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lumière comme vous disiez ‘ci-dessus page 259,
car il n'ÿ a que les corps transpîu’ènts.qui la puis-,
sent transmettre. • * . • • •
(j. De plus, quel mouvement attribuez-vous à cette matière; car c’est encorqpci où je vois de la difficulté et contrariété. Vu qu’aux çoimiTes 12 ‘et 1 5 ci-dessus , et par votre figure des petite^ boules, qui de l’air viennent dans l’eap , il appert que ces petites boules*descendent d’eu haut en lignç droite; et bien que par le, nombre 1 2 avec le mouvement rectiligne causé par les corps lumineux vous leur donniez le circulaire comme propre, en sorte que, même par l’air, elles descendent' en ligne droite , mais mues circulairement à l’entour de leurs centres, néanmoins au nombre i 3 vous dites tout au contraire que la boule commence ^seulement à tournoyer rencontrant la superficie de # l’eau ou de quelque autre corps plus dense que l’air. Mais , en premier lieu , donnant à votré matière subtile ce mouvement rectiligne de l’air en l’eau, il faudra aussi que vous le donniez en l’air
de plus haut, et ainsi à l’infini , si vous ne concé- . , • » .. ' • dez que cette matière sort même des corps lumineux : ce qui non seulement est contre yotre * page 5 de la Dioptrique , où vous dites qu’il n’e$t , pa.“* besoin de supposer qu’il passe quelque chose • de matériel, depuis les objètif jusques à nos yeux • pour nous faire voir les coujeurs et la lmnière.
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mais même répugne au$sens et à la raison. Car qui est l’homm^de bon sens qui dira que d’un ver ^luisant mi d une étincelle dé feu il puisse sortir de la matière pont rerrïplir toute la sphère , dont l’un ou l’autre se peut voir avec d’excellentes lunèttes dè^votre’invention , sans la totale dissipation du ver luisant, quand même il seroit mille fois plus gros qu’il n’est, quelque subtile qu’en fût l'évaporation? Et néanmoins il ne se* dissipe point, bien que de minute en minute d’heur.e on le changeât en diverses sphères, lesquelles il rempliroit en même façon. second lieu,; si cette matière subtile, ou ces petites boules tjui en sont les parties , avôient ce mouvement rectiligne ^elles ne pourraient , par leur mouvement, transmettre l’action. de la lumière du soleil et des étoiles *en un instant, contre ce .que vous-jnjpie assurez en la page 44 de v °tre Méthode; car aucfin co/ps naturel ne peut traverser un espace que successivement une partie après l’autre. Voire la même chose s<? déduit nécessairement de .votye page.aSç), où vous dites que la nature des couleurs apparentes , et causées par la lumière , ne consisté qu’en ce que les parties de la mati/sre subtile q'ùi transmejfc l’action de la lumière tendant à tournoyer avec plus de force qu à se mouvoir en ligne droite,, en sorte quelles qui tendent à tournfiyer beaucoup plus fort eau- »
sent là couleur range , et* Celles qui ne tendent
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qu’un peu plus fort, causent la jaune: car, bien que le tournoiement d’ufte boule se fit en un instant (ce qui est faux, et ‘contre votre page 257, ,où vous voulez que le point 2 de la boule Marquée 1254 , arrive plus tôt à la superficie de* beau YY, que le point 1), néanmoins, puisque* selonPvous , le mouvement rectiligne de la boule est plus lept que son tournoiement, le mouvement rectiligne, qui est celurqui transmet l’action de la lumière, ne se fera pas en un instant. .
' Je serôis trop long si je vous mettois ici toutes les autres difficultés que je vois en l’hypothèse de votre matière subtile , et de ses mouvements en toute la nature : c’est pourquoi je veux finir par votre autre hypothèse des pores en l’air, en l’eau, et dans les autres corps transparents.
* 7. Page 122 de la Dioptriqne , vous dites que les pores de chacun des corps transparents’sont si unis et si droits, que la matière subtile qui peut y entrer coule facilement tout du long sans rien trouver qui l’arrête; mais que ceux de deux corps transparents de diverse nature, conîme ceux de Tair et ce ux 'du verre ou du cristal , ne se rapportant jaifiais s» .justement les uns aux autres , qu’il n’y ait toujours plusieurs des parties de la matière subtile qui, par exemple, venant de l’air vers le verre, s-’y réfléchissent, à cause qu’elles rencontrent les -parties solides de sa superficie, etc. Sur
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qtioi je vous dirai que .si l’air et l’eau étoient durs et solides comme le criltal , et immobiles, vous pourriez peut-être avoir quelque apparence de raison ; mais étant de nature fluide et facile à mouvoir et agiter, lorsqu’ils sont agités par les vents, cette rectitude de pores ne peut pas subsister, mais
il se fait confusion du solide de l’air , ou de celui
de l’eau avec ses pores; et partant, la matière subtile qui transmet la lumière trouvant de l’obstacle en tous les pores où elle entre , il s’ensuit qu’en plein midi , l’air étant fort serein , mais agité de vents, on ne verra goutte, ou au moins on verra plus
obscurément et confusément (qui sont deux conséquences contraires à l’expérience 4 ), ou enfin que votre hypôthèse des pores droits pour le passage de la matière subtile et trajet de la lumière est superflue. Ceci peut-être paroîtra plus clairement par cette question que je vous fais. Supposons que de nuit vous soyez en rase campagne , et qu’avec vos lunettes vous voyiez à une lieue de vous un ver luisant , ou une étincelle , et que de votre côté vers l’étincelle il souffle un vent fort véhément , je vous demande qui pousse le plus la matière subtile contenue dans les pores de l’air qui est entre vous et l’étincelle? ou le vent,’ ou la lumière de l’étincelle? et je crois que vous répondrez qu’il ne se fait aucun poussement de matière depuis l’étincelle
vers vous ; mais qu’au contraire tout l’air désigné * &
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ci-dessus, ensemble ses pores et toute la matière v contenue, sont poussés depuis vous vers l’étincelle , voire avec telle violence , quêtant s’en faut qu’elle puisse surmonter le vent à pousser, qu’au con-
traire elle -même sera emportée par le polissement du vent : donc j’estime que ce soit erreur de penser que les corps .lumineux poussent contre nos yeux une matière subtile contenue dans les pores de l’air , par laquelle leur lumière nous est transmise.
