu réussir mon jugement par le beau livre que vous avez mis en lumière sur des sujets de mathématique et de physique, qui sont aussi les deux principaux objets de mes spéculations naturelles. ^Mais comme, en ce qui est de la mathématique , vous n’aurez que des gens à admirer la sublimité de votre esprit , aussi , en ce qui est de la physique , j’estime que vous ne serez pas étonné s’il ft trouve des personnes à vous contredire, car vous étant réservé la connoissance des principes et notions universelles de votre physique nouvelle (dont la publication est passionnément désirée de tous les doctes), et ne fondant vos raisonnements que sur des com-

aoS LETTRES. '

paraisons ou suppositions , de la vérité desquelles on est pour le moins en doute , ce seroit pécher contre le premier précepte de votre* Méthode, qui est très bon , .et qui m’e§t familier, que d’acquiescer à vos raisonnements. Et bien que, par la page 76 de votre Méthode 4 l’expérience rende très certains la plupart des «effets que vous traitez , néanmôins vous savefc .très bien que l’apparence des mouvements célestçs, se tire aussi certainement de la supposition de la stabilité de la terre que de la supposition de sa mobilité : et partant , que l’expériehce d’icelle apparence n^st pas suffisante pour prouver laquelle des deux causes ci-dessus est la vraie. Et s’il est vrai que prouver des effets par une .cause posée, puis prouvef cette' même cause par les mêmes effets , 11e soit pas un cercle logique, Aristote l’a mal entendq , et on peut dire qu’il ne s’en peut faire aucun. Et pour les astronomes que vous vous proposez à imiter en la page ô de votre Dioptrique, je ne vous cacherai point mon sentiment , qui est que qui ne;, fera de meilleures suppositions que celles qu’ont faites jusques ici les astronomes , ne fera pas mieux q®bux dans les conséquences ou conclusions , voire’pourra bien faire pis : car eux, supposant mal la parallaxe du soleil , ou l'obliquité de l’écliptique , ou l 'excentricité de l’apogée , le moyen mouvement ou période d’une planète , etc. , tant s’en faut qu’ils en tirent des conséquences

1res vraies et très assurées # comme vous lé dites en ladite page 5 , qu’au contraire ils Faillent ensuite dans les mouvements ou lieux des planètes , à proportion de l’erreur de leurs fausses suppositions . comme le témoigne lè rapport de leurs tables avec le ciel. Et je crois'avoir été le premier au monde qui, dans mon livre des longitudes, ai donné aux astronomes le£ vrais moyens d'éviter dorénavant toutes ces fausses sùppositibns , et tous les" cercles logiques qui se peuvent commette en cela. Mais les astronomes, par leurs fausses suppositions, "ne * faillent pour l’ordinairç. que dans le plus ou dans» le moins touchant le mouvement des planètes, au lieu qu’un physiciert peut errer en la nature même * de la chose qu’il traite. Tl n’y A rien de si aî3é que d’ajuster quelque cause à un effet; et vous savez , que cela est familier aux astronomes, qui , par le moyen de 'diverses hypothèses de. cercles ou e! lipses , concourent au même but ; et le même vous est très connu en votre Géométrie. Mais pour prouver que la cause d’un effet posé est sa vraie, et unique cause, il faut pour le moins prouver qu’un tel effet ne peut être produit par aucune? autre cause.

Or je crois qu’étant ce que vous êtes, vous n’aurez pas manqué, selon la page 6q de votre Méthode, à bien prévoir tout ce qu’on vous pourroit objecter; mais que,) vous réservant encore la connoissànce •

particulière de vos principes de physique , dont tout le reste est déduit, vous vous êtes voulu égayer non seulement à faire souhaiter.aux borçs esprits la publication dé votre physique, mais encore à les exercer dans les difficultés que vous avez laissées en vôtre nouvelle dçctriné: voire même vous les y conviez en la page y 5 jfle votre Méthode, jusqties à les supplier de vous envoyèr leurs objections , et c’est ce qui m’a donne le plus de sujet de vous .écrire la pié^ente.

