‹ Œuvres de DuclosChapitre 18 sur 24 · LOTS · texte numérisé non relu

LOTS

Lettre de Louis XI au chancelier,

iVloNsiEUR le chancelier , je vous envoyé par Jacques Boutet certaines informations qui ont été faites contre le fils Salezart , touchant les réformations des gabelles en Berry, par lesquelles vous verrez comme il a fait rebeller les villes du pays , et emprisonner mes officiers en besongnant ësdites réformations, dont je vous assure que je ne suis pas content ; et pour ce je TOUS prie , sur tout le plaisir, que me désirez faire , que , incontinent ces lettres vues , vous l'envoyiez prendre , lui ef tous ses complices , et que vous et le président fioulengier besongniez en l9ute diligence à faire leur procès, et tellement que mon autorite y soit gardée , et n'y dissimulez point pour crainte de personne^ quelle qu'elle soit ; car j'aimerais mieux avoir perdu dix mille ^écus , que la justice n'en fdt &ite ; et si vous voulez que jamais je sois content de vous , besongnez«*y en toute diligence ; adieu. Écrit à Amiens , le vingt-quatrième jour de juillet. Lots.

Et plus bas, 1^ Chaumont.

j4u même,

jyLoNSiEUR le chancelier , j'ai reçu ce que m'avez écrit ; et au regard de ce patriarche , tirez lui le mot secret qu'il a à me dire de l'empereur par toutes les habilités que vous sçaurez ; car je ne parlerai point à lui , et le renverrai bientôt. Incontinent que vous l'aurez dépéché , faites-le-moi sçavoir et je lui baillerai conduit pour s'en aller. Monsieur le chancelier, nonobstant que ce n'est pas la coutume, j« vous prie que vous alliez visiter l'ambassade d'Angleterre , ainsi que vous dira le sénéchal de Poitouy et envoyiez quérir tous les bons docteurs que vous avez menés avec vous à Saint-Quentin pour le fait d'Angleterre ; car nous en avons bien besoin : et adieu. Écrit aux Forges , le six de mars.

Lots»

Lettre de Louis XI à du Bouchage.

iVLoNSiEUR du Bouchage , vous sçavez bien le désir que j'ai de donner ordre au fait de la justice et de la police du royaume ; et pour ce faire , il est besoin d'avoir la manière et les coutumes des autres pays. Je vous prie que vous envoyiez quérir devers

TOUS le petit Fleurentin , pour sçavoir les coutumes de Flenrence et de Yenbe , et le faites jurer de tenir la chose secrette ^ afin qu'il vous die le mieux , et qu'il le mette bien par écrit : et adieu, monsieur du Bouchage. Écrit à Mondoubleau , le cinquième jour d'août i479* ^^s* Et plus bas. Parent.

Au même.

JxloNSiEUK du Bouchage, si tos gens veulent faire le plus petit service , n'attendez pas le grand , et les prenez au mot , et ne plaignez rien à promettre ; je mets es lettres d'entre vous tous , des offres qu'ils ne peuvent nier , et s'ils ne veulent faire nulle raison , je vous prie qu'essayiez à avoir une longue trêve par autant que le T#rc sera en Italie , et une après , ainsi que le pape a fait en Italie , afin que je puisse servir Dieu et Notre- Dame contre le Turc. Écrive^moi, vous et monsieur de Baudricourt, et de Soliers, des choses 'secrettes. Adieu monsieur du Bouchage. A Bonaventure, le premier décembre i4Bo^

Lettre de Louis XI aux juges du comte du Perche,

.ESSiEURS, j'ai vu ce que m'avez écrit. Je vous envoyé les lettres que messire Poncet a écrites au sénéchal d'Armagnac , et le mémoire. Je ne sçaissi vous avez bien entendu un mot qu'il y a aux lettres du duc que je vous ai envoyées , là oii il dit que , pour aller en Bretagne , il ne fût point allé en lieu oii il m'eût pu faire dommage ; vous voyez bien , si vous n'êtes bien bêtes , que le duc déclare ses péchés ; car , pour soi excuser qu'il ne voulait point rompre son serment qu'il m'a fait, il déclare nettement que monsieur du Perche n'eût rien fait, pourquoi il confesse nettement qu'il allait ailleurs pour faire son entreprise , c'est k sçavoir en Angleterre et en Autriche.

