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lettres.
lui être dédié. Mais pourceque ce traité' est trop petit pour mériter de porter le nom d’une si grande princesse, à laquelle je pourrai offrir quelque jour un ouvrage plus important, sicette sorte d’hommage ner lui déplaît point, j’ai pensé que peut-être elle n’aura point désagréable que j’accorde à cet ami ce qu’il m'a demandé; et c’est ce que je vous supplie très humblement de m’apprendre, car le principal de tous mes soins est de tâcher de lui obéir et de lui plaire. Au reste , afin que vous sachiez comment je me gouverne avec ceux auxquels je me donne, je vous dirai ici' que je prétends que vous m’avez de l’obligation de ce que je souffre que vos offices préviendront les miens , et que je suis , etc.
A M. CLERSELIER ■.
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'Lettre 119 du tome I.)
Monsieur',
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Je ne m’étendrai point ici à vous remercier de tous les soins et des précautions dont il vous a plu
. , .. Après sa résolution prise d’aller en Suède; je date donc cette lettre du i5 avril 1649* " •
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user afin quelles lettres que j’ai eu l’honneur de recevoir du pays du Nôrd ne manquassent pas de tomber entre mes. mains ; car je vous suis d ailleurs si acquis , et j ai tant d’autres preuves de votre amitié, que cela ne m’est pas nouveau. Je vous dirai seulement qu’il ne s’en est égaré aucun*, et que je me résous au voyage auquel j’ai été convié par les dernières, bienque j’y aie eu d’abord plus de répugnance.que vous ne pourriez peut-être imaginer. Celui que j ai fait a Paris l’été passé m’avoit rebuté; et je vous puis assurer que l’estime extraordinaire que je fais de JYI. CHariut, et l’assurance que j’ai de sçm amitié, ne sont pas les moins principales raisons qjïi m’ont fait résoudre., $
Pour le Traité des passions, je n’espère pas qu’il soit imprimé qu’après que je serai en Suède, car j’ai été négligent à le revoir, et y ajouter les choses que vous avez jugé y manquer, lesquels l’augmen-; « terout d’un tiers; car il contiendra trois parties, dont la première sera des passions en général, et par occasion de la nature de lame, etc., la seconde des' six passions primitives, et la troisième de toutes les autres. ; . v , . V •• lî.
Pour ce qui est des difficultés qu’il vous a plu me proposer, je réponds à la première, qu’ayant dessein de tirer une preuve de l’existence de Dieu de l’idée ou de la pensée que nous avons de lui, j’ai cru être obligé de distinguer, premièrement, tou- #
3^0 f LETT|ES.
tes nos pensées en certains genres, pour remarquer
. lesquelles ce sont qui peuvent tromper; et en montrant que les chimères mêmes n’ont point en elles xle fausseté, prévenir l’opinion de ceux qui pourroïeut rejeter mon raisonnement, sur ce qu’ils mettent l’idée qu'on a de Dieu au nombre des chimères, j’ai dù aussi distinguer entre les idées qui sont nées avec nous et celles qui viennent d’ailleurs, ou sont faites par nous, pour prévenir l’opinion de ceux qui pourroient dire que l’idée de Dieu est faite pat- nous, ou acquise par ce que nous en avons ouï dire. De plusj ai insiste sur le peu de certitude que nous avons de ce que nous persuadent toutes les idées que nous pensons venir d’ailleurs, pour montrer qu’il n’y en a aucune qui fasse rien connoître de si certain que celle que nous avons de
* Dieu. Enfin je n’avois pu dire qu’il se présente encore une autre voie, etc., si je n’avois auparavant rejeté toutes les autres, et par ce moyen préparé les lecteurs à mieux concevoir ce que j’avois à écrire.
2. Je réponds à la seconde, qu’il me semble voir très clairement qu’il ne peut y avoir de progrès à l’infini au regard des idées qui sont en moi , à cause que je me sens fini , et qu’au lieu où j’ai écrit cela , je n’admets en moi rien dé plus que ce que je connois y être; mais quand je n’ose par après nier le progrès à l’infini , c’est au regard des œuvres de Dieu ,
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lequel je sais être infini, et par conséquent que ce n est pas a moi à prescrire aucune fin à ses ouvrages.
3. A ces mots substantiam , durationem , mitnerum, etc., j’aurois pu ajouter veritatem, pejrfeclionem , ordinem,.e t plusieurs autres dont le nombre n’est pas aisé à définir; et on peut disputer de toutes, si elles doivent être distinguées ou non des premières que j’ai nommées, car veritas non distinguitur a re ver a, sive substantia, nec pcrfectio a re perfccta, etc.; c’est pourquoi je me suis contenté de mettre, et si quæalia sint ejusmodi.
4- Per infinitam substantiam, intelligo substan tiam perfccliones veras et renies actu infinitas et immensas habentem. Quod nonestaccidens notioni substanliæ superaddilum , sed ipsa essenlia suhstantice • absoluté sumptcz, nullisque defectibus tcrminalæ, qui defectus ratione substantiæ accidentia sunt, von autan infinitas, vel infinitudo. Et il faut remarquer que je ne me sers jamais du mot d'infini, pour signifier seulement n’avoir point de fin, ce qui est négatif, et à quoi j’ai appliqué le mot d 'indéfini; ruais pour signifier une chosèréelle, qui est incomparablement • plus grande que toutes celles qui ont quelque fin. . 5. Or, je dis que la notion que j’ai de Y infini est en moi avant celle du fini ; pourceque de cela seul que je conçois l’être ou ce quiest, sàqs penser s’il est fini ou infini, c’est l’être infini que je conçois; mais afin que je puisse concevoir un être fini, il fifut que je
’ retranche quelque chose dé cette notion générale • de l’être, laquelle par conséquent doit précéder.
6. Est inquavi hœc idca summevcra , etcrLa. vérité consiste en l’être , et la lausseté au non-être seulement;'en sorte que l’idée de l'infini comprenant tout l’être , comprend tout ce qu’il y a de vrai dans les choses, et né peut avoir en soi rien de faux, encore que d’ailleurs on veuille suppose^ qu’il n’est pas vrai que cet cire infini existe. * , ^ '
^ 7. El sufficit nie hoc ipsum intelligere. Trempe
sufficit me intelligere hoc ipsum quod Deus aine non comprchendatur ut Dcum juxta rei veritatein et qua- Us est intelligam , modo præterea judicem omues in eo esse perfectiones quas claie intglligo, et iusuper multo plurés, quas coinpreliendeçe non
possum. • . - v •*■*%. :V" •