Mais, sachant combien le temps vous est cher •aussi bien qu’à moi, je n’ai point voulu vous proposer diverses difficultés sur diverses matière^ je me suis contenté d’en choisir une des principales et des plus ingénieuses, qui 'est celle de. la lumière , la nature de laquelle est à présent si recherchée de tous ceux qui pensent voir plus claie . dans la physique. Nous avons ici deux personnagès qui ont travaillé depuis peu sur le même sujet , et qui en ont publié leur sentiment. Mais moi , qui y ai aussi travaillé de ma tète, sans toutefois rien publier encore , je trouve leur opinion bien plus aisée à détruire que la vôtre : car, avec votre esprit habitué aux plus subtiles^ et plus hautes spéculations des mathématiques, vous vous renfermez et barricadez en telle sorte dans vos termes et façons de parler ou énoncer, qu’il semble d’abord que vous soyez imprenable. Mais, n’y ayant que la seule vé-

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rité qui puisse résister à l'effort du raisonnement, et ne ‘la pouvant reconnoî.tre danft ce que vous nous avez donné Je la lumière, j’ai qjn être obligé par vou§-mêmç à vous y faire mes objection^?

non pour vous engager à un lbng discours, mais seulement afin qu’en peu de mots vous me doji 7 iriez un peu plus de lumière de la nature delà lumière, comme je crois que vous fo' pouvez ^ et k je vous assure que je ne la caeherai pas' sous le boisseau, mais que je la ferai paroftrç à votre honneur. '• • ' * .•

Je ne sais pourtant ce que je dois attendre de vous; car on m’a voulu faire accroiré que si je yous traitois tant soit peu en termes de l’école, vous me jugeriez à l’instant plus digne de mépris que de réponse. ]yiais, par la lectifre de vos - discours , je ne » vous reconnois point si ennemi de l’école que l’on vous fait, et ^i cette bonne opinion de votre es-, prit , qu’il accqrdera facilement que toute vérité, bien démontrée est à lepreuve de tous les termes de 1 école; et que toute proposition qui nes| à cette épreuve , est pour lé moins douteuse si , ; elle n’est fausse tout-à-fait. Car qui nous .youdrojt faire passer une fiction pour une yérité ua accident pour une substance, un mouvement sans moteur, etc. ,. je vous fais juge vous-même de ce qu’il mériteroit. L’école ne me semble avoir failli qu’en ce qu’elle s’est plus occupée par spéculation à la •

rechercfie des termes dont il faut se servir pour traiter des. choses , qu’à la recherche dé la vérité même des «choses par de bonnes éxperiences ; àussi est-elle pauvre en celles-ci et riche, en ceuxlà : c’est pourquoi je suis comme vous , je ne

cherche la yérité des choses que dans la nature,, et ne m’en fie plus à l’école , qui ne me sert que

pour les termes. .

Or ie commencerai par les sentiments que vous

avez de la nature de la lumière, afin qu’ils me servent de fondement, qu’on Voie s’ils sont partout les mêmes , ou s’ils sont -différents , et en quoi.

î. Donc, «lia page 1 5g des Météores, vous dites; Je suppose premièrement que l’eau , la tërre , l’air, et tous les autres tels corps qui nous environnent ,

sont composés de plusieurs petites parties de diverses, figures et grosseurs , qui ne sont jamais

bien arrangées , ni si justement jointes ensem- >•

ble, qu’il... ne reste plusieurs intervalles autour dalles , et que ces intervalles ne sônt pas vides , mais remplis de.cettp matière fort subtile par l’en-

fremise de laquelle se communique l’action de la i

lumière. „

2 . En la page 4 de la Dioptnque, vous mtës^ que la lumière n’est autre chose dans les corps qu’on nomme lumineux qu’un certain-mouvement ) ou une action fort pr.ompte qui passe' yeri nos

yeux par l’entremise de l’air et des autres éorps

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transparents , en même façoft que le- mouvement ou la résistance des corps que rencontre un aveugle avec son bâton passe vers sa mam par l’entremise de son bâton. 'D’où -s’ensuit que comme ce mouvement est reçu dans le bâton, aussi l’autre ci-dessus sera reçu cfâns l’air. •’ , *

,3. Mais en la pàge 23 vous dites autrement,' à savoir que la lumière n’est autre chose qu’un certain mouvement ou action. reçu&dans une matière très subtile, qui remplit les pores desautres corps.

