‹ Œuvres de Dugald Stewart (volume 3)Chapitre 5 sur 19 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Influence de l'opinion de Locke concernant l'origine de nos idées y sur les recherches de plusieurs écrii^ains distingués qui lui ont succédé y et particulièrement sur celles de Berkeley et de Hume.

4c Nous ne percevons rien autre chose , dit Tévêque Berkeley, que nos perceptions et nos idées. Il est évident pour tous ceux qui jettent un coup d'œil sur les objets des connaissances humaines, que ce sont des idées ou imprimées actuellement sur les sens (i), ou perçues par une attention dirigée sur les passions ou opérations de l'esprit (2) , ou enfin , formées par le secours de la mémoire et de l'imagination , qtii compose , divise , ou représente exactement les idées ^)riginairement perçues de Tune des deux manières précédentes (3). Que sont la lumière et les couleurs, dit-il dans un autre endroit , que sont l'étendue et les figures , qu'est-ce enfin que toutes les choses que nous voyons et que nous sentons , sinon autant de sensations , de notions , d'idées et d'impressions fai-

(i) Idées de sensation, (a) Idées de réflexion.

(3) Principes des connaissances humaines , section 1 .

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tes sur les sens? Et est-il possible, même pur la pensée , d'en séparer aucune de la perception ellemême? Faire un tel essai ne serait-il pas vouloir se-, parer une chose d'elle-même ( i ) ? »

Aucune expression ne peut prouver plus clairement que , d'après l'interprétation donnée par Berkeley du langage de Locke, il pensait que son système sur l'origine de nos idées supposait nécessairement que les objets immédiats des connaissances humaines existent dans l'esprit même , et sont aussi bien une attribution directe du sens intime que nos sensations de froid et de chaud, de plaisir ou de peine.

Le grand principe de M. Hume relativement à l'origine de nos idées, principe qui, comme je l'ai déjà dit , n'est cpie celui de Locke sous une nouvelle forme, exprime la même doctrine, avec plus de concision , mais de manière à ce qu'on puisse moins s'y méprendre encore.

u Toutes nos idées ne sont que des copies de nos impressions , ou , en d'autres mots , il nous est impossible de penser à une chose que nous ne l'ayons précédemment sentie (2) , soit à l'aide de nos sens extérieurs, soit à l'aide de notre sens intime (5). »

(1) Principes des connaissances humaines , section 5,

(3) Le mot senti soit qu'on Pemploie ici dans un sens littéral

ou figuré j ne peut s'appliquer éyidemment qu'au sujet immédiat du

sens intime.

(3) De ridée de liaison nécessaire , partie 7 .

Ailleurs il dit encore : «( Rien ne peut être présent ' dans Vespritj si ce n'est une image ou une perception. Les sens sont seulement les canaux qui servent à transporter ces images sans pouvoir produire eux-t mêmes aucune communication immédiate entre l'esprit et l'objet (i). >♦

La manière dont ces ingénieux, écrivains, dans leur célèbre argument contre l'existence du monde matériel , appuient sur le mot ressemblance tel qu'il est employé par Locke pour exprimer la conformité entre nos idées des qualités premières et des archééy^es supposés , prouve qu'ils l'entendaient dans un sens littéral. Cet argument auquel Hume donne son assentiment est ainsi exprimé par Berkeley :

t( Quant aux «lens, nous n'obtenons par leur moyen que la connaissance de nos sensations , de nos idées , ou de ces choses , quel que soit leur nom, qui «ont immédiatement perçues par les sens. Mais ils ne nous informent pas qu'il existe indépendamment de l'esprit, ou sans être perçues, des choses semblables à celles qui sont perçues (2). Au contraire, comme il n'existe de notion et de pensée que dans un être pensant, il ne peut y avoir de sensation que dans un être sentant. La sensation est l'acte d'un être sentant. Son essence est d'être sentie. Bien ne peut ressembler à une sensation , qu'une

(1) EsAai sur la philosophie académique ou sceptique. (3) Principes des connaissances humaines, sect. 18.

