‹ Œuvres de DuclosChapitre 23 sur 24 · DU GOUVERNEMENT ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

DU GOUVERNEMENT ÉCONOMIQUE

DE L'ÉTAT ECCLÉSUSTIQUE.

JLi ES impots que paie le peuple de l'État du pape , sont de deux sortes. Les uns entrent dans le trésor du prince, les autres servent aux dépenses de la communauté.

Toute ville, tout village , le plus petit hou rg, compose une communauté ; cette communauté a un conseil formé d'un certain nombre d'habitans , chargés de veiller aux intérêts de cette société.

Les États du pape sont divisés en autant de petits États , qui , dans l'origine , levaient par eux-mêmes les impôts que le prince leur demandait, et ceux qui étaient nécessaires pour leurs dépenses particulières. Ainsi l'État avait, dans cette partie, l'avantage des petites sociétés , qui , d'ordinaire , sont mieux administrées que les grandes.

Il ne reste plus que l'ombre de cet établissement. Les communautés subsistent , mais elles ne peuvent rien faire sans obtenir la permission du bureau d'administration , établi à Rome. Les tributs qu'elles paient sont présentement levés par des sonstraitans.

Les impôts portent sur différens objets; sur la terre , la mouture du blé , la viande , le vin, et sur diverses autres marchandises.

L'impôt sur la terre est assis suivant un cadastre particulier ,

fort ancien , formé suivant la valeur et la quantité de la terre* Chaque communauté a son cadastre particulier. La taxe d'une terre , autrefois en friche , et qui pour cela même payait peu y hausse en proportion de son nouveau rapport» Quand il faut augmenter cet impôt , il s'augmente toujours dans la première proportion , et se diniinue de même.

Dans le territoire romain , qui s'étend à quarante milles autour de Rome , l'impôt sur les terres est ordinairement trës^modique , parce qu'il n'entre point dans la masse des revenus qui doivent se verser dans la caisse du prince ; il est destiné pour l'entretien des ponts et chaussées. Il est réparti comme celui des communautés , suivant la valeur et la quantité des possessions. Cet impôt vient d'être augmenté , pour un an seulement. Ce surplus est destiné au trésor du prince , ayant voulu , par là, se couvrir de^ dépenses extraordinaires qu'il a été obligé de faire pour la dernière disette de grains. Le reste de l'État ecclésiastique est exempt de ce secours momentané.

L'impôt sur la mouture du blé se paie au moulin. On y porte une permission de moudre tant pesant de grain ; ce qui ne peut jamais être moins d'un demi-rube. ( Le rube de blé rend en farine six cent vingt , ou six cent quarante livres romaines , de douxe onces. Cette différence de poids vient du grain plus ou moins pesant. ) Un commis pèse la farine qui en provient , en.enregistre le poids , et en fait payer le droit avant que Ja farine sorte. Le droit de mouture est différent suivant les lieux : il se payait à Rome , il y a un an ^ à raison de 4 livres tournois , pour chaque rube , par les particuliers , et 6 liv. ij sous , par les boulangers.

Cette honvelle disposition a été faite pour remédier à un abus qui s'était introduit. Les particuliers faisaient chez eux du pain , non-seulement pour leur provision , mais encore pour le vendre ; ce qui nuisait beaucoup au commerce des boulangers , parce qu'ils pouvaient donner leur pain à meilleur marché.

On impose au marché » suivant le prix de la vente, le droit que doit payer un animal. Ce droit ne se paie point comptant ; la communauté des bouchers est responsable des dettes de chacun en particulier. Il s'en paie une partie avec les graisses des ani* maux tués. Chaque boucher porte à un magasin commun, établi par le gouvernement, la graisse de la semaine : on l'enregistre , et l'on retranche de sa dette pour le droit, ce qui est retiré de la vente qui se fait aux chandeliers^ qui sont obligés de venir s'y fournir à un certain prix.

Leprix des différentes viandes de bœuf, veau , agneau , mouton et cochon , est fixé» Cette fixation se fait après avoir envoyé compter dans tout le territoire romain le nombre des animaux. On 2. 4G

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enregistre la quantité appartenante à chaque particulier , et il doit prouver l'avoir présentée au marché , ou rapporter les peaux de ceux qui sont morU d'accident ou de maladie , et en justifier la vérité.

Le prix des peaux est encore fixé , et un boucher ne peut les vendre qu'à un tanneur qui lui est désigné. Cette taxe de la viande se renouvelle tous le9 ans » et se fait en différens temps i suivant l'espèce d animaux.

Hors de Rome la viande se vend toujouri' deux cinquièmes de sou moins que dans la ville. Les légats font aussi dans leurs départemens cette fixation , et suivent les mêmes règles qu'à Rome.

Le vin du territmre romain est exempt. Celui qui n'en pro* vient pas y mais qui est cependant de l'État ilu P'^P^} P^^ 20 sous par barril. Ce barril contient environ soixante-huit bouteilles de France.

