IV. Du principe des phénomènes de conscience
I) resterait maintenant à examiner, si , do mèiuo qu'il y a en nous des faits d'une autre nature que les faits sensibles, il n'y aurait pas aussi en nous-une réalité d'une autre, nature que la réalité sensible , une orne , comme on dit , distincte du corps, et à laquelle il fallût rapporter tous les faits dcconscicncc comme à leur principe ou à leur sujet véritable? En d'autres tonnes, doit-on croire à un être spécial dont la sensibilité, la volonté, l'intelligence, seraient les attributs spéciaux, et qui serait distinct des réalités iiiiitéiii'llcs connue ces phénomènes le sont des phénomènes sensibles ? ou bien est-il plus à propos de penser que ces phénomènes émanent do quelque organe du corps , dont la fonction serait de les produire, comme la fonction de l'estomac est de digérer , et celle du foie de sécréter la bile ?
Assurément cette question est fort importante en elle-même ; mais quelque solution qu'où lui donne, ce que nous nous sommes proposé de prouver dans ce discours n'en restera pas moins vrai. Soit, eu euet, que l'on admette une «me, soit que l'on rapporte au cerveau, ou atout oulro organe, les phénomènes que ses partisans lui attribuent , il n'en est pas moins indispensable, si l'on veut connaître complètement la nature humaine, do faire la science des phénomènes tic conscience. Car à quelque principe que;
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l'on rattache ces phénomènes , toujours est-il qu'ils font parlie cl certainement nui; partie très-importante des phénomènes de la nature humaine; toujours csl-ïl que ces phénomènes n'étant point perceptibles à J'oIiM-rvittioti sensible , il est. nécessaire de les rechercher par l'observation interne, qui seule les atteint; toujours est-il , eu un mol, que la science do ces faits doit être élevée en même temps que la physiologie . emprunter sou secours, lui prêter la sien, afin que par leur eoncours, on tire enfin la science de l'homme des ténèbres où elle est perdue, et dans lesquels elle continuera de languir, tant qu'on ne prendra l'homme que par un coté , tant qu'on commencera par le mutiler pour le connaître.
Il n'est pas moins évident que le parti qu'on peut prendre dans celle question, n'intéresse nullement l'étude des phénomènes intérieurs, pas plus que celle des phénomènes physiologiques. Car à quelque principe que puissent se rattacher les faits de conscience, ils n'en sont pas moins ce qu'ils sont; la nature de leurs lois n'en demeure pas moins ce qu'elle est. La science de ces faits et des lois qui les gouvernent est donc parfaitement indépendante de la solution du problème dont il s'agit. On peut procéder avec la même sécurité à l'observation des uns et à la recherche des autres, soit qu'on lui donne une solution, soit qu'on le laisse indécis.
On aurait donc tort d'attaquer la certitude de la
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eerLilude de la question de leur' principe ; et de co
raient pas du même avis sur la nature <lu sujet intelligent, volontaire et sensible, il ne s'ensuivrait
la volonté. C'est dans l'intérêt de eelte vérité, et tout à la fois pour remettre à sa véritable place et ratuc-
que nous ajouterons quelque.-: considérations rapides sur le problème de la nature de l'aine.
En examinant de près les deux opinions bien connues qui partagent les esprits sur eette question . on trouve qu'elles ne sont pas si différentes qu'on le.
véritable contradiction entre 1rs métaphysiciens et les physiologistes.
Car, que jieme.nl les uiéfuphi sirieus? Ils pensent qu'il y a quelque chose dans l'homme qui a la propriété de sentir la douleur et le plaisir, et la faculté de vouloir, de connaître et de penser.
que nous n'ayons la capacité d'éprouver les uns et la faculté île produire les au ires. Seulement ils attribuent au cerveau celte capacité et cette faculté ; et pourquoi? parer qoe leurs expériences leur ont démontré que les nerfs, tp!.: sont lus conducteurs des
PUÉ FA Cl
sensations et les instruments (les perceptions et (les volontés, aboutissent au cerveau ou cil partent, et de [il iih qu'en faisant subir au cerveau certaines allérations, ou altère ou même ou suspend les diucn-iilcs propriétés ou facultés dont il s'agit.
