XV
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blc; et il ne manquerait pas d'hommes médians , qui vous accableraient de propos malins, et d'absurdes mëdisances, si vous continuiez à rester chez moi. Je vous le répète , la méchanceté exercerait ses fureurs encore plus sur vous que sur moi; c'est pourquoi il vous faut , mon cher monsieur Eugène , quitter ma maison. Du reste, je vous soutiendrai dans votre carrière comme si vous étiez mon propre fils; quand même mon mari ne m'en eûtpasimposé le devoir.— Vous et Marguerite, vous êtes et vous continuerez d'être mes enfans.
Eugène était stupéfait ; il ne pouvait comprendre comment il pouvait exciter quelque scandale en conti* nuant d'habiter la maison de la vieille femme; et comment cela pouvait donner matière à des propos malicieux. Mais, la ferme résolution de
la femme du professeur de lui faire quitter Thabitation qui était le cercle de toute sa vie, le centre de tous ses plaisirs; la pensée d'être forcé de se séparer de ses chères fleurs qu'il avait élevées et entretenues , lui causèrent une vive douleur.
Eugène était du nombre de ces hommes simples, qui se contentent d'un peu de liberté, qui cherchent et trouvent dans la science ou dans Fart qui est devenu la propriété de leur esprit , le seul et le plus beau but de tous leurs efforts; et auxquels la petite étendue de terrain où ils virent le jour, paraît un fonds fertile dans le désert immense et inhospitalier où vivent les autres hommes; cette vie leur est si étrangère qu'ils croient ne pouvoir s'y hasarder sans courir de grands périls. On sait que des hommes de celte trempe restent
toujours en fans sous un certain rapport ; qu'ils sont maladroits, gauches et timides , et qu'ils se présentent toujours enveloppes du manteau du pëdantisme de leur science ou de leur art. Ils prêtent donc facilement à la plaisanterie, et la suffisance , sûre d'une victoire facile, ne man(]ue jamais d'en faire sa proie. Mais, ces hommes sont souvent animes du feu sacre des connaissances supérieures. Etrangers qu'ils sont restés au mouvement et au tumulte de la vie, l'occupation à laquelle ils se sont livrés avec amour et avec piété, est le médiateur entre eux et la puissance éternelle, principe de tout être; et leur vie tranquille et innocente est un culte continuel dans le temple éternel de l'esprit du monde. — Tel était Eugène !
Dès qu'Eugène fut revenu de son
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trouble, et qu'il put articuler quelques paroles , il assura , avec une vivacité qui n'entrait pas dans son caractère, que, s'il était obligé de quitter la maison du professeur, sa carrière serait terminée ici-bas; et que, chassé de sa demeure, il ne pourrait plus trouver le repos et le contentement. Il conjura là femme du professeur, dans les termes les plus touchans , de ne pas reléguer celui qu'elle avait adopté pour son iils dans la solitude effrayante que lui offrirait tout autre lieu, quelque agréable qu'il fut.
La femme du professeur sembla hésiter.
— Eugène, dit-elle enfin, il y a un moyen de vous conserver ici dans les mêmes rapports qui ont existé
entre nous jusqu'à présent c'est
de devenir mon mari!
Eugène la regardait avec étonnement , mais elle continua :
— Vous ne connaissez pas du tout les relations de la vie; et vous n'apprendrez peut-être pasdesitôt, et peut-être jamais, à vous y conformer. Dans le cercle le plus étroit de la vie même , vous avez besoin de quelqu'un qui se charge du fardeau de pourvoir à vos besoins quotidiens, qui ait pour vous les plus petits soins, afin que vous puissiez vous livrer entièrement à vos occupations, et vivre libre de toute inquiétude , uniquement pour la science. Mais, personne n'est plus en état de vous rendre ces services qu'une tendre mère qui vous aime ; je serai et je resterai votre mère dans toute la force du mot , quand même le monde m'appellerait votre femme — Certes, l'idée de vous marier ne vous est pas encore entrée dans Tes
prit , cher Eugène ; vous ne devez pas même y réfléchir plus long-temps; puisque , après que la bénédiction nous aura unis, rien ne sera changé , sous aucun rapport, dans nos relations, vsi ce n'est que cette bénédiction me donnera, au pied des autels, les droits sacrés de votre mère, et à vous ceux de mon fils. C'est avec une tranquillité d'autant plus grande que j'osais vous faire, cher Eugène, la proposition qui aurait paru très-singulière à bien des mondains ; puisque je suis persuadée que si vous y accédez , rien ne sera changé dans notre manière de vivre Tout ce que le monde désire pour rendre une femme heureuse, doit vous rester et vous res* tera étranger; les contraintes de la vie, les désagrémens qui résultent de tant de prétentions dont vous seriez tourmenté , détruiraient facile-
ment toutes vos illusions , et vou5 feraient sentir plus vivement tout le chagrin , tous les besoins et toutes les incommodités réellesquienrésultent.