Le vin étranger , quel qu'il soit , paie a sous el demi par pinte. Celui qui entre en futaille , paie près de 5o pour 100 de l'estimation. On ne peut rendre raison de cette différence , à moins que ce ne soit la douceur de l'estimation : chose qui cependant est fort arbitraire y et qui dépend de la faveur ponr.lespersonnes.

Dans plusieurs endroits, l'impôt ne porte point sor l'objet dénommé , la communauté ayant représenté qu'une autrepartie le supporterait plus facilement , et le bureau d'administration ayant consenti à ce changement. Ce droit de remontrance est le seul reste de la puissance qu'ont eue autrefois ces assemblées de citoyens.

Tout l'État paie l'impôt du sel. H se fabrique à Ostie , snr la Méditerranée , et à Cervia , sur la mer Adriatique. Il se distribue, de ces deux salines, dans tous les États du pape. La différence du prix consiste dans la différence qu'y peut apporter le transport plus ou moins éloigné. Il p'y a point de fraude sur cette partie ; le contrebandier n'y gagnerait rien. 2 sous la livre de douze onces est le prix le plus haut : i sou est )e plus bas.

Il n'y a pas long-temps que le tabac était aussi une ferme. Il s'y faisait une grande contrebande, et les frais nécessaires pour l'empêcher, ou plutôt pour la diminuer, en absorbaient le bénéfice. Le prince a rendu le tabac marchand , a augmenté le prix du sel , et a ajouté quelques autres dnnts à la douane de Rome. Quoique ces augmentations rendent plus que ne rendait la ferme du tabac, la nation a vu ce changement avec plaisir; parce que ce n'est pas tant l'impôt qui jatigue que la manière d'imposer.

Quelques villes ont des douanes ; il n'y en n'a point snr Ici frontières ; elles ne sont que pour le territoire romain , autour

dttcpiel elles ferment uii cordon. Ce qui entre dan^ le reste des États du j^ape n'y est point snjet. Les marchandises destinées pour Rome , ne payent qu'à ftomé ; celles destinées pour les autres lieux , dans le reste du tei^ritoîre romain , payent sur la frontière de ce territoire.

Le revenu de. la douane de Rome est considérable , malgré les abus énormes qui s*y introduisent. Tout cardinal , gfand seigneur et ambassadeur a dés droits de franchise y par lesquels il lui est permis de faire entrer une certaine quantité de denrées, sans payer les droits. Il en fait passer le double , le triple et davantage. Les commis le voient, et n'tisent s'y opposer dans nn gouverne-^ ment où celui qu'ils auront saisi , sera le lendemain leur maître , parent ou ami de la famille qui régnera.

Une marchandise ainsi entrée , par conséquent hon marquée des plombs de la douane, pourrait être suivie et arrêtée chez un négociant, s'il la faisait transporter chez lui : c'est pour cela qu'il la laisse dans la maison de la personne exempte, jusqu'à ce qu'il puisse s'en défaire.

Toute soierie paie le vingt-deuxième pour cent de l'estimation. Les draps fins paient moins que les draps grossiers; ce qui est établi pour l'encouragement des fabriques du pays , qui travaillent presque tontes en draps grossiers. Les douanes sont en régie.

Outre ces différens revenus , le trééor a quantité de terres , étangs , bois et autres domaines qu'il aflferme. Il jouit de la ferme des aliénations, de celle de •> ^^tstes, de celle de l'imprimerie royale , et de quelques autres.

La ferme des postes donne, par an, au trésor, un peu plus de quaran te-six mille écus. Il y a beaucoup de franchises. Le fer* mier m'a dit, que tout au plus un dixième de ce qui vient, paie le droit. La France, l'Empire, Turin, Gènes, Naplei, Yenise et Florence ont leur poste particulière, qui retient pour elle le port des lettres qu'elles apportent. Une lettre d'une seule feuille de papier , de quelque lieu de l'Etat qu'elle vienne , ne paie qu'un sou. Si cette même feuille est divisée en deux, elle paie denx sous , toujours un sou de plus pour chaque morceau d'augmenta^on. Cest pour s'en éclaircir, que toutes les lettres sont percées par le coin. Les paquets qui peuvent entreir par une certaine ouverture , sont taxés sur le même pied des lettres: Pour les autres , quand ils ne s'adressent pas à quelqu'un qui ait la franchise , il faut en payer le port d'avance , suivant un tarif d'estimation. Ce tarif n'est pas suivi à la rigueur ; on peut mai^ chander avec le fermier , qui diminue assez aisément , et qui m'a dît s'en trouver fort bien. Avant qu'il eût pris Ce parti.

aucun des paquets ne payait; on trouvait toujours le moyen de les adresser à des personnes exemptes. C'est un abus qu'il n'étttt ,pas possible de corriger que par la voie qu'a prise le fermier.