Les Tinrl:i[i]i\ sir-îi-ns ne pouvant nier ces faits snnl obligés (le rceonnaitre , avec les physiologistes , que dans rhomme, tel qu'il est , la production des plié-
A quoi se réduit la différence? à ce que les physiologistes disent que c'est le cerveau qui est le sujet ou le principe de ces phénomènes, tandis que les métaphysiciens soutiennent que ce Sujet OU ce principe est distinct du cerveau, bien que le cerveau soit actuellement la condition iinliqiensable des modifications qu'il éprouve, cl l'instrument nécessaire des actes qu'il produit.
Les métaphvsieicns fondent leur opinion sur ce
la conscience que nous voulons, que nous pensons , que nous sentons. Ce qui a conscience est par conséquent identique et avec ce qui veut , et avec ce qui sent, et avec ce qui pense; d'où il suit que le principe qui veut, celui qui pense, et celui qui sent, ne sont qu'un seul et même principe, qui a conscience de tout ce qu'il fait et de tout ce qu'il éprouve.
Non-seulement la conscience atteste que c'est le
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même principe qui veut, nui sent et qui pensa, maïs elle atteste encore, et toute l.i conduite tic l'homme le prouve, qu'il n'y a pas en nous vingt principes qui veuillent, sentent et pensent, lille n'a le sentiment que d'un seul.
Le sujet îles faits de conscience est donc nun-seulement simple, il est encore unique.
S'il est simple et unique , il ne peut être la matière ecrébndc . car elle est composée d'une infinité de parties ; si ces parties étaient douées chacune de volonté , de sensibilité et d'intelligence, il y aurait aillant de principes volontaires, sensibles et. iulelli;;enl.s qu'il y a de ces parties; ce qui est contraire nonseulement à lit Conscience mais à iouto la conduite de l'homme. S'il n'y n qu'une de ces parties qui en soit limier, cette partie n'est plus identique aux autres; c'est véritablement un être d'une autre nature, résidant dans la matière cérébrale, mais qui n'est pas la matière cérébrale.
D'où les métaphysiciens concluent que le principe îles faits dr cniisi'ionce peut bien être dans le cerveau, mats ne petit pas être le cerveau.
Mais les physiologistes ont trop tic bon sens pour croire que la matière Idanclie ou jrrise du cerveau soit composée dr' nmllécides pensantes . voulantes et. sentantes. Ils considèrent ces dillcrcnlcs parties du cerveau connue composant, pur leur agencement , un organe unique qui jouit de di lié mu es propriétés qui sont les siennes , et nun celles des parties qui le
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composent . tout de même que les parties qui composent l'estomac forment . par leur arrangement , un organe qui a lii propriété île di;;tTcr , sans que ces parties aient elles-mêmes celle propriété.
Tout en rapportant au cerveau les faits de conscience, ils reconnaissent dune, comme les métaphysiciens, un principe unique qui seul, veut et pense. Les inélnpuyiieicns cl les physiologistes sont donc parfaitement d'accord sur tous les points , excepté sur un seul ; c'est i|ue ccui-ci prétendent que ce principe, sur l'imité et les propriétés duquel ils s' entendent très-Lien, est un organe, le cerveau ; tandis que les luélaphvsicietii [n'étendent que ce principe n'est point le cerveau, qu'il eti est distinct, Lien qu'il y ail prohahlcmcut son siège , et que eet organe soit certainement son instrument.
IXous ne nions point que ces deui opinions n'aient, des conséquences différente»! car l'organe se dissolvant, connue il est de fuit qu'il se dissout à In mort , le principe péril, tandis qu'il peut ne pas périr s'il en est distinct. Nous n'examinerons pas mémo poulie moment laquelle de ces deux opinions est la plus intelligible.
Maïs nous ferons oLscrver que les inétapliysieiens et les pLysiologistcs sont parfaitement d'accord sur tout ce qui est d'observation. Les premiers ne disconviennent d'aucun des faits sensiLles constatés par les seconds, eteeux-ci ne rejettent aucun des faits de conscience mis en avant par les premiers. Portant
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do ces faits communs , ils s'accordent encore sur tout ce qu'il est possible d'en induire de certain, relativement au principe des phénomènes de conscience. Ils conviennent de part et d'autre qu'il doit être capable de sentir, de vouloir, de penser; qu'il doit être simple, qu'il est unique; les faits exigent qu'on le revête de tous ces attributs ; personne ne les lui eonteste.