C'est pourquoi là mère peut et ose prendre la place de Tëpouse.
Margurite entra avec le châle qu'elle présenta à la femme du professeur.
— Je ne veux pas du tout que vous preniez une résolution prompte, mon cher ami! — IMe vous décidez qu'après avoir mûrement réfiéchi. — Je ne vous demande pas une réponse aujourd'hui ; c'est une vieille et bonne maxime, qu'il faut remettre ses résolutions au lendemain.
A ces mots, la bonne dame Hcims sortit de la serre , et emmena avec elle la petite Marguerite,
J^a femme du professeur avait raison ; Eugène n'avait jamais pensé
au mariage ; et la proposition qu'on venait de lui faire ne l'avait troublé que parce que tout à coup Timage d'une vie nouvelle se présentait à ses yeux. Après avoir mûrement réfléchi à celte affaire, il ne trouva rien de plus beau et de plus heureux pour lui que de voir l'église bénir une union qui lui acquérait une mère et les droits sacrés de fils.
Il aurait volontiers fait connaître sa résolution à la vieille dame; mais , comme elle lui avait ordonné le silence jusqu'au lendemain , il devait le garder , quoique son regard , son maintien , son contentement, en un mot tout son être semblaient révéler à la vieille ce qui se passait en lui.
Mais, comme il réfléchissait à sa nouvelle et bizarre position , il tomba tout à coup dans un état d'assoupis-
sèment voisin du sommeil, et il lui sembla alors qu'une image brillante, dont les formes étaient depuis long-tems effacées de sa mémoire, vint lui apparaître. Vers l'époque où il alla demeurer comme secrétaire chez le professeur HelmvS, une petite nièce du professeur venait souvent visiter son grand-oncle; c'était une jeune fille jolie et aimable, mais qui excita si peu l'attention d'Eugène, qu'il se souvenait à peine d'elle, lorsqu'après avoir cessé de paraître pendant quelque temps chez son oncle , on annonça tout à coup qu'elle allait revenir pour épouser un jeune docteur de l'endroit. Au temps où elle revint, et où l'on devait célébrer son mariage avec le jeune docteur, le pauvre Helms était malade, et gardait la chambre. La pieuse enfant promit à son oncle de venir le trouver avec son
mari immédiatement après les fiançailles, afin de recevoir de ses respectables parens leur bénédiction. 11 arriva qu'Eugène entra dans la chambre dans le moment même où le couple était agenouillé devant l'autel.
Ce n'était plus cette jeune fille , cette nièce qu'il avait vue autrefois si souvent dans la maison du professeur ; elle lui parut être un tout autre être, un être supérieur. Elle était, rcvêtued'une robe desatinblanc, qui dessinait admirablement sa taille svelte, et quidescendait en largcsplis sur ses jambes. Des dentelles précieuses laissaient entrevoir son sein d'albâtre, et une guirlande de myrthe ornait les tresses de ses beaux cheveux châtains. Une douce et pieuse inspiralion animait son visage ; toutes les grâces du ciel paraissaient répandues sur elle. Le vieil Ilelms pressa la jeune
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mariée sur son cœur ; sa femme , après en avoir fait autant, la conduisit au marié, qui la serra dans ses bras avec l'ardeur du plus grand ravissement.
Eugène , que personne ne remarqua et auquel personne ne faisait attention , ne savait plus ce qui se passait en lui. Un froid glacial et une chaleur brûlante s'emparèrent alternativement de ses membres; une douleur inexprimable fendit son cœur; et cependant , il lui semblait qu'il n'avait jamais été plus heureux. — Si ia jeune mariée s'approchait à présent de toi , si tu la pressais aussi à ton tour contre ton cœur!
— Cette pensée, qui l'agita subitement comme un coup électrique, lui parut une témérité monstrueuse.
Une crainte inexprimable , n'était que le désir ardent du bonheur qui
le jeta dans ranéanlissement le plus douloureux.
Le professeur qui venait de l'apercevoir, lui parla ainsi ; — Eh bien , M. Eugène , voilà notre heureux couple. — Il convient que vous félicitiez ma femme , reprit le docteur.
— Eugène n'était pas capable de profe'rer une parole ; la jeune mariée s'approcha de lui, lui tendit la main avec l'amabilité la plus gracieuse , et Eugène la pressa sur ses lèvres sans trop savoir ce qu'il faisait. Mais alors il perdit presque connaissance ; il eut de la peine à se tenir debout, il n'entendit pas un mot de ce que lui disait la jeune mariée ; il ne revint à lui que long-temps après que le jeune couple eût quitté la chambre , et que le professeur lui eût reproché un peu la timidité inconcevable qui le rendait semblable à un être inanimé , inca-
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pable (le prendre part à ce qui se passe autour de lui.
