‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 2)Chapitre 39 sur 52 · ERREURS POPULAIRES · texte numérisé non relu

ERREURS POPULAIRES

Le professeur continue la nomenclature des erreurs populaires sur le traitement des maladies , et compte dans ce nombre l'habitude où l'on est de refuser les nouriitures succulentes , la viande et le vin pur aux ëcrouelleux et aux scorbutiques ; il désigne ensuite un enipùique qui, s'étant vanté de posséder un spécifique contre les ulcères cancéreux , en fit un essai funeste aux malades , à l'hôpital Saint-Louis , et qui , depuis , débite un remède contre la gouUe , et lève paisiblement sur la faiblesse et la crédulité humaines , un tribut c^u elles sont depuis long -temps accoutumées à acquitter sans répugnance.

Comme l'espace va bientôt me manquer , je vais seulement indiquer les autres erreurs combattues ou détruites dans cette partie de l'ouvrage : ce sont les opinions vulgaires sur le principe vital, dont on a fait un être distinct ; sur la prétendue habileté des renoueurs ou rhabilleurs, tels que les successeurs de Valdajou ; sur la possibilité d'avaler sa langue; sur la crainte que le vert -de -gris ne se forme sur le cuivre qui a passé dans les intestins ; sur les deux purgatifs que l'on prend régulièrement lorsqu'une maladie a cessé, c'est-à-dire quand il n'y a plus besoin de purgations ; sur le magnétisme animal, que l'auteur compare aux miracles du diacre Paris ; sur les prétendus laits répandus ; sur les prétendues gales rentrées; sur les noms fastueux et iàux de certains médicamens , tels que ïélixir de longue vie , les grains de vie , les grains de

santé, et. sur une quantité' d'autres pre'jugës ridicules ou funestes qui donnent au professeur l'occasion de développer ses connaissances, de faire appre'cier sa logique et son esprit , et d'exercer sa critique , qui est quelquefois, je n'ose dire amère ^ mais au moins acidulé.

Il ne m'appartient pas de juger l'auteur sur ce qu'il dit de nos officiers de sauté, ni de la doctrine syste'matique des médecins allemands ; mais je crois avec lui , que de ce pays-là nous viennent en plus grand noni.bre les folies qui déshonorent la raison humaine.

Je finis en regrettant que M. Richerand n'ait pas un peu plus ménage' l'auteur de \ Avis au Peuple. Tissot a été' l'un des plus ardens défenseurs de l'inoculation , dans un temps où l'on n'avait pas dcNiné les miracles de la vaccine ; il a écrit , comme M. Richerand , contre les erreurs populaires ; il a été l'un des premiers à blâmer les sudorifiques et les échauffans dans l'éruption de la petite vérole ; il a , comme M. Richerand , condamné les spiritueux et les vulnéraires dans les cas de chute ou de contusion ; il a eu les mêmes principes sur le rhume ; il a déclamé contre les charlatans et contre les maiges; aurait-il tort d'avoir dit, il y a cin quante ans , ce que M. Richerand dit encore mieux aujourd'hui.'*

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