Où commence la dissidence? au-delà des faits, audelà des inductions rigoureuses de ces faits, au point où commencent les hypothèses. Car ies physiologistes n'ont jamais vu et ne pourront jamais voir si c'est le cerveau lui-même qui sent, veut et pense; et, en second lieu, toutes leurs expériences, sur la liaison qui existe entre cet organe et les pliémimèjit;s de conscience, peuvent aussi bien s'expliquer dans la supposition que le cerveau n'est, comme les nerfs, qu'un intermédiaire entre le principe volontaire, intelligent et sensible, et les choses extérieures, que dans la supposition qu'il est lui-même ce principe. D'où il suit que cette dernière assertion est purement hypothétique.
Il est possible, d'un autre côfé , qu'on puisse trouver dans une connaissance plus étendue et pluâ profonde des faits de conscience des raisons démonstratives en faveur de l'opinion qui les rapporte à un principe distinct de l'organe cérébral , ou qu'en examinant de près l'hypothèse des physiologistes, on puisse la réduire à l'absurde ; nous avons même des
Dugald Stewart. — Tome I. 7
PREFACE
motifs particuliers de lu croire : mais , jusqu'ici, un est forcé de convenir que rien de complètement décisif n'n été produit ; autrement les physiologistes se seraient vendus à l'évidence , comme ils se sont rendus à l'évidence des autres faits de conscience dont^ ils conviennent, et la question n'en serait plus une. L'opinion qui attribue les faits de conscience à un principe distinct de tout organe corporel , peut donc aussi , jusqu'à présent, être considérée comme une hypothèse.
Les métaphysiciens et les physiologistes sont donc d'accord , autant qu'on peut exiger qu'ils le soient , dans l'état actuel do la science. Us conviennent de ce qui est certain ; sur le reste il était tout simple qu'ils se divisassent. Les uns, accoutumés à considérer comme une vérité démontrée l'identité des organes et des causes , et à rapporter chaque phénomène à la partie du corps affectée à sa production , ne devaient pas faire une exception pour les phénomènes de conscience , malgré leur uaturo spéciale : et les autres, ne trouvant ni organe ni condition matérielle dans le spectacle de la conscience, devaient naturellement attribuer les faits immatériels qu'ds observaient à un principe de même nature.
La diversité de sentiments dus métaphysiciens et et des physiologistes, sur le principe des phénomènes de conscience , est donc toute naturelle. Nous désirerions , seulement pour le bien do la science , qu'ils ne fussent point dupes de leurs opinions , et qu'ils
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ne prissent point de simples suppositions pour des vérifia incontestables. C'est pourquoi noua sommes fâchés que M. Magendie ait éeril eette phrase : u Le i! physiologiste reçoit de la religion la croyance conu solatrice de l'existence de l'une ; mais la sévérité » de langage et de logique que comporte maintenant a la science, exige que nous traitions de l'inteUiii gence humaine comme si elle était le résultat d'un " organe (i).n Pour que In se vente do logique que
i'inu|i[irte la scîi-nee i iij;càt parr;lle i hiue, il fau-
drait, ce nous semble , ou que In produi iiou des
plu-i l'or-, inii'lli'ciiii'ls par nu organe no fût pas
une > | ■ : ■ . nu , tout au moins , qu'elle fût une hypothèse plu> cljire , plus vraisemblable, plus tonforme aux faits que la supposition contraire. Or, sans vouloir entrer ici dans le fond do la question , nous ne croyons pas que l'on pniaso contester les vérités suivantes :
1° Attribuer à un appareil organique quelconque la vertu de produire certains phénomènes , c'est lui attribuer une faculté que nous ne découvrons pas en lui , et que nous ne saurions y découvrir. Nous voyons bien, pat l'expérience, qu'il y a une dépendance entre l'appareil organique et la production du phénomène; mais, comme cette dépendance existerait également si cet appareil, au lieu d'être le principe de cette production , n'en était que l'uislru-
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ment, il cal impossible d'assigner une raison de préférer la première supposiliou à la seconde. L'opinion qui identifie la cause d'un phénomène avec son organe n'est donc qu'une explication arbitraire qu'on peut à volonté rejeter ou admettre ; loin d'être prouvée pour le cerveau , elle ne l'est pour aucun organe du corps humain.
