‹ Œuvres de Descartes (volume 3)Chapitre 37 sur 62 · partie essentielle^ de l’honAne et* qui lui donne · texte numérisé non relu

partie essentielle^ de l’honAne et* qui lui donne

l’être d’homme , il est certain queJ’homme n’est * t ' . * e - . r # •

pas premier que sa raison ; mais si vous prenez

la raison pour l’action ou l’usage que fait l’homme de sa raison , l’homme est premier que salaison, et la raison* en ce sens 11e fait pas l’hommé raisonnable, mais le suppose tel. Tout de même donc, pour ne pas changer votre comparaison, si lux n’est aptre chose que l’action du soleil „ ou le soleil de sa nature n’a point de lumière, ou sa lumière n’est pas formellement l’action du soleil.

« Mais pour nous accorder, etc.» Éien qu’il semble ici que vous leviez un peu le masque , «si confessé-je que je ne vous puis encore bien reconnoître. Car vous et moi demeurons d^accord qu’il y a de la lumière dans le soleil , et nous ne pouvons différer qu’en sa définition , ou à dire au vrai ce que c’est que la lumière en son essence et en sa nature; et néanmoins vous dites, je n’ai ni défini ni même parlé en aucune façon de ce je ne sais quoi que^ous nommez peut-être dq nom dq^ lumière, et que vous supjJ 5 sez? 9 ans le* soleil outre son mouvement et son action. Mais je vous jéponds que je ne suppose point dans le soleil d’autre lumière que celle qui y est ^*et je crois que vous en faites de même : tellement qu’il faut toujours retomber sur le premier et principal différent <1 à savoir , ce que c’est que cette lumière; et , puis-

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quê vous 4 ites«ne l’avoir défini .ni eu l’intention de la définir-. çjonc, quand vous avez dit, la lymière c^ns les corps lumineux et’ transparents n’est autre chose que, etc., vous n’avez pas dit au vrai c'e qu’elle est , et je ne pense pas que vous la puissiez définir par ces mots d’action ou de mouvement , tant pour les raisons ci-devpnt déduites, qu’à cause que la lumière, bien quelle ne soit pas un être p{us réel que l’action ou le mouvement, si est-ce quelle est un être plus actuel et absolu , vu que l’action et le mouvement tiennent de la puissance et de la relation , mais non pas la lumière, comme j’ai déjà dit. Finalement le soleil n’agit pas par son essence , car cela 11e convient qu’à Dieu seul : donc il agit par quelque qualité ou faculté, et partant puisque le soleil illumine , qui est une action , donc c’est par sa faculté d’illuminer, laquelle n’est autre que sa lumière ; donc la lumière njest pas l’action , mais la puissance ou faculté d'agir* et par conséquent elle est première que l’action. Et, m’arrêtant là, je ne passé point plus outre à vous demander quelle est cette action ou^mouvement cfii. soleil que vous appelez lucem , si c’est un mouvement rectiligne ou cir- . culaire , etc., et conynent il est produit parle soleil, qui sont des cas à vous réservés: mais vous voyez bien les difficultés qu’il y aura à combattre. • .

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Sur le II*. « N ego consequentiam : tout de même qu’en l’article précédent.»

Réplique. Probatur consequentia : tout de même qu’en l’article précédent.

Sur le III e . « Il faut de nécessité que la lu-

mjere.etc. » \ ■

Réplique. J’accepte votre division d % e la lumière, in lucem pour les corps lumineux,' et lumen pour les corps transparents ; et aussi ce que vous accordez , que lux sit causa luminis. Mais en ce que , pour renverser ce que je, vous objecte d’une étincelle de feu, vous me répondez seulement par des comparaisons , je^vdiis ai déjà averti ^ue rarement elles sont propres à bien terminer une difficulté. Et, en effet, comme tant les gouttes de vin

