‹ Œuvres de Descartes (volume 3)Chapitre 57 sur 62 · POUR LUI FAIRE TENIR · texte numérisé non relu

POUR LUI FAIRE TENIR

(Lettre i r * du tome II.)

Monsieur ,

N’osant pas m’adresser directement à M. Descartes pour lui proposer mes difficultés, j’emprunte votre crédit pour vous prier de les lui présenter et pour tâcher de faire en sorte qu’il les prenne en

' An crayon : « 1637 . » — A la main ; « i638. » — Écrit, puis effacé , « Ces objections ont été proposées snr la fin de 1637 ou an commence- » ment de i638 , car elles sont postérieures à celles de M. Fermât. » — Pins haut: Cette lettre est d’nn inconnu, et dn a 3 décembre. Voyez

» les raisons dans le nonreau cahier. »

Dit

LETTRES. 3g5

bonne part, comme venant d’une personne qui a plus de désir d’apprendre que de contredire.

1 . La deuxième règle de sa morale semble être dangereuse, portant qu’il faut se tenir aux opinions qu’on a une fois déterminé de suivre, quand elles seroient les plus douteuses, tout de même que si elles étoient les plus assurées ; car si elles sont fausses ou mauvaises, plus on les suivra , plus on s’engagera dans l’erreur ou dans le vice.

2 . La troisième règle est plutôt une fiction pour se flatter et se tromper qu’une résolution de philosophe qui doit mépriser les choses possibles , s’il lui est expédient, sans les feindre impossibles, et un homme d’un sens commun ne se persuadera jamais que rien ne soit en son pouvoir que ses pensées.

7> - Le Premier principe de sa philosophie est , je pente , donc je suis. Il n’est pas plus certain que tant d’autres, comme celui-ci, je respire , donc je suis ; ou cet autre , toute action présuppose l’existence. Dire que l’on ne peut respirer sans corps , mais qu on peut bien penser sans lui, c’est ce qu’il faudroit montrer par une claire démonstration ; car , bien qu’on se puisse imaginer qu’on n’a point de corps ( quoique cela soit assez difficile ), et qu’on vit sans respirer, il ne s’ensuit pas que cela soit en effet , et qu’on puisse vivre sans respirer.

Page 1