‹ Œuvres de Descartes (volume 4)Chapitre 55 sur 62 · SUR LA TROISIÈME MÉDITATION · texte numérisé non relu

SUR LA TROISIÈME MÉDITATION

’ <i Car , en effet , les idées qui me représentent » des substances sont sans doute quelque chose de «plus et ont pour .ainsi dire plus de réalité objec- «tive que celles qui me représentent seulement » des modes ou accidents. Comme aussi celle par «laquelle je conçois un Dieu souverain, éternel, in- »fini, tout-connoissant, tout-puissant, et créateur k universel de toutes les choses qui sont hors de » Ini, a aussi sans doute en soi plus de réalité objec-

* Voyez Méditatiou iii, j).igc 27a.

OBJECTIONS ET RÉPONSES. /fS;

•\ » tivp que celles par qui les substances finies me , . • ’ *. /

J » sont représentées. » , .

J’âi déjà plusieurs fois remarqué ci-devant que nous n’avons aucune idée de Dieu ni de l’âme ; l’ajouté maintenant ni de la, substance: car j’avoue bien que la substance , en tant qu’elle est une matière capable de recevoir divers accidents, et qui . est sujette à leurs changements, est aperçue et , prouvée par le raisonnement ; mais néanmoins elle

n’est point courue, oli nous ii’cn avons aucune idée. Si cela est vrai , comment p^t-on dire que les idées qui nous représentent des substances sont •quelque chçse de plns^ et ont plus de réalité objective que celles qui nous représentent des accidents ? De plus , il semble que M. Dèseartes n’ait pas assez considéré ce qù’il veut dire par ces mots, ont plus de réalité. La réalité reçoit-elle le plus et le moins? Ou, s’il pense qu’une chose soit

plus chose qu’une autre , qu’il considère comment il est possible que cela puisse être rendu clair à l’esprit, et expliqué avec toute la clarté et l’évidence qui est lequise en une démonstration , et avec laquelle il a plusieurs fois traité d’autres matières.

RÉPONSE

.l’ai \ plusieurs fois dit que j’appelois du nom d’idée cela même que la raison nous fait con-

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noître, connue aussi toutes les autres choses que.' nous. Concevons, çle. quelque façon que nous les concevions. E,t j’ai suffisamment expliqué comment la rrâlité reçoit le plus et le moins', en disant que la substance ^est quelque chose de plus que le mode, et que s’il y a des qualités réelles ou des substances incomplètes, elles sont aussi quelque chose de plus que les modes , mais quelque chose de moins que les substances complètes; et enfin que s’il y a une substance infinie et indépendante , cette substance a plus d’étre ou plus de réalité que la substance finie et dépendante ; ce qui est de soi si manifeste qu’il n’est pas besoin d’y apporter une plus ample explication.

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