Les impôts pour les charges de la communauté , seule taxe dont soient exempts les ecclésiastiques , servent pour entretenir le gouverneur, le médecin, le chirui^en, le secrétaire, le maître d'école , les ponts et chaussées. Le médecin et le chirurgien doivent assister ceux de la communauté qui les appellent , sans qu'ils puissent exiger aucune récompense.

Les fermiers sont obligés de payer tous les deux mois , la partie due de leur traité annuel. Régisseurs ou fermiers versent en droiture dans le trésor.

Par différens états que j'ai eu des revenus du prince , ils montent environ k deux millions d'écus romains. (L'écu romain est évalué à cent cinq sous de notre monnaie : c'est toujours de cet écu dont je parle. } La dépense excède la recette , c'est on point sur lequel s'accordent les différens états. Il y en a qui font monter cet excédant très-haut. Différentes circonstances peuvent le faire beaucoup varier.

Il n'y a que deux espèces de papiers publics portaat intérêt; les lieux de mont et les vacables. Ces deux papiers sont des contrats de rentes. Le lieu de mont est une rente perpétuelle ; le vacable est une rente viagère.

Le trésor paie trois pour cent pour les intérêts du lieu de mont. On peut même dire qn'il paie moins de trois ; car un lieu de mont qui coûte cent vingt-sej:^ écus ou cent trente écus , n'en rapporte que trois. Cest la place qui les a fait monter si haut. Dans l'origine, un lieu de mont n'a été payé que cent écus, et il n'est remboursable , par le gouvernement , que sur ce pied.

Le lien de mont est un effet si accrédité , qu'il est beaucoup plus recherché que les terres. La preuve est que les terres rapportent d'ordinaire quatre pour cent, quoique mal cultivées. On verra ci-après les obstacles qui s'opposent à la valeur de ce seul bien. Les fiefs rapportent un on deux pour cent. Ils sont tombés , parce qu'il est rare d'en trouver à vendre , étant presque tous substitués à perpétuité dans les grandes familles. La vente des lieux de mont est plus facile ; elle ne consiste qu'à se fair«,enregistrer à la banque , à la place du vendeui*.

Les yacables sont des rentes viagères , d'une espèce inconnue en France. Il est permis, à celui sur la tête duquel cette rente a été placée, de la vendre à un autre. Le nouvel acheteur en jouit , durant sa vie, aux mêmes conditions qu'en jouissait celui de qui il l'a achetée , et il lui est peripis de la vendre de même » de sorte que cette rente peut devenir perpétuelle , en passant

ainsi de l'un à l'autre. It faut cependant avertir, qu'il y a deux conditions à remplir pour que cette vente acquière toute la validité nécessaire. La première est que le vendeur ne doit point avoir soixante-trois ans révolus ; ja seconde, que levendeîirdoit vivre quarante jours après la vente. Si ces formalités ne sont point remplies , la ven^te est nulle , et le vacable est éteint. C'est j»our que cette loi soit suivie, qu'on ne peut' faire cette vente sans la permission du prince , qui ne la refuse point , à moins que le vendeur ne soit en danger de mort , ou attaqué d'une maladie de langueur-, qui fasse craindre pour sa vie.

L'intérêt du vacable n'est pas fixé. Lé prince a assigné , pour payer ces rentes, les revenus de la daterie. Le plus ou le moins de rapport de cet effet, dépend donc du nombre d'expéditions dans cet office. Depuis le concordat de la cour de Kome avec celle d'Espagne ; depuis que les puissances demandent beaucoup de diminution sur le prix des bulles, cet effet produit beaucoup moins. Sixte-Quint , premier créateur des lieux de mont et des vacables, avait destiné l'extinction des vacables à une caisse d'amoriissement pour les lieux de mont. Les papes en ont fait ordinairement d'autres emplois. Benoit XIY, seul, les a appliqués au remboursement des dettes.

Il y a mie autre espèce de rente viagère , qui se constitue sur la tête de^lui qui reçoit l'argent , et qui meurt avec lui. L'intérêt en est plus ou moiils fort , suivant l'âge de l'emprunteur , suivant le besoin qu'il en a , et suivant la rareté de l'espèce: conditions qui , d'ordinaire , constituent le prix de ces rentes. Pour assurer l'intérêt au prêteur, l'emprunteur met en dépôt au Mont-de-Piété , des lieux de mont de la même somme du prêt ; mais dont le fonds reste hypothéqué. Ces sortes de contrats , ^eu connus ailleurs , ne se font qu'entre particuliers , et toujours avec la liberté à l'emprunteur, de rembourser quand il lui plaît.