8. Finalement, si, selon la page 122 de la Dioptrique, les pores de chacun des corps transparents sont si unis et. si droits, que la ma|ière subtile qui peut y entrer coule facilement tout du long, sans rien trouver qui l’arrête, il» est certain, que cela seroit principalement vrai du verre et du cristal, qui sont des corps durs et solides. Or, cela étant supposé , il s’ensuivroit*que le soleil éclaireroit autant à travers un verre de dix pieds d’épaisseur, qu’à travers le même verre réduit à une seule ligne d’épaisseur : car la matière subtile venant de l’air, et étant poussée en ligne droite par le soleil* rencontreroit les mêmes pores en l’une et en l’autre épaisseur , qui étant droits et unis , cette matière y entreroit et couleroit sans obstaclç avec même facilité. Or qu’une différente épaisseur de même verre cause même lumière ,• c’est contre
l’expérience. Joint qu’en un meme verre se pouvant
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prendre deux superficies opposées -et parallèles en cent mille différentes manières, il s’ensuivroit que si, selon une manière, la lumière passoit par les pores de ^a superficie qui lui est opposée sans rencontrer aucun obstacle solide , elle ne le pourroit selon toutes les autres manières, et par conséquent la lumière ne pourrojt pénétrer le verre par quelques deux superficies parallèles que ce fût; ce qui répugne à l’expérience: et cela vous est bien aisé à concevoir , supposant au verre des pores ouverts en' ligne droite d’une de ses superficies à l’autre; car ils ne pourroient être ouverts en ligne droite de chaque superficie à son opposée , autrement il n’y auroit rien de solide dans le verre.
ç). Si les corpsdumineux poussent en ligne droite la matière subtile qui transmet l’action de la lumière , supposons le globe diaphane d’air ou d’eau ' ABCD', dont le centre soit E , et en A, et B, mettons deux corps lumineux d’égale vertu, il arrivera l’une de ces deux absurdités, à savoir, ou que ces corps lumineux ne seront point vus d,es lieux diamétralement opposés C et D, ce qui seroit contre l’expérience ; ou que la matière subtile contenue au centre E sera au même instant en divers lieux, ce qui répugne à la nature des corps : et cela se prouve clairement, en ce que A ne peut être vu de (’/, que la matière subtile et centrale E ne soit
1 Figure 4 * •
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poussée vers C en ligne droite ; et de même B ne peut-être vu de D, qye là diême matière E ne soit poussée vers D, etiiinsi d’un e' offi n i té d e corps lumineux posés à la superficie fl’icelûi glpbe.
Je pourrois vous proposer plusieurs autres difficultés sur divers points de votre physjquç ; mais pour le présent je me contenterai <fètre par vous éclairci sur le sujet de la lumière , si vous me jugez digife de cette faveur. Le R. P. Mersenne vous^)eut assurer* que j’ai toujours été l’un de ^os partisans ; et de mon naturel Je hais et je déteste cette racaille d’esprits malins, qui, voyant paroître quelque esprit' relevé , comme un'astre nouveau , au lieu de lui savoir bon gré de ses labeurs. et nouvelles inventions , s’enflent d’envie contre lui , et n’ont autre but que d'offusquer ou éteindre son nom , sa gloire et ses mérites , bien qu’ils soient par lui^irés ded’ignorance des choses dont libéralement il leur donne fa connaissance. J’ai passé par ces piques, et sais ce qu’en Vaut, l’aine ; la postérité ^plaindra mon malheur, et, parlant de ce siècle de fer, dira avec vérité que la fortune n’étoit pas pour les hommes savants. Je souhaite néanmoins qu’elle
' vous soit jdus favorâble qu’à moi , afin que nous puissions voir votre nouvelltTphysique, par les principes de laquelle je ne doute point que vous ne puissiez résoudre nettement toutes mes difficultés : c’est pourquoi, attendant. l’honneur de votfle ré-
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ponse , selon que le permettra votre loisir, je vous prie de croire qu’entre* tous les hommes de lettres de ma connoissancef, vqus ète^ celui que j’honore le plus, pour votre Vertu et vos généreux desseins ; et que je m’estimerai heureux toute ma vie , si vous m’accordez la qualité jle , etc.