sensation semblable dans le même esprit ou dans tout autre. Penser qu'aucune propriété d'une chose inanimée ressemble à une sensation est une absurdité et une contradiction dans les termes. »

J'ai déjà remarqué combien cette exposition de l'origine de nos idées donnée par Locke , Berkeley et Hume , était inconciliable avec quelques conclusion» auxquelles nous avions été amenés dans le commencenjient de cette discussion , les conclusions, par exemple , relatives à l'origine de nos notions sur notre propre existence et sur notre identité person^ nelle. Aucune de ces deux notions n'est dérivée immédiatement du sens intime ; elles ne sont non plus, ni l'une ni: l'autre , des copies d'aucune chose dont l'esprit humain ait jamais eu la conscience. Aussi M. Hume, conséc[uent à ses principes, a-t-il rejeté toute croyance, non-seulement à l'existence du monde matériel , mais à Tesprit humain, et à toute autre chose (jue les impressions et les idées. J'examinerai dans un autre Essai la solidité de son raisonnement sur cet article , et celle des arguments de Berkeley contre l'existence de la matière ; mais je puis afiirmer que tous deux ont procédé rigoureusement d'après la théorie de Locke. Pour le moment , je me contenterai de conclure de ce qui a été rapporté que , d'après l'interprétation la plus probable don» née par Locke lui-même de ses expressions, et d'après la signification incontestable que leur ont donnée Berkeley et Hume, son analyse de l'origine

de nos idëes revient à dire que nous n'avons pas d'autres connaissances que celles qui nous viennent à l'instant même de notre sens intime, ou ont étë amassées dans notre esprit comme une copie de choses dont nous avons eu la conscience dans c[uelque occasion précédente*

Les philosophes de toute espèce s'étant fait aujourd'hui une habitude de renvoyer constamment à la sensation et à la réflexion , comme les sources de. nos idées, et cette expression ayant été comprise d'une manière si différente, il devient essentiellement nécessaire, dans l'examen de tout système particulier, de s'assurer non-seulement dans quel sens précis l'auteur a adopté ce principe très- indéfini et très-ambigu, mais encore s'il a adhéré uniformément à cette même interprétation dans tout le cours de ses raisonnements. En considérant cette proposition sous un de ses sens , celui qui est opposé aux idées innées de Descartes , j'ai déjà dit qu'elle me paraissait exprimer une vérité d'une haute importance dans la science de l'esprit humain ; et c'est probablement sous cette acception qu'elle aura été si promptement et si généralement admise par les philosophes modernes. Le grand malheur a été que la plupart, après avoir adopté la proposition sous la forme la plus raisonnable , se sont , en étudiant ensuite les diverses applications que Locke en a faites, habitués , même à leur insu , à regarder comme une partie essentielle de cette proposition le préjugé

scolastique avec lequel elle se trouvait confondue dans son imagination, et qui, depuis lui, a contribué plus qu'aucune autre erreur à égarer ses successeurs dans leurs recherches.

Afin d'éclairer davantage encore ce sujet si abstrait, j'ajouterai, aux citations que j'ai déjà faites, deux courts extraits du docteur Hutcheson , philosophe qui n'était nullement aveugle aux défauts de Locke, mais qui adhérait implicitement à toute son opinion sur l'origine de nos idées , dans le sens le plus contestable qu'elle puisse adimettre.

u Toutes nos idées , ou tous les matériaux de notre raisonnement et de notre jugement , nous viennent 'par quelque faculté immédiate de perception intérieure ou extérieure que nous pouvons appeler sens. Le raisonnement et l'intelligence semblent ne faire naitre aucune espèce nouvelle d'idées , mais uniquement découvrir et discerner les rapports entre les idées reçues. » Hutcheson explique ensuite par un autre passage de ses ouvrages toute l'extension qu'il donnait lui-même à cette proposition. 11 y remarcpie avec beaucoup de perspicacité que « l'étendue, la figure, le mouvement et le repos semblent plus proprement des idées qui accompagnent les, sensations de la vue et du toucher , que les sensations réelles d'aucun de ces sens. » L'exception faite par Hutcheson à l'égard des idées particulières énumérées ici , offre un commentaire suffisant du sens qu'il donnait au principe de Locke dans son applica-

tion la plus générale. A en juger par la précaution et l'espèce de doute avec lesquelles il l'émet , il est {dus que probable qu'il regardait cette excepticm comme à peu près ^unique.