Les lieux de mont passent , comme je l'ai déjà dit , pour l'effet le plus solide. C'est pour cela que , comme il n'y a ici nulle manière de s'assurer qu'une terre qu'on achète n'est point chargée d'hypothèques, le vendeur , pour trouvera vendre , est obligé de consigner y en lieux de mont, une partie de la somme provenante de la vente , suivant la volonté de l'acheteur. Le nouveau possesseur prend cette précaution pour assurer son argent , en cas qu'il se découvrît, dans la suite, des hypothèques ou des substitutions qu'on eût voulu lui cacher. Cette hypothèque des lieux de mont , pour les terres , est étemelle. J'en sais qui , pour pareille raison, sont en dépôt depuis cent cinquante ans , et ne peuvent se retirer. Il y en a peut-être depuis plus long^t'emps.

On sent .combien cette nécessité met d'entraves dans les arrangemens de famille, et qu'elle doit être une des raisons pour lesquelles les terres sont à si bon marché. Rome pourrait imiter Tienne dans l'établissement utile des tables publiques d'hjpo-. thëque pour les terres.

Comme tout est réductible au calcul , ces lieux du mont , quoique engagés pour termes fort longs , sont un objet de négociation. On les achète à des prix beaucoup au<-dê8sous de leur valeur. Véritablement ils ont beaucoup perdu , puisqu'ils ne peuvent servir d'hypothèque.

Ce recours perpétuel aux lieux de mont pour être déposés comme hypothèque, peut servir k expliquer, en partie, (car on voit bien qu'il y a encore une autre raison ) pourquoi ces papiers, qui' ne rapportent que trois pour cent , se vendent cent vingt^ept écus. Celui qui a besoin d'aliéner des lieux de mont pour consommer une affaire quelconque , et qui n'en a point , a recours à celui qui en a. Il paie à ce préteur de lieux de mont un certain intérêt, trois, quatre ou plus par cent, toujours suivant le besoin qu'il en a, et la confiance que le préteur a en lui. Cet intérêt, qui passe l'intérêt légal , doit être regardé comme une assurance de ces lieux de mont, puisqu'ils seraient perdus pour le prêteur, si l'emprunteur faisait banqueroute.

L'intérêt de lieu du mont était, dans l'origine, à%nq pour cent. Ceux que le prince déclara non remboursables , ne l'ont jamaiJ été: ceux-là sont les plus çhera sur la place. Ceux qui, tous les ans , doivent être remboursés , suivant que le sort en décide , le sont un peu moins. Les reniboursemens indiqués ne se font pas exactement; ce qui plaît fort aux possesseurs de ces papiers. Ils ne pensent point que la dette s'accumule, et qu'il deviendra peut-être impossible de la payer. *

Suivant les intérêts payés annuellement par le trésor, le principal des lieux de mont monte au plus à quarante millions d'écus.

Tant que le lieu de mont est en dépôt , il y aurait des spéculations très-avantageuses à faire sur cet effet ; mais il faudrait bien connaître la place.

Il y a peu d'argent dans les États du pape. Ils ne renferment point de mines , et le commerce y est peu considérable. Plusieurs des sources qui , autrefois, ont tant apporté d'argent dans la capitale du monde chrétien , sont taries. Je ne saurais dire , même à peu près , combien il y a d'espèces monnoyées. Je n'ai pu trouver aucun auteur italien qui traite des finances , et de ce qui y a rapport : mais ma plus forte raison , pour appuyer mon assertion, est qu'à Rome , la monnaie de papier est ceÛe qui circule le plus.

et qu'on a beaucoup de peine de trouver à la changer contre l'espèce réelle. Cette monnaie de papier mérite une considération particulière.

Il y a à Rome deux banques publiques , qui donnent en papiermonnaie la valeur qu'on j porte en argent. Dans Toriffine y ces banques avaient le même prétexte que toutes celles établies en Europe : l'Etat voulait 9 en augmentant la représentation , rendre la circulation plus considérable. Si l'esprit de l'institution avait été suivi, cet établissement aurait pu être utile à ce pays; car une banque , qui me paraît toujours dangereuse dans un grand État riche, quelque bien administré qu'il soit , pourrait peut-être devenir de quelque utilité dans un petit État pauvre , si les abus ne s'y introduisaient point. Mais comment ne pas dépenser, quand la source des richesses paraît inépuisable , ainsi que celle d'une monnaie de papier qui se fabrique k si peu de frais. Le temps est venu ou le papier a surpassé de beaucoup l'argent des coffres des banques. Enfin , aujourd'hui , les coffres sont vides , relativement à la dette. Tout le monde le sait, et le crédit de la monnaie de papier subsiste. Tout homme qui a réfléchi sur la délicatesse du crédit , est étonné quand il apprend , qu'un homme va présenter aux banques un billet de cent écus pour avoir de l'argent , reçoit tout au plus huit ou dix écus , et pour le reste de la somme , on lui donne un billet équivalent. Quand on en veut davantage , il faut envoyer une autre personne recevoir un autre billet; car la même n'aura plus d'argent de tonte la journée. Depuis plusieurs années ces petites ruses s'emploient à Rome , et on n'a point la moindre inquiétude sur la monnaie de papier. Il est vrai que le prince Ta toujours reçue comme il la donne. Cette monnaie ne sort point de la capitale.