S° L'observation ne découvre dans le cerveau, comme dans tout autre organe , qu'un amas de particules matérielles, arrangées d'une certaine manière. Comment cet amas do pnrtieulcs matérielles est-il capable de produire quelque chose ? c'est ce que les physiologistes ne comprennent pas du tout; ils ont une idée de l'appareil organique, ils n'en ont aucune de sa vertu productive. Le mot organe, employé pour designer la cause do certains phénomènes , ne laisse donc pas dans l'esprit une idéo plus nette de cette cause qne le mot ame ; ce sont dcui mots employés pour désigner une cause inconnue, qu'ils n'expliquent pas plus l'un que l'autre. Dire que l'appareil organique a la vertu de produire certains phénomènes, ou dire que cette vertu appartient à un principe distinct de l'appareil , revient donc au même pour la clarté.
3° La manière dont nous nous servons de divers instruments pour produire certains résultats , ou dont nous appliquons à certaines machines, comme un moulin ou un métier à filer, certaines forces naturelles, comme l'eau, le vent, ou la vapeur, nous
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aide à concevoir l'hypothèse d'une force servie par des organes. Tandis que noua ne concevons pas du tout comment des parties matérielles qui n'ont par elles-mêmes, ni In propriété de digérer, ni celle de penser, peuvent constituer, par leur réunion seule et le mode de leur arrangement, des forces digestives et pensantes. Hypothèse pour hypothèse, celle de la distinction de In cause et de l'organe est donc In plus intelligible.
&° Comme il est démontré que les organes des sens et les nerfs sont indispensables n la perception
et à la sensalinn . et ne sont répondant que des instruments qui ne sentent pas et ne connaissent pas , et d'aulre pari . que les nerfs. 1r s muselés et les membres sont égaleuieul indispensables à la production des mouvements volontaires , et cependant ne sont aussi que des instruments impuissants par eux-mêmes, il nuuscstfarilede concevoir par analogie, nue le cerveau . tout indispensable qu'il su il à la perception , à la sensation, au mouvement volontaire, n'est lui-même qu'un autre instrument, une autre condition de la production de ces phénomènes. Tous les raisonnements qu'on fait pour prouver que le cerveau est le principe des mouvements volontaires , le sujet de lasensalïun et de rinlelligonre , élan! (oncles sur ce que le cerveau est indispensable à la production de ces phéunmèues, et sur ce qu'on altère ces phénomènes en ahéiant eet organe, pourraient s'appliquer avec la même rigueur aux nerfs, auxmus-
PRÉFACE
des, aux membres, aux organes des sens. Ces rai-
cerveau, puisqu'ils ne lo sont pas pour toutes ces parties du corps. Si l'un n'u pus de peùiû à comprendre 1 1 1 il.- ces jiiinii's soient (1rs instruments, on n'en peut avoir à cnnceioir que le cerve;\u en soit un, tandis qu'on eu a beaucoup à si: figurer qu'il soit une cause. Dans celle application, l'hypothèse ili; la
di-li action ad ■ sur l'autre uni' supériorité tU; i-lai-tJ
pa ilieulièrentei il rei ua rq oabl e .
B° On parvieut . par diiléiciitr-. altérai ions au cerveau, à nous enlever, l'une après l'autre, toutes nos sensations . toutes nos perceptinus, tous nos mouvements volontaires. et mente la direction du mouvement. Certaines maladies produisent les mêmes effets, liais aucune maladif . au eu ne opéra lion , n'est encore parvenue à supprimer en nous la volonté. Ci. 'la sVxpliipa.' (i'es-l)ien dans I'Ily polluée, des métaplu si lieu s . mais non dans colle de» physielo;;isi .'s. D'une part, les sensations et les pcrrcpt.ions nous viennent du dehors : si l'en supprime les intermédiaire», on doit les intercepte]' ; d'antre part, pnur c\é-
cuter et diriger les mouvements volontaires, il faut des instruments, et des instruments dociles, qui ne soient pas dé.-(in;anisés ; mais pour i on loir il ne faut rien, et si le principe volontaire est distinct du cerveau , aucune opération sur lu cerveau ne doit aïoir l'efiet de l'abolir en nous. Qnc si , au contraire , l'orjpme lui-même estle principe vulnntaire , en altérant
nu TR ADDCÏEI 7R .
l'organe on doit altérer ou supprimer !a faculté volontaire, et il serait étonnant qu'aucune maladie, aucune opération, n'eût encoro produit ce résultat. Cette observation suffit pour montrer que, dans son application au cerveau, l'hypothèse .des physiologistes n'est pas même la plus vraisemblable (i).