Et vous distinguez cette matière d’avec l’air et les

autres .corps transparents , auxquels, page 122 , vous .donnez des pores. , . . • ' » * . ;

4.,Pâj§e 122 , vous dites qy elle n’est autre .chose que 'faction ou l’inèlination à se. mouvoir d’un% matière très subtile: mais ce qui n’esf qu’iticHfta-

tiop'a se mouvoir n est pas mouvement, et cesdeüx diffèrent comme la puissance et l’acte. Et si faction ;est de la matière, donc elle n’est pas des corps lumineux qui meuvènt cette matière, ainsi que voüs ^itfcs en la page 38 de la Dioptrique , ce qui est importé ci-dessous au nombre 10 .

. & l *Voire«ïèjne , page 256, vous. ne ditçs pas que la lumière - soit l’action ou le mouvement, mais

comme l’action ou le ^mouvement d’une certaine

matière fort subtile,. etc. Or toute comparaison est

entre choses différentes , dont la lumière, n’est pas

selon vous l’action ou mouvement. Et quand on

2 1 A LETTRES. '

voudrpit prendre le* mot de comme pour quasi , toujours y auroit-il à redire , ’et vous vous trouveriez court d’un point.

6 . Page 5o de la Dioptrique, parlant encore de la natureou del’essencede la lurpière,vous dites que la lumièreVest autre chose qu’un moqvement,ou une § action qui tend à causer quelque mouvement, etc. ; d’où je conclus què si la lumière estl aotion, et même l’action qui tend à causer le mouvement , donc la lumière sera première que le mouvement : car toute cause est première que son effet, et par conséquent la luipière ne sera pas le mouvement.

7 ! Finalement , page 5 , vous dites qu’il n’est pas besoin de supposer qu’il passe quelque cliose de matériel depuis, les objets jusques à nos yeux pour nous faire voir les côuleurs et la lumière, qui, se-

Ion vous, ne sont qu une meme nature. Mais puisque,<par ce que vous dites en la page 4 * la lumière n’est autre chose dans les corps .qu’on nomme lumineux qu’un certain mouvement qui passe vers nos yeux , et que le mouvement n’est jamais sans le mobilè, il faut donc aussi par nécessité que > connue la lumière deà corps lumineux, c’est-à-dire le mouvement, passe des corps lumineux vers nos yeux, aussi le mobile ,y passe, qui n’est autre, selon vousi que la matière subtile où est reçu ce * , * ■ * •mouvement.

Après avoir ci-deàsus expbsé vos Sentiments sur

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lajformd'on essepce de 1# lpmière, qüî , selon vous", neconsisffe qù’en upe action, oü mouvement, ou inclination à se motlvoiC, etc., de la matière sub-, tile^ , Voyons maintenant ce que vous *dites de sa matière , qui est cette matière àubtile. *

8- Donc , page 256 des Météores^, parlant de cg tte piafrèrl subtile * vous dites qu’il en faut inia- * giner les parties ainsi que de petites idUles qui roulent dans les pores des corps terrdferres, •

9 , Mais , pâ|e 1 59 des mêmes Météores , parlait des* parties de Pair, de l’eau, de là terre, et dés autres corps* et disant que leurs- parties -netant pas bien unies , lès intervalles quelles laissent entre, elles sont remplis 'de cette matière subtile, vous dites . ensuite que les pàrties dont l’eati $»t composée sont longdes , unies et glissantes , ainsi que de petites anguilles , qui , quoiqu’elles se , joi- -gnentet entrelacent, ne se nouent ni ne s’accrochent jamais de’ telle façon qu’elles ne pufssent aisément être séparées ; et au contraire qué presqucÿt^utes ‘celle^ tantale* la terre qué même *de l’air , et de la plupart ct^s autres corps , ont dis figures fort irrégulières et inégales. Desquelles*, paroles il s’ensuit nettement que. *puisque les espaces ou intervalles compris entre ces parties, dpntfes figurés sont ainsi inégales et irrégulières, ne sauroient être ronds, si ce n’est par hasard; il s’ensuit ? dis-jç, ’que -Jaejnatrère subtile qui remplit *es .intervalles.