Messieurs , vous sçavez bien que je vous dis , au partir sur les Pons, que jamais monsieur du Perche ne s.'en irait en Bretagne ; car il y vit son père, qu'il fallut qu'il s'en retournât par force de faire , sans les maux que l'on^ui fit, pourquoi vous sçavez bien qu'il s'en allait tout droit en Angleterre , et c'est tout ce que vous devez attendre. Il ne le peut nier par deux choses : la première , que son entreprise était pour ravoir le sien , et il ne le pouvait ravoir par le duc, non plus que par un ménétrier. Item, ne faillez pas à lui remontrer qu'aussi bien a-t-il tout confisqué de s'en aller en Bretagne comme en Angleterre , et que vous sçavez que le duc , cette année, s'est déclaré en la trêve pour le duc d'Autriche contre moi : faites-lui passer ce mot ; car vous

voyez bien qu'il ne le peut nier y si n*est TOtre faute : et adieu messieurs. Écrit au Plessi»-du-Parc-les-Tours , le quatrième jour de septembre 14B1. Lots.

Lettre de Louis XI au chancelier.

VJHANCELiER, je VOUS ai écrit que vous renvoi ssîez la cause qui est pendante en mon grand conseil , entre mon procureur et les moynes de Lorroys, ainsi que je l'ai ordonné par mes lettrespatentes , par devant les commissaires que j'ai envoyés en Berry, pour le procès de Tripet , dont vous n'aves rien fait ; et quand on vous a présenté mes lettres, vous avez dissimulé. Je vous prie, beau sire , que , en mes besongnes , vous ne me soyez pas si rigoureux ; car je ne le vous ai pas été es vôtys. Je ne sçais si maître Adam le vous fait faire , pour ce qu'il n'y a point d'argent ; or la renvoyez comment qu'il soit , et faites que je ne vous en récrive plus. Donné à Amboise, lejriagt-quatrième jour de décembre. Lots. Et plus bas , Bourré.

jtu Tnéme.

V jRANCEtiER, vous avezrefusé de sceller les lettres de mon maître dMiotel Bouthilas^ je sais bien à l'appétit de qui vous le faites; \ous souvienne de la journée que vous prîtes avec les Bretons , et le dépécbez incontinent sur votre vie. Écrit au Plessi&Klu-Parc, le vingt-quatrième jour de décembre 1482. Lots.

« Louis XI ayant prié Hëlie Bourdeille, archevêque de

» Tours , de demander à Dieu le rétablissement de sa

r> santé , ce prélat ne se borna pas aux prières , et voulut

y> s^ingérer de donner des avis k ce prince, au sujet du car-

D dinal Balue et de plusieurs autres prélats. Le roi » pre-

» nant tout alors avec plus de vivacité que jamais, ordonna

» au cbancelierde citer tout ces prélats^etd^examrner lears

» prétendus griefs. (P. 38si.) »

Lettre du chancelier au roi.

di a E, puis n'a guère monsieur de Narbonne m'a écrit que votre plaisir était que je parlasse à monsieur de Tours , sur aucuns points touchant l'obéissance et fidélité qu'il doit à vous et à la couronne , tant à cause de sa nativité originelle , qu'à cause du serment de fidélité y en quoi il vous est tenu à cause de son ar* chevêche, et l'obligation par laquelle il est astreint à la révérence

et conservation de la souveraineté et jurisdiction que vous avez de Dieu sur tous Vos sujets et habitans de votre royaume , prélats et autres ; sans, sous ombre de jurisdictîon ecclésiastique, la vouloir attribuer à lui, ne à monsieur le cardinal Sanctî-Petri" ad'f^mcula , au cardinal Balue , ne ailleurs ; et aussi afin qu'il déclare comment il veut penser au serment qu'il a à vous et à la couronne , et qu'il en écrive et fasse déclaration en manière que vous connaissiez comment il veut garder et entretenir le serment qu'il vous doit , au^ causes dessusdites , et la forme de fidélité qu'il vous veut entretenir ; lesquelles lettres reçues incontinent, j'envoyai devers mondit sieur de Tours , qui lors était hors de cette ville,* et pour cette cause , le lendemain il retourna ci , et en obéissant k ce qu'il vous a plu ordonner , ai été devers lui , lui ai remontré au mieux de mon pouvoir lesdites choses, et la sincérité que vous avez toujours eue et avez à la sainte foi catho* lique , la révérence et dévotion à notre mère sainte Église, et au saint^iége apostolique , autant que eut onc prince chrétien , et les peines et labeurs que vous avez eus et soutenus chacun pur, contre les ennemis, pour l'entretennement et accroissement du royaume et des droits de la jurisdiction et autorité de la couronne , lesquels vous êtes délibéré de garder , en acquittant le serment que vous avez fait à votre sacre et couronnement , sur les saintes choses miraculeusement envoyées de Dieu , et par les anges du ciel , qui ne sont pas moindres que celles dont les archevêques et évéques' sont sacrés , par quoi vous entendez que mondit sieur docteur déclare comment il veut entretenir son serment , et la fidélité qu'il vous doit avec plusieurs autres choses, que sur ce je lui dis , qui longues seraient écrites.

