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qu'on ait appris à le distinguer des diverses espèces d'angines , du catarrhe pulmonaire , de la coqueluche , etc. Depuis trente ou quarante ans, l'attention des gens de l'art s'est porte'e davantage sur cette maladie; plusieurs médecins en ont fait l'objet
de leurs recherches en sorte que jamais elle n'a
été aussi bien connue qu'elle l'est aujourd'hui. » N'en est-ce pas assez pour qu'on la croie plus commune? et si l'on appliquait le nom de croup à Xasihma infantum , à la cynanchè stndula , à \angina memhranacca , à la cynanchè trachea- Us , au catairhe suffocant, etc. , elc , noms sous lesquels d'anciens médecins ont décrit le véritable croup, on finirait peut-être par croire que cette maladie était plus commune autrefois.
M. Portai n'est pas plus favorable à l'opinion de M. Delarue , car il présente dans une note la longue liste des noms sous lesquels les anciens médecins ont désigné le croup ; or, la multitude des noms et des observations n'indique pas la rareté de la maladie.
M. Royer-Collard ( Dlctiomiaire des sciences médicales^ donne une liste encore plus longue d€S anciens noms du croup , et pense d'ailleurs , comme M. Boyer , que cette maladie était autrefois ce qu'elle est aujourd'hui. Rassurons-nous donc , et croyons avec confiance que le croup n'a pas attendu la vaccine pour sévir avec plus de fureur contre nos cnfans.
Yoyons maintenant si la petite-vérole est le pré-
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senalif du croup, et si l'on ne peut citer un seul exemple d'un enfant ayant eu la petite-ye'role naturelle , et qui , depuis , ait contracté le croup. Ici, j'appelle une seconde fois mes trois savans auxiliaires , et ils me fournissent la re'futation complète de l'opinion de M. Deîaruc. Non-seulement ils ne pensen t pas que le croup ne puisse pas survenir après la variole ; mais tous trois ont observé la complication du croup avec la petite-vérole , avec la rougeole et avec plusieurs autres exanthèmes. Or , ce serait un étrange préservatif que celui qui s'associerait avec l'ennemi pour égorger le malade , ce serait un singulier défenseur que celui qui introduirait l'assassin dans la maison qu'il devrait protéger. Il y a plus : l'un des trois savans dont j'invoque l'autorité, a observé lui-même le croup survenant pendant la petite-vérole , à l'époque de la suppuration , et il cite Cotugno, Pieil , M. Pinel , ]SI. \ ieusseux , M. Albers et plusieurs autres médecins , comme ayant rapporté de nombreux exemples de cette complication. M. Delarue ne demande qu'un seul de ces exemples pour avouer son erreur ; il me semble qu'il doit être satisfait ; en voilà plus qu'il ne lui en faut pour se rétracter , et je pense que nous pouvons faire vacciner nos enfans sans redouter la vengeance du croup. La vaccine , sans doute , ne les en préservera pas s'ils doivent en être les victimes , mais elle ne sera pas une raison pour que le croup les attaque de préférence. C'est pour rassurer les pères et mères que j'ai
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entrepris cette tâche, et ma mémoire me l'a rendue facile. Je pourrais la terminer ici , mais je dois une compensation à M. le docteur Dclarue , et c'est pour m'acquitter de cette dette que je vais parler du thymus sur lequel ce médecin me paraît avoir des ide'es ingc'nieuses et au moins vraisemblabies ; je n'ose dWe Justes , parce qu'il ne m'appartient pas de rien assurer sur ces matières. Ces conjectures sur le thymus sont encore relatives au croup ; ainsi je ne sors pas de mon sujet.
