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due; carie toucher ou l’impénétrabilité conviennent totalement au corps; au lieu que votre défi nition pèche contre les règles , et ne convient point au seul défini.
♦ a: Quand vous insinuez que Dieu même ne sauroit faire qu’il y ait véritablement du vide dans la nature , et que si par exemple on ôtoit d’un vase tout l’air qu’il contient, ou tout autre corps , ses côtés se joindroient nécessairement; ce sentiment me paroit non seulement faux , mais contraire à ce que vous avez dit auparavant'; car si c’est Dieu qui imprime le mouvement à la matière , comme vous 1 aveï avance, ne peut-il pas imprimer un mouvement contraire, qui empêche que les côtés du vase ne s’approchent ; mais il y a de la contradiction , dites-vous, qu’il y ait une distance entre les côtés du -vase-* et qu’il n’y ait rien cependant au milieu. La savante antiquité, Épicure , Démocrite, Lucrèce , et les autres philosophes ne le croyoient pas.
Mais laissons cette preuve, qui n’est pas assez considérable pour nous arrêter. Je soutiens que l’extension divine remplit cet espace , et que votre principe, qu’il n’y a que la matière qui soit étendue, est un faux principe; qu’à la vérité ces côtés ne s’approcheroient pas l’un de l’autre par une nécessité absolue, mais par une nécessité naturelle, et que Dieu seul peut empêcher cette réunion: car
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comme les parties du premier et du second élément sont agitées par un mouvement violent et' rapide, il est nécessaire quelles se jettent avec impétuosité dans l’endroit qui cède , et qu’elles entraînent même avec elles les parties voisines. Il est donc fâcheux pour vous que vous'appuyiez sur un fondement si peu solide votre beau théorème de la manière dont se font la raréfaction et la condensation, lequel je crois très vrai d’ailleurs.
5. Je ne comprends pas la subtilité du raisonnement dont vous vous servez pour prouver qu’il n’y a point d’atomes, ou de parties de matière indivisibles de leur nature ; car quoique Dieu ait fait , dites-vous , ces parties telles que nulle créature ne sauroit les diviser, il n’a pu s’ôter ce pouvoir à lui-même sans diminuer sa puissance ; or on’ poUrroit prouver par la même raison que Dieu ne fit pas lever hier le soleil, puisque sa puissance ne sauroit faire que le soleil d’hier ne soit pas levé., et que le plus vil insecte ne peut pas même
mourir ,
S’il est vrai qu’étant déjà mort, On ne puisse subir ce sort.
Comme le dit élégamment Ovide de soi-même ; ou que Dieu n’a pas créé la igatière, puisqu’elle est divisible en des- parties qui peuvent toujours se diviser , division qui épuiseroit enfin la puis-
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sauce divine ; car il resterait toujours uqe partie non divisée^ quoique divisible : ainsi la puissance divine serait sans effet,. et Dieu ne pourrait exercer tout son pouvoir et parvenir à sa fin.
4- Je 11e comprends pas mieux cette étendue indéfinie du monde; car'011 elle est infinie en elleinème, ou par rapport à nous". Si .vous l’entendez dans le premier sens , pourquoi vous enveloppe^ dans des mots obscurs et affectqs. Si elle n’est infinie que par rapport à nous ; cétlë étendue est réellement finie"; c£ç notre esprit n’est ni la me- • sure, ni la réglé des» choses-et de la vérité; ainsi , , comme il y a uuevaulgré étendue absolument in- ♦ finie qui appartient à l’essence divine, la roati'ere de’ vos tourbillons s’éloignera de leurs centres , et ' toute la machine du monde se perdra en atomes et en petites parties qui se dissiperont çà et là, dans cette vaste immensité de Dieu. ■
Au. reste, j’admire ici votre retenue, et votre crainte, de prendre tant de précautions pour ne • pas admettre une matière infinie , tandis que vous reconnoissez des parties actuellement inunies et «r divisées^ diîhs l’art. 54 et 35 , p. 98 et 99 , et quand vous ne l’avoueriez pas , . on pourroit vous contraindre de le faire en cette manière! La quantité étant divisible à l’infini, elle doit avoir des parties actuellement infinies; car comme il est absolument impossible de séparer réellement aveé un couteau ,
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ou tout autre instrument que vous voudrez , un corps en parties sensible! et palpables , et qui ne soient point actuellement telles , de même il est contre toute raison de diviser par la pensée* une quantité en des parties qui n’existent point réellement‘et actuellement dans le tout.
A quoi On peut a jouter qu'en supposant le monde réellement et simplement infini , il sera aussi aisé d’expliquer et d (/prouver par cette hypothèse la raréfaction et la condensation des corps dont vous «parlez aux art. 6 et, 7, p.„7p, qu’en établissant votre principe , que le seul corps est étendu , et que le rien ne peut avoir de l’étendue ; car Ge que vous y établissez par une suite nécessaire de raisonnements, se fera de même par la nécessité des opérations physiques et métaphysiques. „ ¥ V\ «
Car tout étant rempli à l’infini de matière ou de corps, la loi de la pénétration empêchera, ou qu’il nê se rencontre, nm. espace entièrement vidq de corps dans la raréfaction , ou quç dam la condensation tes parties ne puissent s’unir sans chasser les petits corps qui étoient auparavant entre elles.
Ce que j’ai dit jusqu’ici paroît extrêmement clair à mon esprit, et même beaucoup plus certain que votre sentiment. Au re"ste, de toutes^vos opinion^ sur lesquelles je pense différemment de vous, je ne sens pas une plus grande révolte dans mon esprit f soit /mollesse ou douceur de tempérament.