Cette rareté d'espèces m'avait fait croire que la monnaie devait travailler bien peu. Je regardai comme un objet de curiosité le relevé de ce travail , depuis plusieurs années. C'est un mystère que je n'ai jamais pu percer , qoelque tentative qne j'aie faite.

La monnaie commet une grande faute dans la fabrication des pièces d'argent de dix sous et de trente sousj la proportion qui doit être entre l'or et l'argent, n'y est point observée. Aussi sortent-elles pour de l'or.

Quoiqu'il y ait peu d'argent dans les États du papie , cette marchandise n'est point chère , parce qu'il y a encore moins de besoins. Il ne s'y fait ni commerce ni amélioration de terres. |

Les casuistes font pratiquer ici leurs maximes sur le prêt. On ne peut , suivant la loi , exiger d'intérêt d'un fonds non aliéné. L'intérêt du particulier , du marchand, d'une communauté religieuse , est fixé par le gouvernement. On prête à six pour

cent au marchand , à quatre au particulier, et à trois à la corninunautë religieuse. Quiconque dénonce quelqu'un qui enfreint la loi est récompense par une part de la somme confisquée , et souvent on a vu un emprunteur asses perfide , pour accuser celui qu'il a lui-^méme conduit dans le piège.

Les délateurs sontundes grands rapports de ce gouvernement. Tous les jours il parait de nouveaux édits , par lesquels le délateur y est toujours sollicité.

Ces édits multipliés sont un objet de commerce pour la ferme de l'imprimerie. Tout marchand est obligé d'acheter dix sous chaque édit qui regarde sa profession. Il doit être affiché dans sa boutique , et il doit en acheter un autre quand le premier ne peut plus servir. Les procureurs et avocats sont obligés de faire imprimer leurs plaidoyers par l'imprimerie du prince , qui leur fait payer à peu près le double plus qu'un autre imprimeur.

Il y a dans Rome environ trois cents métiers montés, oii Ton fabrique toutes sortes d'étoffes, comme draps unis, veloura, damas, ras de St.-Cyr, taffetas, camelots, etc. Les étoffes de France sont plus belles , mieux travaillées , et moins*chère&«

Il y a environ sLx cents métiers de rubans de soie , de bas , de galons d'or , d'argent et de livrées. Il se fait une grande con* sommation de ces derniers galons. On se refuse tout pour avoir un nombreux domestique , et tous portent la livrée.

Bologne, Pezaro, Gamerino, Perousse et Termi , ont aussi différentes manufactures de cette même sorte. Le reste de l'Ëtat en a peu ou point.

Un bon ouvrier pour ces sortes d'ouvrages , se paie qua« rante sous par jour , quoiqu'il fasse moins de besogne qu'un ouvrier français.. Le maître le fournit de toutes sortes d'outils. Ge prix de la main-d'œuvre est beaucoup plus oher qu'il ne le devrait être , si on considère la médiocre valeur de la denrée première. Mais un ouvrier qui doit être oisif pendant plusieurs fêtes forcées ou de dévotion , comme celles des confrairies dans lesquelles il est engagé , ce qui est une espèce de nécessité , a besoin de gagner le jour de^ son travail , de quoi subsister pour le jour de $on loisir. De plus , les hôpitaux , les aumônes , les fondations pieuses , sont tellement multipliées , qu'il est très-^ aisé de vivre en ne faisant rien.

On est peu difficile sur les apprentissages. Les maîtrises ne coûtent presque rien. La première dépense monte à une dizaine d'écus. Il y a ensuite chaque année une médiocre redevance , pour l'église , adoptée par le corps de métier dont on est membre.

Il y a ici un établissement économique , dont on croit devoir dire quçlquçs mots. C'e9t le Mont-Je^Piété. On y prête sur çage^

EN ITALIE. 7ii3

Cet établissement est le destructeur des usuriers. On y reçoit en dépôt l'argent des particuliers , leur vaisselle , leurs diamans , et autres effets quelconques ; et quand le propriétaire le désire , on lui rend le tout , ou telle partie qu'il demande. L'intérêt exigé est de deux pour cent. Au bout de dix-huit mois , TefTet engagé est perdu s'il n'est pas retiré. Si on le retire , on le replace un jour après comme un nouveau gage. Comme ce bureau a été , dans sa prem^iëre institution , formé pour subvenir aux besoins des pauvres , il ne pouvait exiger d'intérêt de la somme prêtée , quand elle ne passait pas cent écus romains. On a réduit cette somme à trente écus. Les bénéfices consistent dans l'intérêt de deux pour cent ; dans un certain droit qui est attribué à chaque placement dans la vente des effets non retirés (car ils sonttoujours engagés pour un iiers au-dessous de la valeur) ; dans la perte des reconnaissances des effets engagés , qui alors appartiennent au bureau. Malgré ces profits considérables , les abus ont ruiné cet établissement.