Sur quoi mondit sieur de Tours me dit qu'il était fort troublé et triste , doutant que fussiez mal content et que eussiez défiance sur lui , et après en grande humilité envers vous , me dit qu'il connaissait bien les choses qne je lui avais 'dites , et que de tout son cœur il désirait loyaument acquitter le serment et fidélité qu'il vous doit , tant à cause de sa nativité , que de la fidélité qu'il vous a faite comme archevêque de Tours , et aimerait mieux mourir que faire, ne avoir pu faire le contraire , et que au mi eux de son pouvoir il priait et faisait continuellement prier Dieu pour votre bonne santé et longue vie , et pour votre pros- ■ périté et salut de^corps et d'âme ; mais pour ce qu'il était encore faible à cause de sa maladie , il a pris de lui de vous écrire au long par lettres , ou par mémoire signé de lui, et crois qu'il l'aura fait dedans un jour ou deux ; sur quoi cependant vous ai bien voulu écrire , et incontinent que j'aurai ses lettres ou ledit mémoire, les vous enverrai.

Au surplus, sîre, mondit sîéur de Narbonne m*a aussi eiiTojé un mandement commandé par vous, pour faire ajourner, comme il m'écrit , par devant vous et les gens de votre grand conseil , ceux que je connaîtrais être à ajonmer, des archevêques, évéques et prélats qui s'étaient plaints à monsieur de Tours , de plusieurs torts qu'ils disaient leur avoir été faits par aucuns vos officiers et commissaires y excepté monsieur le cardinal Sancti^Petri-ad'' f^incula, le cardinal Balue et autres auxquels il avait été satisfait; (t pour ce , sire , qu'au mémoire que mondit sieur de Tours bailla devant k mondit sieur de Narbonne et à moi,^sont nommés, outre lesdits cardinaux Sancti^-Petri^ad^P^incula et Balue^ plusieurs autres archevêques , évéques et prélats , desqilels les cas sont différens et de diverses qualités , et j en a aucuns, comme l'évéque de Verdun , l'évéque de G>utances et autres , que par aventure votre plaisir ne serait pas qu'il s fussent ajournés à venir devant vous : afin que je ne vous faille , je vous envoyé une lettre ou un mémoire , oti les noms desdits archevêques, évéques et prélats , sont nommés audit mémoire , et l'état et qualité où sont à présent les choses de chacun d'eux , afin que , s'il y en avait aucuns que votre plaisir ne fût qu'ils fussent ajournés , il vous plaise me le mander, et des autres inconvéniens ; je ferai et ferai faire la diligence tonte selon yotre bon plaisir.

Sire, je prie , etc. Écrit à Tours , le cinquième jour de septembre 1482.D0R10LE.

( Quoique la lettre suivante soit d'une date antérieure à celle qu'on vient de lire , elle ne fut rendue au chancelier que six jours * après le départ de la sienne. )

Lettre de Louis XI au chancelier.

lYlo NSiEUK le chancelier, vous répondrez k monsieur de Tours, de par moi, que depuis que je connus la grand'plaie qu'il voulait faire contre la couronne , que je ferais grand péché , et que je craindrais fort ma conscience de le croire de rien , ne lui demander conseil , ni pour rien , ne voudrais rien demander ni en faire mêler.

Item y vous lui dire» que , quand je lui écris , ce fut qu'il voulsist prier Dieu pour ma santé , par quoi il n'avait que faire de s'en mêler plus avant ; car il me semblait qu'il était plus tenu à moi qu'à monsieur le cardinal Balue , et au cardinal Sancii-- Petri-ad" F'incula .

Item y dites-lui franchement qu'il me déplaît qu'il a mis la main à la charrue , et qu'il regarde arrière lui , et que tant que je le voye partir, je ne me voudrais fier en lui.

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