On aurait pu croire qu'après avoir eu le mérite de remarquer le premier cette particularité relativement à nos idées d'étendue , de figure , de mouvemeni et de repos , Hutcheson aurait été amené à conjecturer que le principe de Locke devait être entendu avec la même latitude pour les autres objets de nos connaissances ; mais je ne me rappelle rien dans ses ouvrages qui autorise à croire qu'il ait oonçu un tel doute. U ne parait pas même 4s!être aperçu de l'importance de la critique qu'il avait émise comme par hasard. Le fait est , oçmme je le ferai veir dans un autre Essai , qu'il avait découvert d'avance les exem* pies auxquels Reid en appela ensuite conmie devant lui fournir un experimentum crucis à l'appui de ses propres raisonnements contre la théorie idéale. La conclusion qui se rapporte le plus directement à notre sujet actuel est l'assertion du docteur Hutohe-^ son, assertion parfaitement conforme à la doctrine de Locke, u Toutes nos idées ou tous les matériaux v^de notre raisonnement sont reçus par certains sen^ intérieurs ou extérieurs. Le raisonnement pu l'intel-* ligence ne peuvent faire naître aucune espèce d'idées , mais uniquement discerner les rapports en^ tre les idées reçues, n

Les différentes conclusions auxquelles nous avons

FHILOSOPHI QUES . 107

été amenés dans la première partie de ce chapitre , et celles surtout qui se rapportent aux idées simples renfermées dans certains jugements intuitifs de Tesr prit^ présentent des objections insurmontables à cette assertion. Ainsi une vérité intuitivement évidente , c'est que les sensations dont j'ai maintenant kl conscience et toutes celles dont je consei^ele souvenir , appartiennent à un seul et même être , que j^appelle moi; voici un jugement intuitif qui embrasse ridée simple ô^ identité personnelle. De la . même manière , les changements dans Fétat de mon esprit , et dont j'ai la conscience , aussi bien que ceux que j'aperçois dans le monde extérieur , m'impriment la conviction que cpielque cause doit les avoir produits ; voici encore un jugement intuitif qui embrasse l'idée simple de causalité, A ces exemples en peut en ajouter plusieurs autres tirés de nos idées de temps y de nombre ^ de vérité j de certitude , de prohabilité y qui sont toutes du ressort d'un esprit , mtelligent, et prainent nécessairement naissance dans l'esprit humain quand on l'emploie à l'exercice de ses différentes facultés. Prétendre donc avec Gudworth et avec quelques philosophes grecs que la raison ou l'entendement est une source d'idées ^ nouvelles , n'est pas une manière de parler si déraisonnable qu'elle peut le paraître au premier aperçu à ceux dont l'érudition ne s'étend pas au-delà de l'Essai de Locke. Suivant le système qu'on y enseigne , les sens nous fournissent ces idées , et la raison

aperçoit leurs rapports ou diffërences ; mais la vérité est que ce que Locke appelle rapports ou différences n'est souvent rien autre chose que les idées simples qu'on ne peut soumettre à l'analyse , et qu'on doit , d'après la doctrine de Locke lui-même, rapporter à la raison (i).

Ces observations semblent justifier la remarque suivante, faite depuis long-temps par le savant et ingénieux Harris : u Quoique les objets sensibles soient le médium destiné à éveiller l'énergie , ellemême n'est pas plus contenue dans les sens que l'explosion d'un canon dans l'étincelle qui l'a produite (2). »

L'explication de la même vérité donnée par Cudworth, dans son style simple et sans ornements, à peu près un siècle plus tôt, est aussi exacte que profondément philosophique, et présente en même temps un aperçu si heureusement conçu des dons caractéristicpies ou capacités de l'intelligence humaine, en opposition avec le ministère subordonné des sens, que les impressions qu'on en retire ont quelque chose de la sublimité des plus nobles descriptions poétic[ue$. u L'esprit perçoit dans les objets i( extérieurs deux fois autant de choses que les sens u en représentent. C'est ainsi qu'un homme instruit u trouve plus de choses dans un bon livre que ne

(1) Le Di* Price fait la même observation dans sa Revue des jnrincipales questions et des difficultés, etc. p. 49. q^ éd.

