‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 2)Chapitre 38 sur 52 · ERREURS POPULAIRES · texte numérisé non relu

ERREURS POPULAIRES

maladie. La santé le conduit naturellement à parler des remèdes de précaution qui sont inutiles lorsqu'ils ne sont pas nuisibles : des prétendus remèdes contre les glaires, que tel charlatan effronté vend sous le nom de poudre , et des graves inconvéniens de ces pratiques prétendues préserçatwes. De là il passe à \ eudiométrle , et il prouve qu'elle ne nous instruit point du degré de salubrité de r atmosphère^ que Vair n est pas infecté dans la peste, que les feux allumés pourVassairtir sont plutôt nuisibles qu'utiles , en consumrait inutilement sa partie respirable ; et renversant tous les préjugés vulgaires qu'il rencontre dans son chemin, il apprend au peuple que l'eau -de -vie pure n'est pas plus salubre que les liqueurs sucrées, que le sucre n'échauffe point comme on le pense communément , que les huîtres mises dans du lait sont plus propres à le coaguler qu'à s'y dissoudre, qu'il est ridicule d'attribuer au persil la propriété de faire casser le verre, que F école de Salerne a mêlé bien des erreurs à quelques bonnes observations , et que les livres de médecine populaire sont plus funestes au peuple que la guerre la plus meurtrière.

La troisième partie , qui est la plus étendue , fournit à M. Pviclierand l'occasion de faire briller son esprit , et même son imagination : car il s'écarte quelquefois de son sujet, dans l'intention Sans doute de laisser reposer son lecteur, qu'il a tort de croire fatigué. Parmi les nombreuses er-

reiirs qu'il y signale , on remarque le traitement des chutes, ou contusions, par les spiritueux ^ l'abus des vulnéraires, celui des baumes dans le traitement des blessures , et les pre'juge's relatifs aux plaies cause'es par les armes à feu. C'est ici qu'il examine et qu'il combat l'opinion commune, que le vent d'un boulet de canon peut donner la mort. L'auteur nie formellement cette possibilité ; et il a é\idemment raison , si l'on ne considère que le vent du boulet : il paraît cependant certain que quelquefois le boulet a frappe' de mort des hommes qu'il n'avait point touchés. Il existe sur cette question singulière , et encore neuve , une dissertation physico-médicale , par M. L. Dupont , chirurgien -major en chef d'armée ; dissertation fort curieuse , dans laquelle l'auteur admet comme bien constatée la mort de plusieurs individus , non par le vent du boulet, mais , selon lui , par la commotion électrique due à la vélocité du projectile , et favorisée par l'état de l'atmosphère. M. Dupont rapporte à ce sujet des observations qu'il a faites sur des phénomènes électriques causés par l'énoraie quantité de bombes et de boulets qui ont été lancés pendant le siège de Mayence ; et ce qui paraît décisif , des hommes , dit-il , sont tombés, quoiqu'on ait eu la certitude qu'ils n'avaient pas été touchés par le boulet , et l'autopsie a présenté les mêmes phénomènes que ceux que l'on obsei-AC sur les corps frappés par la foudre. Mais revenons à M. Richerand.

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