qui sont au bas de la ouve que celles qui sont au haut tendent toutef à sortir p|f le .trou et s’y meuvent d’elles-mêmes par leu< propre pesanteur eu même instant sans' aucun moteur externe, de même aussi la goutte d’eau ajoutée de surcroît au tuyau ABÇ ne fait que rompre l’équilibre de la première eau : quoi fait , 1* pesanteur de l’agrégé * de l’eau , favorisée de la fluidité , remue toute cette eau pour la remettre en équilibre, et partant le mouvement est toujours causé par un principe interne, avec inclination du mobile; et non par un moteur , ou cause efficiente externe. Mais toute la matière subtile contenue eri une’ sphère de oin-

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quante lieues de demi-dianjêtre n’a de soi aucun mouvement vers l’œil, et doit être mue par une cause externe, à savoir, par la lumière de l’étincelle. Voilà donc bien de la différence en ces comparafons : d’ou je conclurai toujours que la matière 'subtile 11’étant pas duré comme un bâton ni encline à sf mouvoir à droite plutôt qu’à gauche, il ne s’ensuit pas tpie la plus proche du corps lumineux éteint mue localement en ligne droite, la

pins éloignée le soit aussi et en même instant. é 4 1 . ’ v \

Quant a ce (pie vous dites, que ce n’est qu’une

maxÿne fondé/# sur la préoccupation de nos sens,

d’assurer que toute matière a résistance au mouve-

ment local, je vous réplique que, ptfur l’eau et

l’air dont nous parlons, cela est aus§i notoire que le

nager des poissons et le vol des oiseaux, qui ne se

pourraient faire sans cette résistance. Et pour votre

matière subtile, laquelle vous faites plus fluide

incomparablement que l’air' et sans résistance au

• mouvement local, lorsque vous aurez prouve qu’elle est, et tç^e que vous dites^ et mêrqe qu’elle peutètre mue, l’air qui la contient demeurant immobile, j’avguerai, nonobstant tout ce qu’on pourrait m’objecter, que si le mobile n’a pqint de résistance au mouvement, il ne faut point de force pour le moteur.

Sur le IV°. «Je ne vois rien , ete. »

Réplique. Et je ne vois point^ aussi lè différent

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entre nous sur cet article, sinon que je veu* que lux sait une qualité du soleil , et vou& voulez que ct*sok un mouvement, à quoi j’ai' répondu ci- , •

dessus.

Sur le "V e . « Jenetrouve ici qu’une équivoque, efc.» * «

Réplique, A la vérité fous faites < la nature delà transparence grandement équivoque , l’établissant d’un côté à avoir des pores, et de l’autre à remploies pores. Mais quand vous dites que l’air est transparent* en tant qu’il a des pores , ^puisque avoir des pores n’est qu’un accident à l’air , donc il ne \ •

. sera transparent que par accident et non de soi ; donc de soi il sera opaque : car tout corps g^de-sôi ou lumineux, ou transparent , ou opaque# et IVf* netant.de ^oi ni lumineux ni transparent, il sera donc opaque. Et <e même se prouve encore ainsi : chacune des parties substantielle.^ de l’air qui bornent les pores n’ont pas d^aut ré* pores , autrement tout l’air né seroit que pores sans substance; donc '

• aucune de ses parties , c’est-à-dire toute la substance de l’air, ne sera point transparente de sa nature, donc opaque. Tout de mènre, si la matière subtile est transparente, selon vous , enttant qu’elle • est dans les pores de l’air, puisque cela ne lui est, qu’un accident local , donc elle ne sera point d£ soi transparente ; donc elle sera opaque comme dessus. Or, l’air étant opaque de sa nature, et ses pores remplis d’une matière aussi opaque, toutle

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composé ne peut être qu’opaque , et partant Incapable de transmettre la lumière des cqrps lumineux. T * m •

«Et je ne dis ejq aucun lieu. »

• J’ai dit que la matière subtile devroit en l’ordre de l’univers avoir sa propre sphère comme l’air et l’eau, qui , bien qu’ils s’insinuent dans les pores de la terre , ne laissent pas d’avoir leur propre sphère au-dessus de la terre, A quoi vous ne répondez point , et mettez seulement cette matière dans les pores des autres corps, peut-être pour éviter qu’elle ne nous empêchât la lumière , si vous lui donniez une propre sphère où elle fût pure, puisque, comme j’ai remarqué ci-dessus, selon vous, elle n’est transparente qu’en tant qu’elle est dans les pores de l’air, de l’eau, etc. !