(2) Hennés, Ut. ui, ch. 4.

n fai^ tin ignorant ou un sot. Aux yeux de tous deux, * u oe livre offi*e bien les mêmes caractères , mais , <( dans ces caractères , l'un découvre le ciel , la <t terre, le soleil, et les étoiles ; U y lit les théories <c les plus profondes de la Géométrie ; il y apprend « une grande quantité de nouvelles connaissances , «( et admire la sagesse de celui qui l'a écrit ; tandis « que l'autre n'y voit rien que des traits noirs trait ces sur du papier blanc (i). )»

On trouve dans les œuvres de Leibnitz divers passages tout-à-fait send)lable8 dans leur esprit à ceux que je viens de citer. Je choisis l'un de ces passages de préférence aux autres , parce qu'on y voit avec , quelle facilité et (pielle clarté il avait aperçu dans LocIlc le point vulnérable de sa philosophie, contre leqiiel sont dirigés tous les raisonnements précédents.

<( n y a , dit-il , dans l'Essai de Locke quelcpies « particularités développées avec beaucoup de bont( heur; mais, à tout prendre, il s'est largement « écarté de son but , et il n'a pas conçu une juste M idée de la nature de la vérité et de Y esprit hu- «( main, H ne semble pas non plus avoir assez comtt pris que les idées d'existence , d'identité person- <( nelle , de vérité et plusieurs autres , sont pour u ainsi dire, dans un sens, innées dans l'esprit, i( puisqu'elles sont nécessairement développées par

(i) Traité sur l'immuable Moralité, 1. iv, cb. a , p. 54 de la traduction latine de Mosbeim, in fo.

^u Fexercice des facultés. En d'autres tenne^ quand (c nous affirmons quV/ n'jr a rien dans l'intelligence <( (]ui n'ait été auparas^ant dans les sens , nous de^- « vous toujours sous-entendre , excepté l'intdli- (( gence elle-même et les idées simples , nécessaire- «c ment comprises dans l'exercice de nos opérations <( intellectuelles (i). »

En citant ces remarques sur Locke je ne voudrais pas qu'on crût que j'approuve l'emploi fait ici par Leibnitz du mot i/ziie ; je le crois exposé , à quelques ëg^ards , aux mêmes objections que les idées innées de Descartes. .

^ Dans ces deux auteurs , cette expression semble signifier non-seulement que les idées ont une existence distincte séparée de la faculté de penser, mais que quelques idées au moins forment ime partie de Yapproi^isionneinent primitif dé l'eàprit , et lui présentent des trésors de connaissances qu'il n'a qu'à examiner avec une méditation profonde pour arri-

(i) Gomme dans ce paragraphe je me suis un peu écarté de Pexpression littérale de Leibnitz afin de le faire mieux comprendre , je crois utile de donner ici le texte lui-même :

c( In Lochio sunt qucedam pariicularia non malè exposita ; « sed in summà longé aberravit à januâ, nec naiuram mentis <i V9rU(M8qu9 intellexit. Idem non saiis animadvertit ideas a entis > substantùp, univs et ejusdem, veri, boni aliasque muîr « tcts , menti nostrœ ideb innatas esse , quia ipsa innata est sibi , « et in se ipsâ hœc omnia deprehendit. Nempè , nihil est in « inteiiectu , quod non fuerit in sensu, nisi ipse intellectus, )> Tome V, p. 355. (Ed. Dutens.)

