Puisque j’ai fait profession de 11e point vou
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loir expliquer les fondements de la physique ( page 76 , ligne 19), je n’ai pas cru devoir expliquer la matière subtile dont j’ai parlé plus distinctement que je n’ai fait.
10. Encore que l’eau ne demeure liquide qu’à cause que ses parties sont entretenues en leur agitation par la matière subtile qui les environne , cela n’empêche pas qu’elle ne doive le devenir lorsqu’elles seront agitées par quelque autre cause. Et pourvu qu’on sache que le feu ayant la force de moiivoir les parties des corps terrestres dont il approche , comme on voit à l’œil erf plusieurs , doit à plus forte raison mouvoir celles de la matière subtile , à cause qu’elles sont plus petites et moins jointes ensemble , qui sont les deux qualités pour lesquelles un corps peut être nommé plus subtil que les autres , on ne trouvera aucune difficulté en cet article.
u . On sait bien que je ne prétends pas persuader que les parties de l’eau aient la figure de quelques animaux , mais seulement qu’elles sont longues, unies et pliantes. Or, si l’on peut trouver quelque autre figure par laquelle on explique toutes leurs propriétés , ainsi qu’on fait par celle-ci , je veux bien qu’on leur attribue ; mais si on ne le peut, je ne vois pas quelle difficulté on fait de les imaginer de celle-ci , aussitôt que de quelque autre , vu quelles doivent nécessairement en avoir quel-
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qu’une, et que celle-ci est des plus simples. Pour ce qui est de l’air, bien que je ne nie pas qu’il ne puisse y avoir quelques unes de ses parties qui aient aussi cette figure, toutefois il y a plusieurs choses qui montrent assez quelles ne la pdlivent avoir toutes: comme, entre autres, il ne seroit pas si léger qu’il est, à cause que ces sortes de parties s’arrangent facilement les unes auprès des autres, sans laisser beaucoup d’espace autour d ? elle§, et ainsi doivent composer un corps assez massif et pesant, tel qu’est l’eau, ou bien il seroit beaucoup plus pénétrant qu’il n’est, car on voit qu’il ne l’est * guère davantage que l’eau, ou même, en plusieurs cas, qu’il l’est moins; il ne pourroit aussi se dilater ou condenser par degrés , si aisément qu’il fait, etc.
12. Il me semble que ce que contient cet article est le même que si , à cause que j’aurois dit que la douleur qu’on sent en recevant un coup d’épée n’est point dans l’épée comme dans le sens, mais quelle est seulement causée par la figure de son tranchant ou de sa pointe, par la dureté de sa matière et par la force dont elle est mue , on m’objectoit que les autres corps qui auront un tranchant de même façon pourront aussi causer de la douleur; et que ceux qui auront d’autres figures . ne pourront être sentis, principalement ceux qui seront mous, et non pas (Jurs comme une épée. Et, enfin, que la douleur n’est autre chose en cette
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épée que sa figure externe, et non une qualité interne; et que la force qu’elle a d’empêcher que son fourreau ne se rompe quand elle est dedans, ne consiste qu’en l’action dont elle blesse , et en sa figure. Ensuite de quoi l’on voit aisément ce que j’ai à répondre, à savoir que les corps dont les parties auront même grosseur, figure , dureté, etc., que celles du sel, auront le même effet en ce qui concerne le goût ; mais que cela étant, on ne pourra pas supposer que ces corps soient insipides : car être insipide , ce n’est pas n’avoir point en soi le sentiment du goût, mais n’être point propre à le cause!’. Et les liqueurs dont les parties ont d’autres » figures, ou grosseurs, etc., n’ont pas la saveur du sel , mais elles en peuvent avoir d’autres , bien que non pas de si fortes et piquantes , si leurs parties sont plus molles, ainsi que la douleur d’une contusion n’est pas la même que celle d’une coupure ; et on ne peut en causer tant avec une plume qu’avec une épée, à cause qu’elle est d’une matière plus molle. Enfin, je ne, vois pas pourquoi on veut que le goût soit une qualité plus interne dans le sel que la douleur dans une épée. Et pour la force qu’a le sel de garder les choses de se corrompre, elle ne consiste ni en sa piqûre, ni en la figure de ses parties, mais en leur dureté ou roideur, ainsi que c’est ,1a roideur de l’épée qui empêche le fourreau de se rompre; et leur figure n’y contribue qu’en
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tant qu’elle les rend propres à entrer dans les •
pores des autres corps, comme c’est aussi celle
de l’épée qui la rend propre à entrer dans son
fourreau. *
• 1 3 . Il ne suffit pas qu’un corps soit' également gros par les deux bouts pour ne se point enfoncer dans l’eau , mais il faut outre cela qu’il ne soit pas extraordinairement gros, et qu’il soit couché de plat sur sa superficie; comme on voit qu’une petite aiguille d’acier couchée sur l’eau y peut nager , ce que ne fera pas une fort grosse, ni la même étant posée autrement , ni un morceau d’acier de rhème pesanteur, mais d’autre figure, et dont l’un des bouts soit beaucoup plus gros que Tautre. 4 14. J’accorde ce dernier article, ej lj«m gn voit l’expérience en ce que l’eau de la mer’ se dessale lorsqu’elle passe au travers de beaucoup de sable. Mais il est à remarquer qu’il ne suffit pas pour la dessaler de tâcher à la faire passer par Tin
corps dont les pores soient fort étroits , à cause que
leurs entréés étant incontinent bouchées paries premières parties du sel qui s’y présenteroient , celles de l’eau douce n’y pourroient trouver de passage: c’est pourquoi on doit plutôt la faire couler par quelque corps qui ait des pores assez larges dans lesquels il y ait des angles ou des recoins, qui puissent retenir lés parties du sel ; et ce corps doit, être fort grand et fort épais , afin que l’eau n’y pou-
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vant laisser ses parties salées , que tantôt une et tantôt une autre, selon qu’elles entrent en quelques recoins, où elles s’arrêtent, ait le loisir de les laisser*toutes avant que de l’avoir traversé:
* i f 5. Il est vrai que, pour l’orthographe, c’est à l’imprimeur à la défendre; car je n’ai en cela désiré de lui autre chose, sinon qu’il suivît l’usage : et comme je ne lui ai point fait ôter le p de corps s ou le t d’esprits , lorsqu’il les y a mis, aussi n’ai-je pas eu soin de les lui faire ajouter lorsqu’il les a laissés, à cause que je n’ai point remarqué qu’il l’ait fait en aucun passage où cela pût causer de l’ambiguïté. Au reste, je n’ai point dessein de réformer l'orthographe française, ni ne voudrois conseiller à
personne de l’apprendre dans un livre imprimé à Leyde< /hais s’il faut ici que j’en dise mon opinion , ‘je crois que si on suivoit exactement la prononciation?, cela apporteroit beaucoup plus de commdfdité aux étrangers pour apprendre notre langue, .que l’ambiguïté de quelques équivoques ne donneroit d’incommodité à eux ou à nous : car c’est en parlant quon compose les langues plutôt qu’en écrivant ; et s’il se rencontroit en la prononciation des. équivoques qui causassent souvent de f’ambi - ' guïté„ l’usage y changerait incontinent quelque chosg pour l’éviter. Je vous prie aussi de faire agréer mes réponses à votre. ami*, je veux dire d’en vouloir être vous-même le défenseur , et de sup-
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pléer pour moi à mes manquements ; cela' m’obligera à demeurer , etc. * \ \ •