Il est très -extraordinaire qu'Eugène , qui avait été tellement agité par cette aventure pendant plusieurs jours, au point de ressembler à un homme endormi , n'en conserva de souvenirque dans le délire dusomn^eil.
L'image de la jeune mariée , bel'e comme un ange , telle qu'il l'avcit vue dans l'appartement du professeur Helms , s'était présentée à ses yeux ; tous les sentimens, tout le plaisir et toute la douleur qu'il avait éprouvés dans ce moment, l'agitèrent de nouveau. Mais il lui semblait qu'il était l'heureux époux , et que la belle mariée étendait ses bras pour l'embrasser et le presser contre son cœur. Et au moment où son ravissement était au comble , il voulut se précipiter sur elle; mais il se sentit enchaîné, et
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une voix lui criait : — Insensé , que veux-tu faire , lu ne t'appartiens plus , tu as vendu ta jeunesse; le printemps de l'amour et du plaisir est détruit pour toi, car tu es engourdi comme un vieillard dans les bras d'un hiver glacial ! — Il poussa un cri de frayeur, il s'éveilla et le songe disparut ; mais il lui semblait encore voir la mariée , et derrière lui, la vieille femme du professeur s'efforçant de lui fermer les yeux avec ses doigts de glace , pour Tempêcher de la voir. Vas, s'écria-t-il , vas , ma jeunesse n'est pas encore vendue , je ne suis pas encore engourdi dans tes bras glacés î — Une horreur profonde pour son mariage avec la vieille femme du professeur se manifesta en lui avec force.
Le lendemain, Eugène parut trcsaccablé; la femme du professeur s'in-
forma beaucoup de sa santé; el comme il se plaignait de maux de tête et de fatigues, elle lui prépara une potion tonique, le soigna et le dorlota comme un enfant gâté et malade.
Eugène se dit à lui-même : — Récompenserai-je cet amour maternel et cette fidélité par l'ingratitude la plus noire? me séparerai-je d'elle, de mes plaisirs , de toute ma vie, pour poursuivre une folle illusion ?
et cela pour un songe , qui ne peut jamais se réaliser, qui est peut-être une tentation de Satan , pour me précipiter dans la perdition après m'avoir aveuglé par ses désirs sensuels? Y a-t-il encore à réfléchir?
Non, ma résolution est inébranlable.
Le même soir la femme du professeur, âgée de soixante ans, devint réponse du jeune Eugène , qui n'était encore qu'un étudiant.
GHAPITBE II.
Manière de voir d'un Jeune homme prudent, sur la vie. — La malëdiction des hommes ridicules. -^ Le duel pour la marlëe. — Sére'nade manquee et mariage accompli. — Mimosa pudica.
Eugène était justement occupé à arranger quelques plantes , lorsque Sévère , le seul ami avec lequel il eix^ tretenait des relations, à la vérité
peu fréquentes , entra. Mais , dès que Sévère aperçut Eugène absorbé par son travail , il s'arrêta , et partit ensuite d'un grand éclat de rire.
Tout autre , moins impressionable par tout ce qui est bizarre que le jovial Sévère, en eût fait autant.
La vieille femme du professeur avait donné à son nouvel époux la garde-robe du défunt, et avait même manifesté le désir qu'Eugène fît au moins usage des vêtemens que le professeur avait coutume de porter le matin , s'il ne voulait pas sortir avec les habits à la vieille mode.
Dans ce moment, Eugène était
revêtu de la robe de chambre du
^ofesseur, beaucoup trop ample pour
lui, et faite d'une toile d'indienne
parsemée des fleurs les plus variées; coiffé d'un grand bonnet de la même étoffe, sur le devant duquel brillait un liliimi hulhifcrum. Cet accoutrement lui donnait l'air d'un prince
ensorcelé.
— Que Dieu me protège , s'écria Sévère après s'être remis de son rire, je crois qu'il y a des revenans dans cette maison , et que feu monsieur le professeur est sorti de la tombe pour se promener au milieu de ses fleurs.
— Dis-moi, Eugène, pourquoi t'estu masqué de la sorte ?
Eugène l'assura qu'il ne trouvait rien de bizarre dans ce vêtement , que la femme du professeur, vu les nouvelles relations qu'il avait avec elle, lui avait permis de porter les robes de chambre de son mari défunt; que d'ailleurs cet habillement était trcs-commodc , et fait d'une
étoffe si précieuse qu'il serait impossible de trouver la pareille dans tout l'univers. — Toutes les fleurs et les plantes qui s'y trouvent peintes sont imitées d'après nature ; et parmi les coiffes de nuit , il y en a quelquesunes, dit Eugène, qui sont un herbier viçant) mais je ne les mettrai par vénération qu'à certains jours de fête.
