‹ Œuvres de DescartesChapitre 96 sur 106 · LET^R US · texte numérisé non relu

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cherche' que la vérité; et cette Conformité que j’ai ave'c vous me fait espérer que vous ne me désavfftiecez pas, quanti je m’avouerai partout, etc. <

Pour éclaircir davantage cette matière, j’apporterai encore ici un exemple, qui résout à mon avis • Ta plupart des difficultés que l’on peut faire sur ce qrt’a dit M. Descartes touchant la réfraction, dans sa Dioptrique.

Tl est constant par l’expérience, que, de quelque façon tpie la boule A soit poussée au point H, par les. boules C,D,K, F,1 G, et quelles que soient les. différentes déterminations dont on peut supposer que celle de leur route soit composée , elles la pousseront toujburs vers IL

Premièrement, pour la boule E, il est clair quflplle la doit pousser vers H , puisque la boule A s’oppose totalement à sa détermination; mais ce qui est clair pour la boule E] doit pareillement être entendu des autres, qui, bien quelles’ viennent de biais vers la boule A* ne la touchent au point B et ne Ja poussent qu’en tant qu’elles descendent vers H , et non point en tant qu’elles vont vers V (ou vers K);' c’est pourquoi elles qe sauroient imprimer d’autre mouvement à cette lpoule, sinon de la faire aller vers H. Or, quoique les déterminations des boutes D èt F soient opposées, en tant que l’une va à droite et l’autre à gauche, elles ne le sont point en tant qu’elles des-

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ccnilent, et ainsi elles doivent produire- sur la boule A un même effet, qui est de la pousser • vers II. "4l»* ^*** *

Mais si nous supposons que la boule A soit dure et immobile, toutes ces boules, après l’avoir rem contrée, seront contraintes de changer la détermination quelles avoient d’aller vers H, en celle d’aller ou de réfléchir vers L, et garder les autres si elles en avoient, auxquelles elle ne peut apporter de changement , à cause qu’elle ne leur est point opposée en ce sens-là : et ceci explique la réflexion à angles égaux. * » ’ . 4

Que si nous supposons que ces boules aiént communiqué de, leur mouvement à la boule A, ce rie peut être qu’au sens quelle leur est opposée ; ; et partant ce ne peut être que le mouvement vers H qui puisse recevoir xle l’altération , et non point V* celui vers I (ou vers K ) , lequel par conséquent doit demeurer le même et en son entier. Si bien

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que ces boules’ perdant au point B de la force qui les détermine à aller vers H , et . ne perdant rien de celle qui les détermine à aller vers I, elles sont contraintes de se détourner, et de prendre en ce moment une autre direction, laquelle elles'gardent toujours, quelque résistance que le milieu apporte après cela, qui peut bien . les faire aller moins vite, mais non pjs changer leur direction, à cause qu’il peut bien être opposé à

leur vitesse, mais non point à la direction qu’elles «ont prise, puisque nous supposons qu’il est également facile ou difficile à s’ouvrir ou pénétrer de tous côtés; et cela explique la réfraction qui m’éloigne de la perpendiculaire.

Que si au contraire nous supposons que ces boules étant au point B , la boule A leur cède plus pisément, et les entraîne pour ainsi dire vers II, :ela fait que ces boules descendent plus vite; mais pela ne change rien à leur mouvement vers la jlroite (ou vers la gauche) , auquel elle n’est point ppposée; et ainsi ces boules, au moment qu’elles font au point B, étant plus disposées à aller vers fl qu’elles n’étoient auparavant,' et n’étant ni plus |ii moins disposées qu’elles étoient à aller vers I, elles doivent changer de direction, et la garder Hprès l’avoir prise ; et cela explique la réfraction vers la perpendiculaire.

