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C’est par l’ordre tle l’assemblée qui se tient toutes
i Jes semaines chez M. deltàontmort que je voug écris aujourd’hui , pour* vous faire une amende honorable d’un méchant mot latin que j’ai mis dans la Ifettrequeje me donnai l’honneur de vous écrire il y a* huit jours , don$ je lui fi$ la lecture mardi dernier, fie fut la seule chose qu’elle y trouva à redire; et je-l’avois bien senti moi même en 1 écrivant, aussi aA'oig'-je tâché* de l’adoucir par Je correctif qui le précède ; cependant nonobstant cela j-’en reçus une ' réprimande publique , çt aussitôt je me proposa? dé vous en faire mes excuses au premier ordinaire ce que je fais aujourd’hui tfautant plus volontiers qir’outre que par cette soumission je vous ferai
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connoître l’iugénuité de mon procédé , „ççla tue donnera aussi occasion de vous dire quelque chose que je fus obligé de répliquer à quelques objections qui me furent faites par quelques uns de l’assemblée , afin de rendre la pensée de M. .Descartes, touchant la réfraction , plus claire, par un exem- . pie familier, et qui est tout-à-fait propre au sujet.
Si je n’avois point été si impatient qtie de vous envoyer une chose qui.étoit prête il y avoitplus de quinze jours , et que l’engagement qué j’avoism’a- • voit obligé de faire voir dès lors àM. de La Chambre , j’aurois évité le reproche de la compagnie, et ne serois pas tombé dans cette~faute.
Mais j’eus peur qu’il me fallût encore différer plus long-temps d’en parler à l’assemblée, qui avoit déjà remis par deux fois la lecture que je lui en voulois faire , pourcequ’elle vouloit aussi avoir en même temps les sentiments de M. Petit,, qui jui avoit fait connoître, dès la première fois que votre lettre parut devant elle, qu’il avoit plusieurs choses à dire, et contre ce que vous écrivez à M. de La Chambre, et, contre 'ce que M. Descàrtes a écrit.* - *- * .4/ • *.
Pour moi, qui new etois pastrouvé à l’assemblée quand votre lettre y fut lue la première fois , et qui me dispensois alors souvent de- m’y trouver, , à cause de quelques affaires plus.importanfes que la détention de M..deLaIIaye<mon gendré, me don-
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noit, pour poursuivre à la cour sa liberté, je' ne . l’eus pas plus tôt vue que jecrtis être obligé d’y faire réponse , comme étant une suite des petits démê- ( lés tpienous avions déjà eus autrefois ensemble sur la même matière , et parce aussi que vous me laites rbonneur de me nommer par trois fois dans votre „
lettre, et de sembler m’y convier.
J’avois donc préparé ma réponse le plustôt que • * j’avoispu, et pensois la faire voir à la compagnie,
» mais elle ne le, jugea pas à propos pour ne point
prévenir M. Petit dans la repartit qu’il avoit promis de vous faire ; mais , craignant qué cela n’allât trop en longueur, je me résolus de moi-même, samedi dérnier, de vous l’envoyer, avant que de l’avoir fait voir à la compagnie," de qui j’ai reçu les avis trop tard pour m’empêcher de tomber dans cette faute, mais non pas pour vous en faire mes exçil- , ses, et vous en demander le pardon.
Et, pour le mériter en quelque façon , souffrez • que je m’explique un peu plus au long que je ne le fis la dernière fois, pour vous faire comprendre cçque je pense de. la pensééqu’a eue M. Descaries touchant la réfraction.
Il est certain qna considérer tout seul le rayon AR , en tant qu’il est dans l’air, il ne va ni à gaucbe ni à droite, ni eu haut ni. en bas, mais toute 'sa tendance est d’aller vers D, et n’a qu’une seule direction. Mais sitôt qu’on lui oppose un autre mi-
lieu , "par exemple CBE , dans lequel il soit obligé de passer, on peut dire, et il est vrai, qua l’égard dé ee milieu il a diverses tendances ; car si on le lui oppose directement, sa chute est perpendiculaire , et n’a qu’une direction àLson égard ; mais si on le lui oppose de biais comme il est dans la paâe 20 de la Pioplrique , alors ée rayon à son égard a une double direction , l’une qui le fait tendre vers lui, qui est de haut en bas, et l'autre qui le porte de gauche à droite, à. laquelle ce milieu n’est point du "tout opposé; et si on le lui opposoit dlmie autfe façon , la même direction, qui maintenant est de gauche à droite, pourroit être celle qui le porteroit vers lui, et l’autre, celle à laquelle c,e milieu ne seroit point opposé; et selon que ce milieu est plus ou moins incliné à ce rayon , lés deux tendances ou directions qu’il a h son égard sont diverses, et peuvent avoir i’uné à j’égard de l’autre diverses) proportions.
Mais quand je parle de tendance, de direction , ou de détermination , ne vous allez pas imaginer que j’entende parler d’une, direction sans force et sans mouvement ,-ce qm seroit chimérique et impossible, ne pouvant y avoir de direction sans mouvement ou sans effort ; mais j’entends, par ce mot de direction ou de détermination vers quelque endroit toute la partie du mouvement qui est
déterminée à aller vers cet endroit-là.
