‹ Œuvres de Descartes (volume 3)Chapitre 41 sur 62 · RÉPLIQUE DE M. MORIN · texte numérisé non relu

RÉPLIQUE DE M. MORIN

AUX DEUX RÉPONSES DE M. DESCA.RTES’.

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{ Lettre 63 du tonie I. J

Monsieur,;.

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Je ne m’attendois pas à l’honneur que vous m avez

tait d’une seconde réponse, tant parceque je m’étois efforcé de vous divertir de cette peine, que parceque je vois bien que je lie saurois bien voir votre lumière que vôiis ne l’exposiez bien assise sur tous ses fondements. Et encore que .vous vous déclariez un peu davantage que vous n avez fait ci-devant, par la déclaration que vous m’avez faite de votre conception de la lumière du soleil, toutefois, comme vous dites vous-même, on ér^peut tirer plusieurs ‘ autres difficultés que celles que j’ai touchées jusques ici, dont vous m’écrivez avoir les réponses toutes prêtes, qui ne se peuvent donner qu’en expliquant toute votre physique. C’est donc jusqu’à ce'temps-là que je veux réserver mon esprit , sans le plus travailler, ni le vôtre aussi, ^>ar des objections tirées en l’air ; néanmoins je ne laisserai pas encore pour ce coup de faire , comme en passant ,

i « Octobre iftVI. » * • ,

LETTRES. t 2Ç)l

quelques remarques sur votre réponse à ma dernière, pour votre plus grande précaution.

IV- Biencpie le mouvement actuel et l’inclination à se mouvoir different comme l’acte et la puissance,' vous voulez néanmoins que le mot d’action soit pris, non seulement pour le mouvement actdel , mais qu’en une signification plus- générale et plus étendue il signifie aussi l’inclination à se , mouvoir. Or il est certain que, comme la puissance ne se peut étendre jusqu’à çtre acte ( car alors elle ne seroit plus puissance ), aussi l’acte .ne se peut étendre, ou^pour mieux dire ques à être puissance à soi-même*, compatible avec l’autre. Et pour là que vous apportez de deux aveugles qui tirent et poussent un bâton d’égale force ,. il est bien vrai que la privation de»son mouvement en tels* et tels divers cas fce peut nommer, comme vous dites, les diverses actions qui sont imprimées en lui par les divers efforts de ces aveugles; mais de là vous ne concluez pas que le mouvemeiit Soit l’inclination à se mouvoir qui est le nœud de l’affaire, et je ne vois pas que vous le puissiez conclure par là.

TI. Si lp mouvement daftffles corps lumineux est 1 action, par laquelle les parties de leur matière subtile changent de place ainsi que .vous dites, donc la lumière dans lesfcorps lumineux, qui est ce mouvement , sft-a l’action par laquelle les par-

rétrécir , juset'l’un est in-

comnamisnn

292 LETTRES

lies de leur matière subtile changent de place ,

et apn aujre çhdse ; sur qyoi 41 y aura bién à contester, si vous ny pourvoyez en votre Physique, * ■

VIII , IX et X.* Si , pour prouver l’existence de votrematièresubtile v vous n’avez point d’autre fondement que celui que vous alléguez, à savoirque les pores du bois, dâ cuir , du papier, etc., étant si étroits, que l’air ne les peut pénétrer , ils ne doi- ^ vent pas pour cela être vides ;'dJoù il suit qu’ils doivent être remplis d’une matière plus subtile que n’est celle dont ces corps §Ônt composés, à savoir d’urte matière subtile, il me semble voir bien claireme'nt qu’felle est très mal fondée : car si l’eau même pépètre toutes ces choses, comme l’on peut aisément reconnoître par le bois flotté, qui est tout mouillé intérieurement au sortir de l’eau , et dont même le sel est entièrement dissous par l’eau qui le pénètre , d’où vient que ses cendres ne valent rien à faire lessive faute de sel , combien plus facilement seront-elles pénétrées par l’air, qui est incomparablement plus subtil et plus fluide que l’eau , et combien clairement se voit-il par là que votre matière subtile est superflue à remplir les pores des corps. +

Articles du second ordre. * ,

I et II. Quand, dans votre première réponse, vous disiez n’avoir eu intention de donner aucune défi-

L^ÎWRES. 29J

nition de la lumi.erd, vous étant conteuté d’en donner quelques vraies descriptions ou explications , « je croÿois que vous de vouliez point encore publier votre définition de là lumière et que vous la réserviez pour votre Physique; mais disant à présent que vous n’âvez point, eu dess’&fi d’en donner Pexacte définition par genre et dif^jfence , afin d’éviter les difficultés superflues qui ‘en .pourvoient nlître , on’ prendra cela à mauvais .augure v et vous . ne deviez dorïç point non plus donner vos descrip- 'tfonsou explications *puisqu’elle^ne peuvent manquer à fournir plus de difficultés que ne férbifc . uije*exacte tléiiiytion, qui dit: clairement ce 9 que c’est que la chose définie, ainsi que vous pouvez juger par mes ?ôbjection§ , lesquelles d’autres meilfeurÿ esprits pourront beaucoup enchérir, et au fond vptreprésente réponse he touche en rien la contradiction que je vous ai objectée , mais la

• confirme plutôt. #

3. Je m’étonne que vous fossiezHant d’état des comparaisons pour prouver les choses physiques, juçques à dire que lorsqu’on assure quelque chose , totiolrantla nature, qui pe peut être expliqué par

* aucune 'comparaison , vous pensez savoir par démonstration, que telle chose est fausse , vu qu’en

la nature il se peut trouver tant d’effets qui n’ont point de semblables , comme , èqîre' autres , c^ux de*l’aimant ; et si je vous disois ce que je sais des

LETTBES.

influences célestes, e,çst bien Vncore toute autre chose , vu qu’elles ne reçoivent gn leur tnanièt’ç * • d’agir autre comparaisoi ç^| nè Efièu'naéme. Je qe.' * nie pis qu’on ne*puissé*presqiie toujours trouver des comparaisons pour fes expliquer tiennent quellement, mais il est question de les si bien expliquer, qu’on^ngehdre une science claire de,, la, chose’ qu’on traite. Et pour celles dont ju&pfes ici

vous vous êtes servi avec moi, je ne' vois pas • , ,, ' * ‘ ‘ r C : * .4 f *® •

nu elles fassent cet effet ni en moi hr en autrui;

* •• • ^ * même celle que ^ous prenea ici d’un tuyau plein ‘

d’eah et courbé cïrculairement autour de la terre ne résout du toutjîoint ma diffiqpltôde l’étincelle du feu, non plus que, voftre précédent tuyau: car • au lieu qûe vous faij^ les deux bj^its A et C fort petits , faites-en un fort jp-and , pour Tendre la chose plus sensible; il estcertàin qqe si yous l’emplissez d’eàu fermant l’autre bout de peur que l’eau n’en sorte , les deux eaux ne font plus. qu’un corps* • et une pe$anteUfc , et*que si vous feqpz à ouvrir le bout qui étoit fermé , ce corps ne peut plus demeurer en cet état , à savoir partie dans le tuyau, partie dans le. grand bout, n’étant pas en son aé- .

siette et équilibre à l’entour du centre de la terre. * C’est ppurqfuoi tout ce corps, par son .interne pe- * santeur et fluidité, se mouvra pour se remettre en l’équilibre auquèl il tend par inclinaison > et le mouvement commencera aussitôt à un bout de 1’eUu

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