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, ou pores ne sera pas ronde ainsi que de petites boules. Et quand vous voudriez dire que la matière subtile contenue en un de ces pores ou 'intervalles seroit composée de parties rondes ainsi que de petites boules , puisque deux boules ne se touchentqu’en un point mathématique, il s’ensuivroit qu’entre* ces parties de la matièrq» subtile Contenue en un pore/d^Fair ou de la terre il y au toit encore d’autres pires qui seroient vides , comme il pu- • roît même en votre figure des~ petites boules , page 258; et néanmoins il n’y a rien de vicie dans

la nature. . . * * * * ^

Venons maintenant au moteur de votre matière sübtile. * -, ** ■* :

*io : . En la page 38 de la Dioptrique, vous dites: La lumière , c’est-à-dire le mouvement ou l'action dont le. soleil , ou quelque autre des corps qu’on nomme lumineux , pousse une certaine matière» fort subtile qui se Jrouve en tous les corps transparents, etc., paplesquelles parole?, conformées en la page 160 et 272 , vou? donnez* clairement à entendre que cette matière subtile 11’a de* soi aucun mouvement, mais seulement par des corps lumineux qui l’agitent ëf la poussent.

vi 1 . .Mais eu la même page 1 60 vous dites que cette matière subtile est de telle nature, qu’elle ne. cesse jamais de se mouvoir çà et là grandement ^ite : par lesquelles paroles il s’ensuit qitjl -n’est-

# * L ETlJiE^. # 2»7

aucunement besoin des corps lumineux pour mouvoir cette matière , puisqu’elle se meut d’elleraêiué’ étant de telle nature qu’elle lie cesse jamais de se mouvoir. *55

Passons à la forme du mouvement de cette matière subtile. ’V, " f ' t ' *,

12. En la page 272 des Météores , vous dites: Eneore-que l’action des corps lumineux ne soit que de pousser en ligne droite la matière subtile qui touché nos yeux, toutefois*le mouvement ordinaire des petites parties de cette matière , autnoins der • celle^ qui .sont en liai# autour de nous , est de ' rouler en même façon qu’une balle roule étant a terre, encore qu’on ne l’ait ^ poussée qu’en ligne droite , etc. ■Sur quoi il faut noter, en passant , que si ce^e matière , outre le mouvement rectiligne qu’elle reçoit du corps lumineifx, se meut de sa uature seulement en rond, par conséquent elle lie se meut pas çà et là comme vous dites’ en lit page i 60, ain§i que j’ai remarqué au nombre précédent, Ou si elle se meut çà et là par conséquent elle ne se meut pas eu ligne droite ,.commè vous dites-enla ,* page 272, ainsi que j’ai «ici remarqué.

-"i 5,. Mais, en k page 258, vous dites et démontrez tout "le contraire d^ ce que déssus, par votre figure, des petites boules, qui, étant mues en l’air, viemient reucontfer ,en droite ligne la superficie* de Peau : car voici vos paroles et vôtre-figure. : JV>ur

2lS « LÇ'ÏIIES. * .

mieux entendre ceci, pensez qtie lalxmle 1 a54 est poussée de Y vers X \ en telle sorte qu’elle ne va qu’en ligne droite, et quq ses deux cotés i et 5 descendent également vite ( et par conséquent sans rouler ) jusqu’à la superficie de l’eau YY,'où le mou- ,vemëpt du côté marqué 5, qui la rencontre le premier,. est retardé, pendant que celui du côté marqué I continue encore , ce qui est cause que la houle commence infailliblement à tournoyer suivant l’ordre des chiffres 120 ; desquelles paroles il 1 s’ensuit que les petites parties ou boules ne roulent pas en l’air, comme vous- disiez ci-dessus mais seulement à la rencontre de quelque superficie plus, solide.

Or, monsieur, jugez maintenant vous-même, par le preriiier précepte de votre Méthode , si cette doctrine doit être reçue pour vraie, où il paroît tant de doutes et de contradictions. Et vous en ayant seulement représenté une partie, je devrois en attendre votre éclaircissement sans passer plus outre ; mais, croyant que vous serez même bien aise (pie je donne quelque attaque de raisonnement à ’ votre doctrine, ainsi que feront plusieurs autres, vous qui présidez en la chaire de Vos principes jugerez des coups et , comme je crois {'donnerez satisfaction à tout le mondé.

