‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 2)Chapitre 46 sur 52 · DU CROUP · texte numérisé non relu

DU CROUP

de cas. Celte maladie est d'autant plus perfide , que son invasion , souvent équivoque , n'annonce pas une terminaison funeste. Quelquefois la mort a frappé avant qu'on n'ait cru avoir besoin de re'ciamer des secours ; plus communément, c'est entre le quatrième et le cinquième jour que l'enfant périt, suffoqué par l'abondance des concrétions mcmbraniformes qui obstruent la trachée-artère ; plus rarement les souffrances du malade se prolongent jusqu'au huitième et même au dixième jour. M. Royer-Collard dit bien que le médecin , appelé au début de la maladie ^ peut saucer le plus grand nombre de ses malades; mais les conditions sous lesquelles il donne cette espérance , la rendent presque entièrement illusoire. Il faut d'abord que le médecin soit appelé au début ; or , les préludes du croup n'ont rien qui effraie les parens; l'enfant joue comme à l'ordinaire , ne paraît avoir qu'un enrouement et ne semble menacé que d'un rhume. M. Portai , à qui l'on doit un excellent Mémoire sur le croup , dit que la prendère période peut être si peu marquée ou si comte, qu 'elle soit à peine apparente. Le médecin n'est donc presque jamais appelé au début ; et cependant M. Royer-Collard avoue qu'à la seconde période l'espérance est considérablement diminuée , et qu'elle est presque nulle à la troisième. Il faut d'ailleurs , dit-il , se hâter d'appliquer un traitement judicieux et actif; et je vois que les médecins sont loin d'être d'accord sur le traitement du croup,

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Toutes ces raisons de'montrent combien la vaccine perdrait de ses avantages , s'il était vrai que le croup attaquât de préférence les enfans vaccinés ; car le danger de cette dernière maladie serait une fâcheuse compensation à sa rareté relativement à la petitevérole.

Mais les hommes les plus habiles peuvent tomber dans Terreur par cette propension que nous avons tous , plus ou moins , à généraliser des faits particuliers. Je crois que M. Dclarue est dans ce cas ; et comme ma propre con^^ction ne serait d'aucun poids en médecine , ma mémoire me fournira de nombreux auxiliaires parmi les plus célèbres praticiens.

Avant tout , est-il bien certain que le croup soit devenu plus commun depuis la pratique de la vaccine ? Je sais que quelques médecins le présentent comme une maladie nouvelle ; mais il est bien probable que son nom seul est nouveau , et qu'avant qu'il fût importé chez nous par les Ecossais , cette maladie était classée parmi les nombreuses variétés de l'angine.

M. le baron Boyer, dans son Traité des malordies chirurgicales , nous a indiqué d'avance , et sans le vouloir, la cause de l'erreur qui a fait croire à la nouveauté du croup , ou à son apparition plus fréquente aujourd'hui : « Ce n'est que vers le milieu du seizième siècle , dit- il , que cette affection a été observée avec ses phénomènes caractéristiques ; encore s'est-il passé plus de deux cents ans avant

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