VIL. «Page 122 de la Dioptrique , etc
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Réponse. Ce que vous objectez ici a grande apparence de vérité pour ceux qui ne regardent qu’autour d’eux, et qui n’étendent jamais leur pensée pa r l’univers ; car il semble à de tels esprits que les vents , la foudre et les canons causent les plus impétueux mouvements qui puissent être. Mais pour vous, qui, étant très savant en astronomie, êtes accoutumé à considérer l’extrême rapidité des corps célestes, et qui,' l’étant aussi aux mécaniques, comprendrez aisément les raisons qui en dépendent, vous ne pouvez , ce me semble, trouver étrange qu’aprèjj avoir dit que la matière subtile s’étend sans interruption depuis les astres jusqu’à nous ( comme il faut de nécessité qu’elle fasse pour transférer l’action de la lumière), et avec cela qu’elle est très fluide , et composée de parties très petites , j’ajojjte queia vitesse dont elle se meut est èn quelque façon proportionnée à celle des cieux, et , par conséquent , beaucoup plus grande que celle des vents. Outre que vous pouvez avoir assez
reconnu par mes Meteores que, selon moi, cest principalement l’agitation de cette matière subtile qui cause et entretient l’agitation que j’ai attribuée aux parties tant de l’ait que de l’eau , et de toutes les autres liqueurs. Car il suit de là très clairement que tant s’en faut que les pores des corps liquides doivent être moins droits et unis que les autres , au contraire , ces corps 11e peuvent être entière-
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ment liquides si leurs pores ne donnent libre pas- * sage de tous côtés à la matière subtile : comme * nous voyons aussi par expérience que toute^,, ou du moins presque toutes les liqueurs qui sont pures sont transparentes , et même qu’il n’y a guère de corps durs qui soient transparents, sinon à cause qu’ayant été liquides auparavant, leurs parties retiennent encore la situation que la matière subtile leur a dbnnée. Puis , pour ce qui est des vents , cfutre que leur mouvement est beaucoup plus lent que celui par lequel la matière subtile rend droits et unis tous les pores des corps liquides , ils q’agitept quasi point chacune des par- t ties de l’air séparément de ses voisines , ainsi que fait la matière subtile , mais seùlement tout son corps ensemble; d’où vflfent que nous * pouvons « beaucoup mieux le sentir que celui de cette matière , auquel néanmoins il ne peut préjudicier.
Et pour ce que vous demandez à la lin , si la force dont une étincelle de feu ou un ver luisant doit, selon moi, pousser de nuit la matière subtile vers* nos yeux, pour nous faire sentir la lumière, ne peut- être empêchée par celle du vent lorsqu’il ♦ souffle fort impétueusement à l’encontre , c’est quasi le même que si en la cuve dont nous avons parlé ci-dessus on suppose que les grappes qui m sont parmi le vin , étant attachées à des filets ou. enveloppées dans un rets , soient tirées de bas en
’ * liant fort promptement , et qu’on demande si le
* mouvement dé ces grappes étant tout contraire à celui dont le vin tend à descendre ne l’empêche point. A quoi je réponds que si le mouvement avec lequel on les tire en haut est plus lent que celui dont les parties du vin tendent, à descendre, il n’empêchera point que ce ,vin ne coule par les trous qui sont au-dessous de la cuve', et qu’encore même qu’il fût beaucoup plus prompt et plus fort , si on suppose que ces trous soient bouchés en sorte qu’il ne puisse rien du tout succéder que du vin en la plaèe que laissent ces grappes , ainsi qu’il ne peut rien succéder que de lapoatière subtile en la place des parties de l’air dopt le vent est composé, on peut, par les règles des mécaniques,
»■ démontrer que ce vin 9 e pressera pas moins le fond de la cuve que si ces grappes étoient sans aucune agitation ; et tout de même il est très certain , au moins selon moi , que l’agitation d’aucun vent ne peut empêcher l’action de la lumière, excepté seulement en tant que cette agitation peut devenir si violente qu’elle enflamme l’air, auquel cas la lu-
* mière quelle cause peut effacer celle d’une étincelle de feu, si tant est qu’elle soit beaucoup plus forte.
fV III., <■ Finalement , si , selon la page 122, etc. » Réponse. La cause qui empêche que le verre étant fort épais ne soit aussi transparent que le même étant moins épais, n’est autre sinon qu’il
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contient toujours beaucoup d’impuretés,, de nuages et de petites’ bulles ou bouillons , gui étant en plus grande quantité dans une grande épaisseur que dans une moindre , en empêche davantage la transparence. Et qu’ainsi ne soit , il y à des lacs et des endroits de la mer où l’eau est si claire étant calme, qu’on peut voir distinctement ce qui est au fond , encore quelle ait deux ou trois piqqes de profondeur, et en cette eau toutefois, si on l’examine, on trouvera toujours quelque chose d’impur.
Mais celle de vos objections qui est, à mon avis, la principale , et que vous aurez peut-être à ce sujet voulu réserves pour la. fin , consiste en ce ,que si les pores des corps transparents doivent être droits, il ne semble pas qu’ils puissent tfonnèr passagfe à la matière subtile en .tous sens , à cause q^’il est impossible qù’i! se trpuve en tous sens des pores droits dans uft corps solide. Toutefois, pourvu qtf ou ne prenne point le mot de droit plus la figueur que j'ai témoigné que je le prenois^ comme on peut voir en la page 8 , ligne a jet mêmenussi en l'endroit que vous citez, page 122, où je 11e dis pas que ces pores doivent être parfaitement droits, mais seulement autant qu’il est requis pour faire que la matière subtile coule tout du, long sans rien trouver qui l’arrête , je crois le pouvoir assez éclaircir par une seule comparaison. Enfermezdes pommes ou des balles dans un rets, et les y pressez en
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telle sorte que, se tenant jointes les unes aux autres , elles semblent composer un corps dur, puis versez sur ce corps du sable fort menu , tel que celui dont on fait des horloges, et vous verrez qu’en quelque façon qu’on le mette , ce sable passera toujours au travers, sans rien rencontrer qui l’en empêche. Il est vrai que les parties de tous les corps* durs ne sont pas rondes comme des pommes, mais on les, peut imaginer d’une infinité d’autres figures , sans que cela empêche quelles donnent aussi libre passage aux parties de la matière subtile , que ces pommes le donnent aux parties de ce sable. , ^ , « m