‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 2)Chapitre 35 sur 52 · DE LA SAIGNÉE · texte numérisé non relu

DE LA SAIGNÉE

ajoute : Comme il est arnvé plus (T une fois. Notez aussi qu'il est encore question d'une chose qui tuerait sur-le-champ : tuer est le mot familier , le mot banal ; en vëritë , j'ai pitié' de mes lecteurs qui ne sauront à qui croire, et qui ne peuvent manquer d'être tue's , de quelque côté qu'ils se tournent.

M. Gay me paraît aussi avoir quelquefois affirme le'gèrement , et cite avec peu d'exactitude. Il prétend que le m.ême Tissot condamne l'application des vésicatoires dans les fièvres malignes par dissolution ; mais Tissot dit , au contraire , que dans la fièvre putride et dans la fièvre maligne , quand il y a de l'assoupissement , il faut appliquer de grands vésicatoires au gras des jambes ou à la nuque; et dans la dernière de ces fièvres , il veut même qu'on applique le vésicatoire sur toute la tête ; il ne croit donc pas , comme le dit M. Gay , que l'âcreté de ce remède augmente la dissolution du sang et fasse périr le malade.

Après cette discussion sur la saignée, on trouve dans le même ouvrage un examen de la dottiine de Galien , de Sydenham et de M. Portai , relative à la saignée; cet examen est très-sévère pour le médecin romain , très-critique envers le médecin britannique, et très- satirique contre le docteur français. 11 faut avouer néanmoins que dans cette partie de l'ouvrage , comme dans la précédente , les raisonnemens de M. Gay contre la saignée sont pleins de force, souvent fondés sur la saine logique, et étayés des autorités les plus nombreuses et les

plus respectables. 11 est vrai qu'il faudrait entendre la réponse de M. Portai , qui ne manque pas sans doute de logique et d'autoiitës. J'ai grand peur qu'il n'ait raison à son tour , et je vois avec douleur que les seuls qui auront tort seront les malades.

L'ouvrage est termine par des observations sw les maladies des femmes , et sur V utilité d'un registre domestique des maladies; à la fm de cette dernière partie, l'auteur présente d'excellentes vues sur les honoraires des uiédecins. Son projet est fonde' sur la raison et la justice ; il aurait les suites les plus heureuses ; mais il a un petit dëlaut, c'est celui d'être inexécutable.

Si maintenant M. Gay me demandait comment un ignorant comme moi ose porter un œil profane sur de si doctes écrits ; et pourquoi , sans être me'decin , j'ai l'audace de lui parler de la me'decine , je lui re'pondrais que j'ai le grand avantage de n'avoir tue' personne , ni par la saignée , ni par l'e'me'tique : que , quelque ignorant que je sois , je ne pourrai jamais me tromper autant que M. Portai s'est trompe' aux yeux de M. Gay , et M. Gay aux yeux de M. Portai ; je lui répondrais enfin que je tiens ce droit de lui-même , puisqu'il dit dans son avertissement : J'ai écrit de manière à être compris de tout le monde ; et il redit à la page 6 1 : Les gens les plus étrangers à Vart de guérir, peuvent décider la question qui nous occupe ici.

Quant à M. Portai , je n'ai parlé de ses opinions que sur la foi de M. Gay ; puisque ces deux sa-

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vans sont en contradiction , il y en a certainement un qui a tort ; lequel ? Je ne sais ; mais je prévois qu'il faudra compter les morts , pour savoir lequel des deux ge'néraux a gagné la bataille.

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