Et pour faire voir que la résistance plus ou moins grande du corps du milieu n’y t fait rien, et ne change point la détermination que la boule prend au point B , considérons ce qui peut arriver à la boule A , selon les différents cas qu’on peut s’imaginer. Par exemple, si la boule E tombe perpendiculairement sur A, et qu’elle lui commuhique la moitié de son mouvement, où ira-t-elle? Bans doute qu’elle ira vers H, et la force quelle reçoit en ce moment ne la peut déterminer à aller

que vers là; mais est-ce à dire qu’en allant vers H elle décrira en deux moments une ligne aussi longue qu’a faitfeen un moment? Oui, sansdoute, si vous suppose/ que le milieu qu’elle parcourt lui donne passage aussi facilement qu’avoit fait l’autre; mais si ce milieu lui résiste davantage elle en décrira une plus courte; comme aussi elle en peut décrire une égale, ou même une plus longue, si ce milieu résiste autant ou moins à la force Qu’elle a reçue. î

Que si nous supposons que c’est l’une des autres boules, C, U, F, G qui repeontré A,au point B, il s’ensuivra la même chose, à savoir, qu’elle sera contrainte par la force qu’elle recevra de prendre sa détermination vers H , comme auparavant, au moment même qu’elle eu est touchée; et la qualité du milieu ne changera point’cette déter-, rai nation , sinon qu’ayant reçu moins de force,

* pareeque .n’étant touchée que de biais elle n’est pas poussée par toute la force de la boule qui la touche , elle ira moins vite.

Que si nous, supposons que la boule À étoit déjà en mouvement,*et se mouvnit vers I, la chute de l’une de c<ÿ boules sur efle n’apporte aucun changement à la détermination qu’elle^ vôit à aller versi là, c’est-à-dire a tonte la force de son mouvement qui la déterminoit à aller vers I, et partant elle doit continuer d’y aller comme elle faisoit aupa-

lavant, mais clic doit aussi aller eu meme temps vers le côte où la détermine l’impression qu’elle a nouvellement rerue par la chute de l’une de ces houles; si bien que dès ce moment elle doit prendre sa direction.

Mais si nous supposons que le milieu où elle se trouve après cela lui résiste davantage que ne feisoit l’autre, cela ne change point la détermination quelle a prise, mais fait seulement qu’elle le parcourt moins vite quelle n'auroit fait; car enfin la proportion qui étoit en ce moment entre ses deux forces , l’a déterminée à aller quelque part; et quelque facilité ou difficulté qu’apporte ensuite le corps du milieu quelle doit parcourir, comme elle est égale en tout sens, cela ne peut rien changer à la détermination quelle a prise en sa superficie ,ct ne la doit ni plus ni moins détourner; et la même proportion est ici gardée qu’entre de forts ou de foibles mouvements également proportionné^

I ar exemple,. que la boule A soit poussée par deux forces égales vers H et vers C en même temps, que doit-il arriver, scelle est dans l’air? U arrivera que ces deux forces ayant un grand effet sur elle, la pousseront en un moment jusqueS en 1). mais si elle etoit dans 1 eau, alors ces deux forces ' n’ayant pas un si grand effet sur elle, ne la pousseront que jusques en E; mais elle ne changera point pour cela de direction.

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EL ce que je dis de Ja boule A, qui est poussée par des forces égales dans deux milieux différents, se doit entendre tout de mêmç de toute autre sorte de proportion qui soit entre ces deux forces ; savoir est, que la diversité du milieu ne change point la direction à laquelle les forces quelle a la déterminent au premier moment , mais peut seulement changer sa vitesse.

Par exemple, que la boule A soit poussée en même temps par deux forces, dont l une la pousse du double plus fort vers G que l'autre ne fait vers B. Que doit-il arriver si elle est daifs l’air ? 11, arrivera que ces deux . forces , ayant un grand effet sur elle, la pousseront en un moment jusques en D : mais si elle étoit dans l’eau , alors ces deux forces n’ayant pas un si grand effet sur elle, mais ne laissant pas de l’avoir de tous côtés proportionné à leuf force , pareeque l’eau s’ouvre/ également de tpus côtés, ne la pousseront que jusques en . E; mais elle, ne changera point pour cela de direction, laquelle elle prend dès le premier moment. . •

Et ainsi ayant égard aux premières suppositions que fait JVÏ. Descartes, lorsqu’il sersert de l’exemple 'd’une balle pour expliquer la réflexion et la réfraction dans le chapitre second.de sa Dioptrique, c’està-d\re supposant que ni la pesanteur ou la légèreté de la balle , ni sa grosseur ,. ni sa figure , ni

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