La France a quarante-six mille deux cent soixante--dix-neuf lieues carrées. Les Etats du pape en ont huit mille deux cent vingt-six. Le rapport est donc comme un , , à un peu moins de cinq deux tiers. Je mets le rapport k six y pour accorder tout l'avantage aux Etats du pape. En s'arrêtant aux calculs les plus bas , la France possède dix-huit millions d'habitans. Les Etats du pape en ont deux millions, suivant le tableau avoué parle gouvernement. Calcul que. je crois poussé trop haut. Pour que le rapport fût gardé dans le nombre des habitans des Etats du pape, en le comparant à ceux de la France , il faudrait que les premiers eussent près de trois millions d'habitans , pour qu'il le fût dans le tribut. Comme la France paie trois cents millions d'impôts et plus en temps de paix, les Etats du pape devraient payer dix millions, d'éc us romains. On sait que le terroir de l'Italie est bon , et que les hommes y naissent avec des talens , et que deux mers baignent presque de tous côtés les Etats du ^ape. Quelle preuve de ce que produit la différence du gouvernement et de l'administration ?

En tout le pays est très-mal administré. Le gouvernement se mêle cependant de tout , particulièrement du blé et de l'huile. Ces deux denrées , qui paraissent faire toute son attention , sont toujours à la veille de manquer. Ce qui n'est pas étonnant quand on connaît la manutention.

L'annone ( c'est les greniers d'abondance de Rome ) prend le blé oii il lui plaît , et fixe le prix»* C'est ce même bureau qui donne la permission d'exportation , toujours prohibée. Cette permission se paie. Tout le territoire de Rome est en pacages

pour la nourriture des bestiaux , quoiqu'il soit tres-bon pour rapporter du blé. Les propriétaires aiment mieux le laisser ainsi abandonné , et y trouvent mieux leur compte qu'à avoir des greniers de blé y dont ils ne pourraient se défaire , le plus souvent , qu'à leur perte.

On est obligé de vendre l'huile au bureau établi pour Tache* ter. Lui seul l'achète ce qu'il lui plait , la vend aux détaillenrs ^ et leur en fixe le prix. Cette huile se conserve dans de grands puits, oii se' mêlent toutes les qualités. Ce qui fiût qu'elle est toujours très-mauvaise.

La destinée de l'Italie semble d'être mal gouvernée. Auguste mourant donne à Tibère , pour une des grandes maximes d'administration , de ne jamais envoyer un hoomie puissant commander en Egypte. Ce prince craignait qu'un mécontent n'empêchât le blé d'en sortir y et n'affamât l'Italie.

Les Etats du pape n'ont que deux bons ports; Civîta-Yecchia et Ancône. Les autres ne sont que des plages peu sûres, et oii ne peuvent mouiUer que de très-^tits bAtimeiis.

Civita-Yecchia , nommé autrefois Centum Cellœ , est l'ouvrage de Trajan. Cest un de ces monumens de la manière solide de construire des Romains. Ce port est bon et sàr. H y a deux passes ; celle du levant est la meilleure. L'entrée et le bassin ne sont point également profonds. Il est fort sage , quand le bâtiment est de plus de deux cents tonneiiux , de prendre un pilote du pays pour l'entrer. Il n'y a point de mouillage pour les frégates au dessus de quarante pièces de canon.

On travaille présentement à améliorer le port d' Ancône. H peut y entrer des frégates de la même sorte qu'à Civîta-Vecchîa.

La marine du pape consiste en trois galèvies qui peuvent naviguer ; deux autres galères qni ne naviguent plus ; deux frégates ; et les petits bâtimens nécessaires pour le service du port , et pour celui à faire à la mer. Les armement se font par entreprises. Lorsque la ferme commence , la valeur de cette petite escadre s'estime à l'amiable. A Fexpiration de la ferme > le fermier paie le déchet au trésor. S'il y a des réparations et des augmentations , le trésor lui en fait bon.

Voici les conditions de la ferme qui eut lieu depuis 17% jusqu'en 1760. Quand les galères étaient en mer , le trésor donnait d'avance au fermier, tous les deux mois, neuf raille cent cinquante écus romains. ( L'écu romain vaut environ cinq livres cinq sous de notre monnaie ). Quand elles étaient dans le port , le trésor ne donnait plus que cinq mille quatre cents éous tous les deux nnois.

