‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 2)Chapitre 30 sur 52 · LE MYSTÈRE DES MAGNETISEURS · texte numérisé non relu

LE MYSTÈRE DES MAGNETISEURS

la conduite de ses principaux deTenseurs et operateurs (page 12); il dit encore (page i3) que , pour être jugé digne d'être adepte de première classe , il faut avoir abjuré solennellement toute foi dans la divinité de Jésus-Christ. Il dit enfin que pour être un sujet digne de l'attention des adeptes, il faut avoir non-seulement une constitution physique disposée à l'hypocondrie , à la catalepsie , aux fureurs hystériques, mais encore une constitution morale tendante à l'incrédulité religieuse (page 11 et 23 ). Tout cela doit être certain puisque l'homme du monde l'affirme au nom de la religion; mais j'ai donc été bien aveugle et bien sourd , puisque je n'ai rien vu, rien entendu de semblable, ni parmi les magnétiseurs , ni parmi les somnambules ! Moi qui ai vu le diable si souvent , comment ne l'ai- je pas reconnu dans les ateliers du magnétisme? Quoi! tous ces braves gens qui nous endorment ne sont que des démons ! tous ces beaux traités de somnambulisme que j'ai lus, commentés et critiqués , ont été composés par le diable ! j'étais donc réellement au sabat quand je me suis trouvé dans le sa-lon de l'un des plus illustres magnétiseurs , et les dormeurs sur lesquels il répandait à pleines mains les pavots magnétiques , n'étaient que les enfans de Béelzébuth ! Sans m'en douter, j'avais autour de moi Satan, Astaroth , Bélial et Moloch! il faut avouer que j'en ^e^^ens de loin. Eh! comment l'aurais-je soupçonné? Je n'ai vu ni ces longues queues dont parle le Dante

dans sa Divine comédie , ni ces écailles de poisson si bien décrites par les sorcières de la terre de Labour , ni ces pieds de bouc si célèbres chez les historiographes du diable ; et si ces messieurs avaient des cornes , je puis affirmer au moins qu'elles n'étaient point apparentes.

Je ne ferai plus qu'une seule observation sur les révélations de l'homme du monde. Il prétend que le démon a eu recours au magnétisme , parce que ses vieux moyens étaient usés. Le diable vieiUit donc , et son génie s'use ? Oh ! sur ce point je ne puis adopter l'opinion de l'anonyme , et je ne proférerai jamais un pareil blasphème ; non , jamais je ne dirai à un auteur que son talent baisse, à un actrice qu'elle vieillit , et au diable , que son génie décline : je me souviens des Homélies , et la leçon de GiJ-Blas vaut bien celle de l'homme du monde. A cela près, j'adopte toutes les conclusions de l'anonyme , et je déclare que son livre eût été admirable s'il eût paru vers le milieu du dixième siècle.

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