Que le thymus soit une glande conglomére'e , comme les anatomistes le nommaient autrefois , ou qu'il ne soit pas une glande , selon l'opinion du savant professeur M. Chaussier , cela importe peu à notre discussion ; mais , comme il faut que le thymus soit quelque chose, nommons -le corps glmidlforme. Si le lecteur veut avoir une idée de sa structure , il n'a l'icn de mieux à faire que de manger un ris de veau , et de l'examiner sur son assiette. Ce corps est situé au-devant du cou, depuis le haut du sternum jusqu'à peu près au péricarde. On ne connaît pas ses fonctions , et un grand anatomiste du dix -septième siècle a dit qu'elles resteraient inconnues tant qu'on n'aurait pas découvert le conduit excréteur du thymus. Borde u cite plusieurs savans qui prétendent l'avoir trouvé , mais il ne paraît pas le croire. M. le docteur Jourdan en cite bien davantage , mais il comprend parmi eux Vcrheyen , à qui il fait dire que ce conduit excréteur pénètre dans le péricarde , et
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celte assertion mV'lOTinc beaucoup , car, dans son Anatornie, tome I", page i6o, Verheyen dit positivement que ni lui , ni personne ne l' ont encore découvert : voici sa phrase : « Propriurn diicium excretoiium thyrni hue usqiie quceski frustra : Tieque imquam Icgi vel audki eum ah aliquo esse imentum. » iSotez que celte anatomie n'a clé imprimée qu'après la mort de l'auteur; ainsi \erheyen ne s'est point rétracté. Tout ceci nous conduit péniblement à l'opinion de M. Dclarue. Ce docteur ayant observé , d'une part , que le croup est une maladie de l'enfance , et qu'il attaque trèsrarement les adultes, sachant d'autre part, que le thymus est aussi un organe de l'enfance , et qu'il diminue de grosseur aux approches de la puberté , au point de disparaître en grande partie dans la graisse qui l'enveloppe , il a imaginé que cette maladie et cet organe avaient entre eux d'étroits rapports, et qu'une maladie du thymus pouvait bien être la cause du croup. Cette conjecture est favorisée par l'ignorance profonde où l'on est encore sur les fonctions du thjTQius , et par la situation de ce corps glandiiorme au-devant de la trachéeartère , dont la membrane muqxicuse est le siège du croup. Il est surprenant que M. Delarue ne cite pasYercelloni , qui croyait connaître le fameux canal excréteur, et qui l'envoie dans la trachéeartère. Si ^ ercelloni ne se trompe pas, l'opinion du docteur Dclarue acquiert une nouvelle probabilité.
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Maintenant , si l'on considère que la trachéeartère et le thymus sont voisins , que la première ne contracte le croup que quand le second a tout son développement , et qu'elle n'a plus à redouter le croup quand le thymus est atrophie' , on conviendra que la conjecture de M. Delarue est au moins vraisemblable , et qu'elle mérite l'examen des savans.
Je n'en dirai pas autant du prétendu préservatif qu'il propose contre le croup. Il conseille de vacciner les enfans sur le cou , pour rapprocher les effets du vaccin de l'organe qui peut être affecte du croup ; mais , en vérité' , je ne le comprends pas ; il a dit que le croup attaquait de préférence les enfans vaccinés ; comment donc la vaccine pourrait-elle les préserver du croup, si elle était pratiquée plus près de l'organe qui peut contracter le croup ? J'en tirerais une conclusion toute contraire. Je m'étendrai fort peu sur la partie du traitement. M. Delarue soutient, contre toute la Faculté , que le croup n'est point une phlegmasie ; et , en conséquence , il proscrit tous les antiphlogistiques. Il est vrai que Celse , qu'il ne cite pas , dit que les Grecs nommaient cynanchè l'espèce d'angine dans laquelle on ne remarque ni rougeur , ni chaleur , et où la peau du malade est sèche . tandis qu'ils nommaient synanchc l'angine inilammaloire , et la première paraît être notre croup. Il est vrai aussi que M. Portai déclare avoir vu , même à la troisième période du croup , l'arrière-bouchë
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du malade dans Tetat ordinaire , et sans aucun signe d'iniîamniation; mais il n'en pense pas moins, comme presque tous les médecins , que -le croup est une phlegmasie de la membrane muqueuse du conduit aérien. Je laisse donc le professeur du Puy-de-Dôme débattre celte question avec les professeurs de Paris, et je reste neutre, non sans quelque soupçon que Paris gagnera sa cause.
Quant aux prescriptions de notre docteur , elles se bornent à une seule , qui est l'oximcl scillilique. Il prétend que ce vomitif est très-préférable à tous les autres émétiques, et qu'il fait expulser merveilleusement les pellicules membraneuses ou les cylindres de concrétions muqueuses qui menacent d'obstruer la trachée - artère ; il assure qu'il en a toujours éprouvé les plus heureux effets. Il est certain que, sous le rapport de la simplicité, le traitement de M. Delaruc l'emporte sur tous les autres, car on est effrayé de la multitude de remèdes que l'on a proposés pour le croup ; trois colonnes de journal n'en contiendraient pas les noms ; et cette polvpharmacic me donne le droit de dire que quand, pour une même maladie , on prescrit un si grand nombre de remèdes différens , hétérogènes et souvent contradictoires , il est naturel de penser que le véritable remède n'est pas encore connu. Celui de M. Delarue sera-t-il le meilleur ? A-t-il découvert un spécifique ? J'attends la réponse des médecins qui auront assez de temps à perdre pour lire mon article.
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