‹ Œuvres de Descartes (volume 5)Chapitre 41 sur 50 · DUS SAVEURS · texte numérisé non relu

DUS SAVEURS

épaisses , figurées en forme de pierres ou de cailloux , qui par conséquent pénètrent assez profondément les pores de la langue," et en affectent-les nerfs d’une sensation désagréable, différente cependant des saveurs brûlantes, telles que l’espritde-vin , et les saveurs acides et salées que j’ai expliquées ailleurs. Ainsi l’on comprend facilement pourquoi généralement les corps doux deviennent aisément amers et se tournent en bile; en effet, lorsque le temps ou la cuisson a détaché les rameaux , le tronc reste encore.

Lorsque les particules ne sont ni molles, comme dans les saveurs grasses, ni aussi subtiles que les esprits, ou que les rameaux des saveurs douces, ni aussi denses que dans les saveurs insipides, et qu’elles ont une autre figure que dans les amers ou dans les sels, elles constituent la saveur âcre ; et comme des particules réunissant cës conditions peuvent affecter des figures très différentes , il peut y avoiV plusieurs espèces d’âcreté. Mais ici j’appelle âcreté ce qui racle la langue , et que l’on confond souvent avec- l’âpreté , par exemple, daqs le vin rouge nouveau, lorsqu’il a long-temps bouilli sur son marc. Il faut remarquer .qu’à ces particules âcres sont mêlés des esprits qui, pénétrant avec elles dans les pores de la langue, les y agitent avec une grande rapidité, et produisent ainsi des saveurs très âcres et très brûlantes, comme celles de

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