So5 •
Ucjic, selon que le milieu est plus ou moins 1n-f cliué au rayon', la force, qui à son egard le portfe vers un certain endroit ? peut être plus ou moins % grande que celle qui le porte vers l autre. Par . * Exemple, si l’angle ABC est égal à 1 angle AP>H, les deux parties du mouvement , dont l me le porte ten bas et l’autre à droite, sont égales, s’il est» moindre sa force. est moindre, et |’il est plus grand , , elle est plus grande; mais. quelle que soit 1 inoli- ; nation du rayon ‘sur le milieu, il y a toujours une partie de la force de son mouvement a laquelle ce milieu est opposé, et une autre a laquelle il ne l’est point. Or, tandis que le rayon est .
dans l’air, la proportion, quelle quelle soit , qui .
est entre ces deux parties du mouvement, cjwte •
•> nous supposons uniforme , le porte dans la ligne ; AB;- et tandis que* rien ne la change, ou taudis qu’elles, chaugent’, en gardant toujours entre elles , *•
* une même proportion, le rayon va toujours, ten •
ligne droite. '* M m *'%'*’*“ '’• %
* Mais lorsque }e rayon ÂB de la page 20 étant parvenu au point B ftencontre un autre milieu , si
ce milieu ne présente pas au rayon la même fa- , cilité à se laisser* pénétrer qu’avoit l’air; il doit , arrive^ du changement au cours du rayon, à cause
* que ce milieu n’est opposé qu’à la déterminatiou , ou à la partie du mouvement, qui le porte vers iiu^
.et yon point $ l’autre; et sil présente moins <J<
facilité au passage du rayon que ne fait l’air, la résistance qu’il apporte à la partie du mouvement qui tend vers lui , et non point à l'autre, laquelle en ce point de rencontre demeure précisément là même , fait que n’y ayant plus la même proportion entre ces deux parties du mouvement , qui toutes deux ensemble portoient auparavant le rayon dans la ligne AB , elles doivent lui faire changer de détermination, et le porter vers le point où tend * la direction qui s’ajuste avec la proportion qui se trouve alors entre elles , et ainsi le faire éloigner de la perpendictdaire.
Que si au contraire le milieu qu’on oppose au , ’ * rayon AB présente plus de facilité à son passage * S, que ne faisoit l’air, cette nouvelle facilité qu’il ap- ;* porte, et qui n’est ressentie que par la partie du mouvement qui tend vers lui, et non point par l’autre , comme j’ai déjà dit, doit changer sa direction, à cause que cela change; la proportion qui * est entre les deux parties, dont le mouvement '.entier delà balle est. composé, et le détourner |par conséquent vers la perpendiculaire; ce qui arrive quand un rayon de lumière passe de l’air dans de l’eau ou dans du verre.
Et pour faciliter la compréhension debout ceci par un exemple aisé, représentez-vous un corps sphérique bien dur et bien poli , mis sur une planche très dure aussi et très polie, dont le bout
s'appuie. sur l'extrémité d’une table, en sorte que la planche soit inclinée sur la table et fasse un « '
angle aigu avec elle. Il est certain que ce mobile rdulera sur cette planche , et ce d’autant plus ou moins vite que la planche sera moins ou plus in-* clinée sur cette table. Mais, quel que soit le mouvement du mobile sur cette planche , il est certain . ' * qu’à l’égard de la table il a deux déterminations ;jlj , l’une, qui le porte vers elle, par laquelle il des-k -fcend ; et l’autre, qui le porte vers l’une des mu-* railles de la chambre, par laquelle il avance de ce côté-là; et il est si vrai qu’il a ces deux impressions, qu’il les garde encore toutes deux lorsqu’il est en l’air hors de la planche; et s’il ne lui en restoifcr qu’une quand il est hors de dessus la planche, il ne suivroit que celle-là seule ; par exemple , il toru- , • «freroit perpendiculairement à terre , sitôt quJ’il^$k* * quitté la planche, s’il rie lui restoit que celle de sa * chute/ .* r
Mais considérez ce qui arrive au mobile quand • * . il est au point. où il quittera planche, et. vous ^
verrez' qu’il arrive la même chose à la lumière • .
quand elle passé cje l’air dans l’eau; et parcequ’a-'’ lors la partie du mouvement qui porte le mobilé eu bas trouve plus de iàcilité ou moins de résistance à son action quaud il est hors de dessus la planche .et dans l’air qu’elle n’avoit quand il étoJt *
sur la planche, et cpie celle qui le porte vers la
muraille demeure la même (bien que ce soit encorè la même force totale qui pousse en ce point-là le mobile, et que la force des deux parties de son mouvement prises séparément soit la même) , . néanmoins, parcequela proportion qui étoit auparavant entre la facilité ou la résistance que présentoitle milieu à ces deux forces est changée, et que , dans ce point de sortie , il trouve plus de facilité pour descendre qu’anpnravant., sans qu’il en trouve ni plus ni moins pour aller vers la muraille,' pour cela il arrive qu’il ne suit plus la direction de la ligne qu’il avqit parcourue sur la planche , mais qu’il en prend une autre, laquelle est proportionnée au plus de facilité qui se trouve alors en l’une de ces forcés plus qu’en l’autre; ce qui fait que le mobile ’en quittant la planche s’approche-de la perpendiculaire, comme fait aussi la lumière en entrant dans l’eau, pour la même rai- .',<son. *„ ** * f » ^
• Et cest à mon sens une des choses des plus aisées à concevoir qu’il est possible; et c’est aussi à mon avis tout' ce qu’a voulu dire M. Descartes au sujet de, la réfraction. Je ne prétends pas néanmoins pour cela vpùs avoir persuadé; il suffit que je me . sois donné à entendre, afin que vous ne croyiez pasque je suive aveuglément M. Descartes , ou que je vous contredise de gaieté de coeur.* Je vous ressemble en ce point, que je n’aime et ne