‹ Œuvres de E.-T.-A. Hoffmann (volume 3)Chapitre 31 sur 47 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

\ic paisible de famille. — L'excursion Jans \f. monde. — L'espagnol Firmino Valiès. — Avertissement d'un ami raisonnable.

Au dernier coup de cloche de cinq lieures , après avoir feuilleté un exemplaire bien conservé de quelques plantes rares, Eugène se levait, s'enveloppait de la robe de chambre bo-

tanique du professeur Helms, et étudiait jusqu'au moment où une sonnette se faisait entendre. Ceci arrivait ordinairement à sept heures, et indiquait que la maîtresse du logis était levée, et que le café était prêt dans sa chambre. Eugène se rendait dans cette chambre , et après avoir souhaité le bonjour à sa vieille compagne , en lui baisant la main comme un enfant pieux a coutume de le faire , il prenait sa pipe qu'il trouvait chargée sur la table, et qu'il allumait avec une allumette que lui présentait Marguerite. On s'entretenait amicalement jusqu'à huit heures; alors Eugène descendait ou dans le jardin ou dans la serre, selon que le temps ou la saison le permettait, et il s'y occupait de botanique jusqu'à onze heures. Il s'habillait ensuite, et à midi précis il était

à table , où le potage clait servi. La femme du professeur était enchantée quand Eugène oliservait ou que le poisson était bien épicé , ou que le rôti était cuit à point. — C'est mon Helms, s'écriait-elle alors; il est tout à fait comme mon Helms, qui avait coutume de faire l'éloge de ma cuisine ; c'est ce que font rarement les maris qui trouvent tout bon partout, excepté dans leur ménage! — Oui, mon cher Eugène, vous avez tout à fait le bon caractère de feu mon mari ! — Alors elle citait plusieurs traits de la vie tranquille et simple du professeur, (ju'elle racontait avec enthousiasme , et Eugène qui les avait entendus plusieurs fois, en était toujours touché de nouveau; souvent le repas frugal se terminait, en vidant un flacon de vin en mémoire du professeur.

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