Le fermier ne recevait pour chacune des galères qui ne navi-

gjaait plas , qne deux cent quinze ëcus par mois ; cent écus par mois pour tous les petits bâtimens de service dans le port. Lorsque les deux frégates étaient en armement , le trésor donnait au fermier six mille trois cents écus tous les deux mois , ce qui faisait pour toute l'année , sur le pied de guerre , trentesept mille huit cents écus.

Lorsque les frégates n'étaient point à la mer , le fermier ne recevait plus que cinq mille deux cent cinquante écus tous les deux mois.

Le fermier était obligé de faire toutes les dépenses. Il payait les salaires des officiers , des soldats et des matelots. Ces salaires, ainsi que les . rations , ne sont pas à sa disposition ; tout est réglé.

Lorsqu'un bâtiment se perd , ou s'il est maltraité dans un combat , c'est pour le compte du trésor. Si le fermier a besoin de bois, il peut en couper , sans payer , dans les forêts dont l'Etat est propriétaire.

Le . fermier compose l'équipage comme il lui plait , pour l'espèce d'hommes ; mais non pour le nombre , qui est réglé. Il ne peut rien changer , ni à l'état major , ni à quelques principaux officiers mariniers.

En prenant huit mois d'armement et quatre mois de repos , la marine du pape coûte quatre-vingt-six mille deux cent treice écus. Le fermier m'a assuré qu'elle coûte , année commune , cent vingt mille écus , à cause des dépenses extraordinaires qui surviennent , et qui sont pour le compte du prince.

Les bâtimens du pays pour le conunerce de la Méditerranée , consistent en une dixaine de tartanes et autant de felouques. Les tartanes s'occupent à la peclue et à transporter du blé. Les felouques remontent et descendent le Tibre pour transporter les marchandises que les bâtimens apportent à Gvita-Vecchia.

Les assurances , jusqu'à Livoume et Gènes , montent jusqu'à un pour cent , dans les temps ordinaires. Elles augmentent lorsqu'on eraint les barbaresques.

La plupart des bâtimens français qui abordent à Civita- Vecclua , 'soni des petits bâtimens provençaux. lien arrive environ soixante , année commune.

lis portent du sucre , du café', du cacao , de la morne, des amandes , du tabac, des vins , des draps d'Elbœuf , d'Abbeville, des étamines , quelques galons , de la faïence de Moustiers et de la quincaille^k.

Ds eiportent de l'alun , de la laine , des bois de construction , du soufre et de la porcelaine. L'assurance de Marseille à Civitft-*Yecchia , est de un pour cent.

* Une trentaine de bàtîmens anglais portent de la moru^ , des hareqgs, du plomb, de Tétain , du bois de campéche , du sncre, des cristaux , de la porcelaine de la Chine , des peaux de Russie , des cuirs d'Irlande, des camelots, des bottines. Us n'exportent que fort peu de vitriol. Leur fret est à proportion moins cher que celui des Français. L'assurance est de deux pour cent, de. -. . • au capitaine.

Sept ou huit nayires hollandais apportent toutes sortes d'épiceries , de drogues , des cuirs de Russie , du fer , des draps fins , du thé , du cacao , du beurre salé , du fromage , des toiles de lin et du tabac. Us n'exportent rien. Le fret est , pour les épiceries et drogues , de dix piastres de huit réaux , par militer ; de neuf piastres de même valeur pour les draps et toiles. Les assurances -sont les mêmes que celles des Anglais;

Il vient environ cent bàtimens génois. Ik apportent tontes sortes de confitures , de l'huile, des velours, des champignons salés , des citrons , du riz , du t^bac d'Espagne et du boi$ de Brésil , etc.

Ils exportent des grains , quand l'exportation en est permise , des bois à brûler et de construction , du fromage et de la viande salée.

Il vient trois cents bAtimens napolitains ou siciliens , qui apportent toutes 8<Htes de fruits verts e^secs , de l'huile , du vin , du thon salé , des anchois, des sardines , du riz , des légumes, de la soude , des soieries de Sicile, des confitures et de la quincaillerie. Ils exportent du charbon, du papier, du miel et un peu d'alun. L'assurance est d'un et demi pour cent. . Il vient cinquante à soixante bàtimens toscans , qui portent de la cire, du café du Levant, des peaux de Russie, du caviar , du vin , des eaux minérales , du bray et du goudron. Us exportent du fromage , de la viande salée et de l'alun , etc.

Il vient une dixaine de bàtimens espagnols , qui portent des vins , des peaux , des nates , des canons de fusils , et exportent de la viande salée.

Les autres nations de la Méditerranée , comme les Corses , les Maltais , etc. , viennent à Civita-Yecchia , apporter les fruits de leur pays. Leur exportation est peu considérable. Les Vénitiens ne viennent point à Civita-Vecchia ; il n'en parait qu'à Ancône.