Cet habillement surtout est très-beau et très-remarquable, en ce que feu le professeur a noté de sa propre main avec de l'encre indélébile , le nom de chaque fleur, de chaque herbe, comme vous pouvez le voir, mon cher Sévère, en examinant de près la robe de chambre et la coiffe; une telle robe peut servir de manuel à un élève avide de science.
Sévère prit la coiffe qu'Eugène lui présenta, et y lut une quantité de noms qui y étaient écrit très-propre-
ment et très - lisiblement ; comme lilium bulbiferum , pilcairnia angus" tifolia , cynoglossum omphalodes , daphne megereuTn, gloxinia maculata, etc. Sévère allait éclater de rire de nouveau ; cependant il devint tout à coup très-serieux, regarda son ami, et lui dit : — Eugène! serait-il possible! serait-il vrai? — Non, ce ne peut être qu'un bruit absurde et ridicule , que les mauvaises langues répandent sur ton compte et sur celui de la vieille femme du professeur. — Ris donc Eugène , ris bien fort ; on dit que tu vas épouser cette vieille ?
Eugène fut un peu décontenancé; mais, il l'assura, en baissant les yeux, que tout ce qu'on disait était l'exacte vérité.
— Le ciel m'a donc conduit ici à pro* pos pour t'arracher à ta perte , s'é-
cria Sévère! Parle, quelle clémence s'est emparée de toi, pour l'engager à te vendre dans la plus belle saison de la vie, etcelapour un vil métal? — Sévère bouillonnaitde colère, c'était son habitude en pareille occasion; il s'échauffa toujours de plus en plus, et finit par maudire la femme du professeur et Eugène; il voulait ajouter encore quelque&juremens d'étudians, lorsqu'enfm Eugène parvint , non sans peine , à le calmer et à l'engager à l'écouter. Les emporlemens de Sévère avaient remis Eugène , qui commençait à perdre contenance. Il expliqua tranquillement et nettement toute l'affaire ; il ne dissimula pas comment tout s'était arrangé, et termina en le priant de lui exposer les doutes qu'il avait sur le résultat de son alliance avec la femme du professeur.
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— Pauvre ami , dit Sévère qui était tout à fait remis , pauvre ami , dans quel abîme de discorde t'es-tu précipité! — Cependant je réussirai peut-être à te tirer d'embarras, et lorsque tu seras délivré des liens qui t'enchaînent, tu sentiras le prix de la liberté. — Il faut partir d'ici! — Jamais, s'écria Eugène, ma résolution est invariable. Tu es un homme pervers, si tu peux douter de la bonté et de l'amour maternel de la plus digne des femmes pour moi qui serai toujours un enfant pour elle.
— Ecoute, dit Sévère, tu te donnes à toi-même le nom d'enfanl ; et tu Tes réellement; c'est ce qui-4ne donne, à moi qui connais le monde , cette supériorité que mon âge me ferait refuser, puisque je n'ai que quel(iuos mois de plus que
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toi. Tu ne me taxeras pas de pédantisme, quand je t'assurerai que, dans l'état où tu te trouves, il est impossible que tu puisses voir clair dans cette affaire. Ne crois. pas que j'élève des doutes sur les bonnes intentions de la femme du professeur; que je ne soispas convaincu qu'elle n'a en vue que ton bonheur;m.ais, mon bon Eugène, ellemême elle est dans la plus grande erreur. Je suis forcé de croire, d'après la connaissance que j'ai du cœur humain et de tout ce que fait cette vieille femme, qu'elle n'est pas susceptible d'avoir des passions vives , qu'elle a possédé de tout temps ce flegme qui conserve long-temps les filles et les femmes ; car, à la vérité , elle a encore très-bonne mine pour son âge.
Nous savons tous deux que le vieil Helms était le flegme personnifié; ajoutez à cela que Fun et l'autre ,
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outre leur grande simplicité , (jui rap|:elait les mœurs antiques, étaient de très-bonnes gens ; il n'est donc pas étonnant que leur union fût heureuse, tranquille; que le mari ne critiquât jamais les mets , et que la femme ne fît jamais approprier le cabinet de travail en temps inopportun. La vieille femme croit pouvoir continuer à jouer tout doucement avec toi cet éternel andante du dueito conjugal , puisque son flegme ne lui donne pas assez de hardiesse pour chercher à jouer ï allegro dans le monde. Si tout reste bien tranquille sous la robe de chambre botani(}ue , il est indifférent que le vieil Helms ou le jeune étudiant Eugène en soit affublé. O! sans doute, la vieille aura soin de toi; elle te dorlotera; je m'invite d'avance à prendre avec loi une tasse de cet excellent moka ,