PHIIX)SOPHIQlIES. 1 1 1

Ter aux plus snblimes Tentés. La même remarque peut s'appliquer à certaines doctrines que M. Harrîs a liées aTec un passage déjà eité de son Hermès , aussi bien qu'aux spéculations du docteur Price sur l'origine de nos idées , dans sa Re^ue des prihci^ pales questions et difficultés de la morale. Ces deux philosophes profonds et de bonne foi comprenaient parfaitement bien les fonctions limitées des sens ; mais, semblables à tant d'autres écriTains, ils ont mêlé à leur exposition de ce fait important des expressions et des notions hypothétiques bien faites potir imposer à un lecteur irréfléchi , par une explication spécieuse d'un mystère placé au-d^ de la portée àe^ facultés humaines ( i ), On ne saurait trop se^ mettre en garde contre la supposition que tous «^ différents philosophes semblent aToir adoptée 4e l'existence des idées latentes dans l'esprit aTant tout exercice des sens, supposition qui rentre de fiofri près dans l'ancien système platonicpie à& la réniniscence de l'ame. Mais , quant aux arguments de V Essai sur V entendement humain qui ont engagé les partisans de Locke à ridiculiser l'expression

(i) Mon opinion Mir ce mélange de faits et d^hypothèses s'expliquera plus tard par deux citations de» notes de M. Harris , qui eut le mérite d'exposer clairement et exactement les théories des deux auteurs sans Touloir , ainsi que Pont fait leurs disciples modemea , cacher leur absurdité par une forme d'expression qui ne fait que les indiquer d'une manière indistincte et obscure à .l'imagination. Yojex ces citations , note G.

d*idees innées y ^e dois avouer que ces arguments ne me semblent pas fort concluants , surtout quand on se rappelle que Locke lui-même, aussi bien que Descartes, avait donné sa sanction expresse à la théorie idéale. Si on rejette cette théorie, et qu'on fasse du mot idée un synonyme exact de pensée ou notion, l'expression idée innée devient plus admissible ; elle revient , seulement dans une forme un peu moins claire , à la proposition suivante que j'ai moimême essayé de prouver : « Il y a beaucoup de nos <( notions les plus familières , et qu'il est impossible <( de soumettre à l'analyse , qui se rapportent à des tt choses dans lesquelles on ne peut trouver aucune « ressemblance ni avec les qualités sensibles de la u matière , ni avec les opérations mentales qui sont (( l*objet direct du sens intime. Quoique les sens u puissent suggérer les premières occasions où ces tt notions se présentent à l'entendement, on ne peut tt cependant les faire remonter à la sensation ni à la « réflexion, comme sources premières, dans l'acte ception donnée par Locke à ces mots ( i }. )»

(i) y opinion de d^Àlembert à ce sujet, quoiqu'elle ne soit pas unifonnément maintenue dans toutes ses recherches philosophiques , parait coïncider constamment avec la mienne.

(t Les idées innées , dit-il , sont une chimère que Pexpérience « réprouve; mais la manière dont nous acquérons des sensations et <i des idées réfléchies , quoique prouvée par la même expérience , M n'est pas moins incompréhensible. » (Élém. de Phil., article Métaphysique.)

On pourrait aisément montrer, d'après divers autres passages

Il importe peu de savoir Fépoqae précise à laquelle ces idées prennent naissance dans notre esprit, pourvu qu'on puisse prouver que par une loi de notre constitution elles y prennent naissance aussitôt que les occasions convenables se présentent. On peut dire la même chose de ce que Locke appelle principes pratiques innés y aussi bien que de ce que d'autres écrivains ont appelé affections innées de la nature humaine. L'existence de ces deux ordres d'idées a été affirmée par les uns et niée par les autres , 'sans qu'aucun se doutât que la discussion ne roulait sur rien autre chose que sur le sens différent d'un mot.

des écrits de d^Àlembert, que, par la manière dont nous acquérons des sensations, il veut dire ici la manière dont nous acquérons nO' fré connaissance des quaUiés premières de la matière; etqae cette chose incompréHensible à laqaeUe il fait allusion se rapporte i la difficulté de conceyoir comment les sensation^ qui sont les sujets propres du sens intime peuTent suggérer la connaissance des choses extérieures arec lesquelles elles n^ont aucune ressemblance.

Dugald Stewart. — Tome //. 8

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