Il y a dans la mer Adriatique plusieurs barques de soixante tonneaux et plus , portant pavillon du pa^. Elles ne vont que sur les côtes de cette mer. L'objet de leur comrnerce est de transporter des comestibles , du bois de construction et à brûler , du tabac , du poisson sec. Le fret le plus haut des bàtimens y le

sas^

plus coBêidérable , ne monte pas à plus de cent écus romains ^ par voyage. Leur assurance est d'un et demi pour cent , suivant la saison et la longueur de la traversée.

On voit , par an , dans le port d'Ancène , une trentaine de bÂtimens anglais qui y portent du poisson sec et salé , du plomb , des bois de teinture ^ et autres objets manufacturés en Angleterre.

Il y vient environ dix bâtimens français , chargés de sucre et de café , et autres genres de manufactures. L'assurance , pour un bâtiment qui part .d'un port d'Angleterre , ou d'un port de France , pour se rendre à Ancône , est la même.

Trois ou quatre vaisseaux hollandais apportent des drogues et des draps.

Autant de danois apportent du poisson sec de la Norwëge. L'assurance de ces nations du Nord est de trois à quatre pour cent.

Il vient cinquante bâtimens levantins , de diverse grandeur , chargés , pour la plupart, de coton et de fruits secs du pays. L/assurance est d'un et demi à trois pour cent , selon les pavillons et les voyages.

Les bâtimens français , anglais et hollandais, font ordinairement leur retour en blé , pour Livoume et Gènes , et du soufre pour leur pays. Les principaux objets d'exportation des Etats du pape , sont de la laine , de Falun , de la porcelaine et du bois de construction.

Écrites par Duclos , pendant son vojrage en Italie.

LETTRE PREMIÈRE, A M. Abeille.

Toulon, U 6 décembre 1766.

Je suis ici depuis trois jours, mon cher ami. M. Hurson , intendant de la marine , le commandant du port et tous les officiers voudraient nous y retenir tout l'hiver , qui n'en est pas un ici. Je retourne cependant demain à Marseille; peut-être reviendrai-je encore ici , d'oii je partirai pour Antibes , oii je m'embarquerai pour Gènes. Je vous écrirai des différens séjours. Nous avons partout reçu le plus grand accueil.

Hait jours après vous , nous savons tout ce qui se passe à Paris. Voilà donc M. de La ChaloUis à la Baûitille ! il n'y aura que les accusés qui sauveront leur honneur de celte effroyable affaire. J'ai le plus grand dësir que vous m'envoyiez le journal que je vous ai demandé , lorsque je serai en état de vous donner une adresse. On parle ici avec de justes éloges de M. de Montigni et de M. de Montron : je n'en suis pas surpris. Voici ma seconde letti^e (i) ; marquez-moi le nombre que vous en aurez reçu, pour^jne je sache si tout vous parvient. Je ne vous répéterai plus les com{4imens et amitiés dont je vous chargeais dans ma première : cela toit dit une fois pour toutes : f^ah et me ama,

LETTRE IL j^u même.

Gènes y le aa décembre 1766.

J Ë suis ici depuis plusieurs jours , mon cher ami , et j*en pars aujourd'hui pour Rome , oii je serai avant que vous receviez ma lettre. Vous pouvez donc m'adresser actuellement, par la voie de M. Jeannel , tout ce que vous voudrez* Mon adresse peut être indifféremment . ou chez notre ambassadeur , ou chez le directeur de la poste à Rome, au choix de M. Jeannel : je veillerai â Tun et à l'autre entrepôt. Je n*ai pu me dispenser de m'arréter ici huit fours, par l'accueil qu'on m'y a fait. Notre ministre ne voulait pas que j'eusse d'autre maison que son hôtel ; et M. de Lomellini, ancien doge y m'a reçu comme un frère. Nous avons bu ensemble k nos amis de P'aris. D'Alembert pense bien qu'il n'a pas été oublié. Faites-lui , je vous pfie, grande mention de moi , et bien des amitiés pour celle qu'il me fait lui-même de tenir notre froid registre. Ne m'oubliez pas auprès de mademoiselle Quinault , la bonne Olympe , toute votre famille et du Tartre^ qui se chargera de tous ceux de mes amis que vous ne connaissez pas. Il sait à quel degré j'en suis avec chacun.

Vous devez avoir le journal de M. de La Chalotais. Je ne vous demande point de me l'envoyer ; mais gardez-m'en un , et m'en dites votre avis et son effet. Si vous voyez actuellement sa respectable fille, mettez-moi à ses pieds. On m'avait recommandé , en partant , la prudence sur cette affaire. Mais j'ai peu de vocation pour cette vertu-là : j'ai préféré le courage de l'amitié. J'ai parlé comme je pense , à tout ce qiie j'ai rencontré , et j'ai eu la satisfaction de plaire à tous les questionneurs. Bon jour , mon cher ami. f^ale iterUin et me ama.

(i) La première nVst point parTjenuc.

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