‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 2)Chapitre 25 sur 52 · HISTOIRE DE LA GLERISON · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA GLERISON

beurrées , et s'en trouve Lien : c'est cependant un remède que je n'ai jamais vu dans les traites de matière médicale ; mais si la foi peut transporter les montagnes, faut -il s'étonner qu'une beurrée mangée à propos soulage l'estomac d'une demoiselle sensible et me'lancolique ?

J'allais continuer le bulletin du somnambulisme de mademoiselle Julie , lorsque des personnes pressées de savoir à quoi s'en tenir , me demandèrent impérativement une conclusion. J'approuve leur impatience ; mais , avant de la satisfaire , je dirai que la fille adoptive du baron de Strombeck a opéré, pendant quatorze jours de suite, des miracles plus ou moins étonnans que ceux dont j'ai entretenu mes lecteurs. Sa guérison n'a pas été moins extraordinaire que sa maladie. Toutes ses prédictions se sont vérifiées à la minute , et le retard d'une minute dans l'exécution des ordres qu'elle avait donnés , produisait des crises alarmantes , et la rejetait sur le bord du tombeau. Les remèdes qu'elle se prescrivait étaient d'ailleurs les plus simples : de bon café , bien fort , du lait , du sucre , la beurrée et le vin de Malaga composent à peu près toute sa pharmacie ; ainsi , mademoiselle Julie , si digne d'être aimée de tout le monde , ne le sera cependant pas des apothicaires , dont elle rend le ministère inutile sous tous les rapports.

Les somnambules , en général , sont très-égoïstes et ne s'occupent que de leurs propres maux. Mademoiselle Julie ne leur ressemble point : émi-«

d'une jettke personne. 297

nemment philanlrope , elle a déployé toute la sagacité de sa clairvoyance instinctive pour guérir une oreille de M. le baron , et elle a prescrit de fort bonnes ordonnances au docteur Marcard , qui était moins docteur et plus malade que la malade même. L'oreille de M. le baron est d'un grand poids dans cette affaire, et dans la crainte d'obscurcir l'éclat de ce prodige par quelque expression. tri\iale, je laisserai parler le baron président : «. Elle » me prit la main, fit faire plusieurs mouvemens à )-> mes doigts , ôta une bague d'or que je portais , la >y passa sur ses sourcils , sur son nez , et , je crois , >) mais je n'en suis pas certain , sur son bras. » \oyez quel scrupule de francliise : Je n'en suis pas certain ! « Elle la mit ensuite à son doigt indi- >> cateur , ne Ventrant que jusqu'à la première n phalange ; ensuite elle me passa légèrement ce

» doigt sur les sourcils Au même instant , j'é-

» prouvai une douleur assez \ive à l'endroit qu'elle j) avait touché. »

Certainement un mal d'oreille ne peut pas tenir contre un remède aussi puissant, que l'on peut classer parmi les drastiques ; pourquoi donc l'oreille du président ne fut- elle pas guérie? C'est que l'imprudent baron s'est avisé de toucher du fer avant le temps prescrit par la somnambule. Ainsi , le magnétisme est admirable , même dans les cas où il ne guént point.

Enfin , après bien des spasmes , bien des rêves et bien des rechutes , mademoiselle Julie prédit

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