D'après tout ce qui précède, il nous semble que la rigueur scientifique n'exigeait point du tout que M, Magendie considérât les phénomènes de l'intelligence comme les résultats d'un organe.
Elle l'exigeait d'autant moins , qu'avant d'écrire la phrase que nous avons citée, l'habile physiologiste Tenait d'écrire la suivante : « L'intelligence de " l'homme se compose de phénomènes tellement . « différents de tout ce que présente d'ailleurs la naît ture qu'on les rapporte à un être particulier que ii l'on regarde comme une émanation divine, et u dont le premier attrïlmt est l'immortalité. :> Ce que l'auteur, dans rette phrase , nMiniic îles phénomènes de l'intelligence , est également vrai de ceux de la volonté, de ccu\ de la sensibilité, et de tous les faits de
!■■ un- ■ ■«■ phHi | [■]■■
nient dépourvus des attributs qui distinguent lesphénoraènes matériels, et qui les rendent percepiihles aux sens. Or, cette différence do nature admise
(i) Plusïeun antics faits phjsiologlqîicB confirment ce que nom
i'Iiéfack
enlre les faits de conscience et lei faits sensibles , nous
ne voyons pas pourquoi la sévérité de logique que la science eomporle, o\ij;e si îin (j< 't'iousi'inpiit que l'on rapporte à de* j i ■ i | m : s Ji' même nature oei faits Je natures Ji (lé rentes. S'il n'y a rien île commun entre le phénomène Je lu digestion et relui de In pensée, en supposant qu'il soit |iroitvé que le premier dérive d'un orjyaue matériel, s'eiisiiil-il nécessairement que le seuoud en dérive aussi? La logique qui a de pareilles exigences n'est eu vérité pas Je notre connaisannée. Celle que nous connaissons \ erra il plutôt dans la différence absolue des phénomènes, non pas une raison de croire, mais linmotif très -fort de présnmer ipi'ilsdénvrnt de pvinei |ies dillrrents : rOl. Afajjoudiu
de la lo;;ique iirdiiiairt: . puisqu'il avoue que c'est In nature particulière des phénomènes de l'intelligence qui les njttit rapporter à un cltv /Hirliculiïr distinct des iiri;.ni es enï'pi irels. \ aurait -il donc deuv l iniques , ou notre célèbre physiologiste aurail-il par-Jevcr» lui de bonnes raisons de prnsor que l'induction la moins naturelle est rcpoudanl la plus vraie'.' s'il en a. nous neeruyouspas qu'il les aïf énoncées dans son ouvrage.
Nous prions, du reste, qu'on ne voie dans ee que nous venons do dire, aucune autre intention que celle de montrer combien la question du principe, des phénomènes intérieurs est encore scientifiquement indécise; quelle que soit l'opinion qu'on préfère sur celle question , c'est mi point sur lequel les
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métaphysiciens cl les physiologistes devraient nu moins s'accorder. Il en est un second qui devrait pareillement les réunir, c'est qu'elle restera indécise tant que les connaissances sur la nature humaine demeureront où elles en sont ; car il n'y a de débat que sur les choses qu'on ignore.
D'où viendra donc la lumière ? Où faut-il la chercher? Dans l'observation plus approfondie des phénomènes de la nature humaine, et particulièrement dans l'étude trop peu avancée, el Fort né>;li;;i''é. jusqu'ici, des faits de conscience.