i . J’àttaiiuerois volontiers votre essence ou na-

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ture de la lumière, que vous dites être d'action ou le mouvement, ou l’inclination à se mouvoir, ou comme l’action et 4 le rribuvcment, etc., d’nne matière subtile , etc. ; mais , sur, ce point, je vous vois f si peu constant à vous-même, et, par cette inconstance, vous vous êtes apprêté tant d’échappatoires, que ce seroit perdre le temps de vouloir vous ar ; rèter jusqu’à coque vous vous soyez arrêté vousmême, comme bon logicien, à une stable définition de la lumière. Néanmoins il me semble , par le nombre 10 ci-dessus, que vous* entendez principalement que la lumière soit l’action ou le mouvement dont le soleil ou autre corps luminelix • pousse votre, matière subtile. Ce qu’étant supposé, puisque le soleil est premier que ce mouvement, duquel il est la cause efficiente, il s’ensuivra que le soleil de sa nature n’aura point de lumière* ou que sa lumière n’étoit point comprise en votre définition, et quelle est première que celle que Vous définissez. Mais lecole vous prouveroit que toute action est essentiellement un être relatif; et que tout mouvement dit en son essence un etre po- * tentiel ; mais que l’essence de la lumière n’a ni l’un ni l’autre, vu que de sa nature. elle\est un acte v ou une forme absolue.

• 2 . De plus", il ne suffit pas que la matière sul>-^ tile soit mue par quelque cause que ce soit , autrement durant les orages et les tempêtes «l’une ob.v

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cure nuit ,* excitées principalement par le? vents,

l’air et la mer paroîtroient tojifr en* fèu , et l’on

verroit alors clair commode jour; mais 'il faut

* ^qu’elle soit mue par tps corps lumineux , 'en tant

que lumineux. D’où s’ensuit-cfue leuî 1 lumière est

première que, Cellô», qite vous définissez, qui ne

Consiste qu’en ‘ l'action ou mouvement dont les

corps lumineux par leur lumière* pousser) t votre

matière subtile ; voire il s’ensuit que ce que vous

définissez n’est point la lumière. . ’

3. Le soleil et une étincelle de feu, ou un ver ». #• * - * # luisant, illuminent d’une mêine façon, ôr une

* étincelle se peut voir la nuit *de cinq, cents pas

sans lunettes , et avec des lunettes de votre inven-

tion elle se verroit peut-être de plus dç cinquante

lieues en l’air : donc cette étincelle aura la force

défaire mouvoir localement et selon vous en, ligne

droite toute la matière subtile contenue en un globe d’air de cinquante lieues de demi-diamètre; ce qu’aucun bon jugement n’admettra jamais; puisqu’on sait que toute matière ade soi résistance au mouvement

* local : donc le soleil n’illumine pas par 1er mouvement de la matière subtile. Et la comparaison de

* votre aveugle avec son bâton ne convient point avec le mouvement de ’lq matière subtile , car un bâton est continu d’un bout à l’autre, et même

dur et sôlide;^c est pourquoi an même «ans tant

^ ,) L ■** ] * * 0 ^ ^ il** *

yu on pousse I un de ses bouts , on pousse l autre ,

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et la main qui est à l’un (lés bouts sent au meijje instant la rencontre que fait l'autre bout (le quelque corps qui lui resjste. fylais la matière subtile n’est pas continue, autrement tous fes pores des corps, depuis le soleil jiiscfu,es à -nous, seroient continus, quelque agitation d’air qii’il y eût par les vents, et de plus elle n’est pas dure et. solide comme un .bâton : c’est pourquoi il ne s’ensuit pas que la matière la pins prochaine du corps lumineux étant iime, la plus éloignée le soit aussi et au même instant. J’ajoute encore qu’une étincelle ne pouvant , selon vous , mouvoir la matière sub- * tile qu’en tant qu’elle est illuminée , il fqut de né- • cessité que Sa lumière soit devant le‘ mouvement , et indépendante de lui; voire raêm? il faut qu’elfe soit la principale cause du mouvement ^ donc le mouvement de là matière subtile n’est pas, la lù- # mière dés corps luminemd j et je ne pense pas qu’il soit possible de renverser qette raison.

4- Supposant le mouvement dé la matière subtile et la continuité de ses parties , tout ce que vous pourriez prétendre serait que ce mouvement nous fait sentir et apercevoir la lumière des corps lumineux , comme l’avéugle qui tient un bout de son bâton sent le heurt de la pierre qui est fait S l’autfe bout , et , en ce sens , en la page 2 &<) des Météores , vous dites , lés parties de la maliète subtile qtH transmet l'action de la lumière * etc. Mais il ue&ear

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