, Sur le VI e . « Vous imaginez toujours des contrariejés , etc.» V J ,

Réplique. J’ai répondu ci-dessus à ce que vous dites des houles de bois, et ne serai pas seul à reconnoitre la contrariété que j’ai alléguée. Or je’ vois par votre çéponse que la matière subtile s’étend depuis le soleil jusques à l’œil , et que son action ou mouvement commence au soleil , et que bien que ce mouvement ne se puisse faire en un instant , néanmoins il peut - être transmis en un instant. A quoi je vous réponds que je l’accorderais, si la matière subtile contenue entre le soleil

et l’œil étoit dure et continue comme un bâton ; mais elle n’est pas dure selon vous, ni même continue ou contiguë en toutes ses parties : car bien que les boules 1 , 2 , 5 ‘ soient contiguës , néanmoins les boules 4 , 2 , 5 ne le sont pas ; et partant si le rayon tend de 4 à 5 , le mouvement sera interrompu ou ne sera pas rectiligne, mais se continuera par les boules contiguës. Or, si chaque boule meut sa contiguë, et que tel mouvement suffise pour le sentiment de la lumière, on pourra voirie soleil en pleine nuit, vu même que vous supposez la matière subtile sans résistance au mouvement.

Sur le VII*. * Ce que vous objectez, etc. »

Réplique. Ici vous avancez tant de nouvelles difficultés , au moins pour mon esprit, qui ne voit pas vos fondements , que ce seroit tirer en l’air que de m’amuser à y répondre. Seulement , pour ce qui est du vin et des grappes de la cuve, je vous dirai toujours comme devant , que le vin a inclination naturelle à descendre vers les trous sans y être mû par une cause externe ; mais que la matière subtile n’a de soi aucun mouvement rectiligne à droite plutôt qu’à gauche , et qu’elle le doit prendre de la cause la plus forte. Vous tenez que la lumière d’une étincelle soit plus forte qu’un grand vent pour cet effet ; et moi je tiens le con-

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traire , puisque vous voulez que le mouvement de la matière soit réel et local, lorsque Vous dites que la matière subtile entre de l’air dans le , verre et

en 'sort.

Sur le VHP. « La cause qui empêche le verre, etc.»

Réplique. Pardonnez-moi , s’il vous plaît; vqus ne répondez pas à ma difficulté, laquelle n’a point égard à l’impureté du verre, mais seulement à ses pores. Car je dis que la matière subtile rencontre les mêmes pores en la superficie du verre épais d’une ligne , qu’elle rencontreroit en la même superficie si le verre étoit épais de dix pieds , et que , selon vous, les pores étant droits et unis , et la matière subtile y coulant sans obstacle, il doit passer autant de matière subtile à travers l’épaisseur de dix pieds de verre, qu’à travers lepaisseur d’une ligne, etpar conséquent autant de lumière, ce qui néanmoins est contre l’expérience.

« Mais celle de vos objections qui est à mon avis la principale , etc. »

Réplique. Je ne vois point que votre réponse y satisfasse, pour deux raisons : la première, parceque, tenant des balles ou des pommes encloses clans un rets (qui est votre comparaison), les espaces vides qui se trouvent entre les pommes ou les balles sont fort grands , et de plus le sable que vous supposez être jeté sur ces pommes étant très délié et pesant, il passe librement à travers , cou-

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