Nous n'avons aucune envie de rabaisser l'importance et l'utilité du la physiologie ; ses recherches sont du plus grand intérêt, et sans la connaissance des faits qu'elle constate , la science de l'homme ne serait jamais qu'une image infidèle et mutilée. Mais enfin la physiologie n'embrasse pas tout l'homme dans ses i-crherchos; elle a sa compétence, et il est tout simple que Cette Compétence n'embrasse pas toutes les questions. Or, il nous semble que , dans le problème dont nous nous occupons , si ses informations sont utiles . il n'est pas naturel d'en espérer autant de lumières que do la science des faits internes.
Car . enfin . de quoi s'a;;ii-il '.'île de Terminer la nature du principe , ou du sujet de ces laits. Or, où le bon sens indiqoe-l.-il qu'il l'aille chercher des rensi'igneineuls sur ce principe? n'est-ce pas dans l'élude des phénomène* qui en dérivent ? Si c'est PéHet
PRÉFACE
qui nous révèle h canse, n'est-ce point ù la nature des effets , à leurs luis , qu'il faut demander l;i nature et les li>is de lit cause ? N'est-il pas absurde d'intcry roger exclusivement la physiologie sur le principe de phénomènes dunl elle ne s'occupe pas, et de chercher, parla seule observation sensible, bi nature d'une cause dont les effets lui échappent? M. Mngendic regrette que In physiologie n'ait point encore embrassé les problèmes de l'idéologie ; il désespère île celte dernière science, tant que les physiologistes ne daigneront pas s'en occuper. Mais n'y a-t-il pas une méprise dans cette vue charitable ? Sans doute il serait à souhaiter, que la science des faits de conscience fût cultivée avec la même ardeur et les mêmes méthodes que celle des phénomènes de la vie; mais, à moins que les physiologistes n'abandonnent le scalpel et le microscope pour la conscience , ils ne découvriront pas les lois des faits internes: et le jour où ils les abandonneront , ils cesseront detre physiologistes. Assurément encore nons désirons que les ;.■ ... !. ... i, . soient en mèine temps métaphysiciens , et réciproquement ; rW nuire »icu le plus ardcul, et le miens entendu qu'on puisse former dans les intérêts de la science de l'homme ; mais celle alliance de la physiologie cl de la métaphysique ne confondra pas leur* attribution»; il y aura toujours dans la nature humaine deux ordres do buts, qu'il faudra toujours observer de deux manières différentes , cl dont l'élude restera toujours
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distincte dans la science de l'homme. Il y aura toujours, par e on s tique nt , certaines questions qui se rattacheront à l'étude des faits de conscienco plus pnniculi ère ment, qn'n celle des faits physiologiques , et de ce nombre sera toujours la question du principe des faits de conscience.
Il est donc évident que si l'on peut parvenir à résoudre cette question , la science des faits de conscience est la route ; inuis il ne l'est pas moins que , dans l'étal actuel de cette science . celle question est prématurée.
Il faut donc laisser dormir encore quelque temps ce problème très-ultérieur de sa nature, qui a de l'importance relativement à notre immortalité , mais qui [l'iitléivnse nullement iVludi! tic* faits internes; la science n'est pas en mesure pour l'aborder. Il n'y a jusqu'ici qu'une chose démontrée, et dont conviennent les deux partis, c'est queles phénomènes de conscience sont d'une nature à part, et ne ressemblent nullement aus autres phénomènes de l'humaine organisation. Insaisissables ù l'observation sensible et perçus d'une autre manière , ils il un eut devenir l'objet d'une science spéciale, qui formera une des divisions de la science de l'homme. Celte science des faits de conscience, distincte de la physiologie par son instrument et sou objet, doit porter un nom qui exprime et constate cette différence. Celui à'ûleologie est trop étroit ; car il ne désigne que la science d'une partie des faits internes.. Celui
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do psychologie , consacré par I'nsngc : nous parait préférable , car il désigne les faits dont la science s'occupe, par leur caractère le plus populaire, qui est d'être attribues à l'amc; et comme le principe de ces phénomènes est encore indéterminé, il importe fort peu qu'on l'appelle aine ou. autrement : le mot ne préjuge rien sur la question, même dans l'opinion publique , qui sait bien que c'est une question. Nous nous en tenons donc à cette dénomination , désirant qu'elle représente bientôt uneseience aussi cultivée , et d'une manière aussi méthodique i-t aussi ri;;(Hin.'".'i' . (pie la physiologie sa sœur.