PRÉCIS HISTORIQUE SUR LES EAUX MINÉRALES
LES PLUS USITÉES Eîn MÉDECINE,
Suivi de qnelques renseignemens sur les eaus minérales exotiques; par M. Alibert.
Le docteur Alibert ! Nous sommes heureux de rencontrer quelquefois sous notre plume ces noms célèbres et si gc%éralement vante's, qui nous dispensent de louer les personnes , d'énumérer leurs litres , de citer leurs ouvrages et de rappeler leurs brillans succès. Que dirais-je, en effet, de M. Alibert , qui ne soit connu des gens du monde , et beaucoup mieux appre'cie' par les savans ! Parlerai-je de scm immense clienlelle , des personnes augustes dont il a mérité la confiance , des nombreuses guérisons qui ont illustré sa pratique dans des maladies si long -temps rebelles à tous les moyens de l'art ? Ai-je besoin de compter les Sociétés savantes qui se sont honorées d'acquérir sa confraternité ?
Dirai-je ? Non , je ne dirai plus rien ; car je
m'aperçois que je fais un préambule pour prouver au lecteur que je n'ai pas besoin d'en faire.
Laissons-donc de côté des louanges inutiles , et occupons-noLis du Précis sur les eaux minérales^
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Cet oiiM'age n'est pas absolument nouveau ; il n'est qu'une extension et une amelioratiou de l'article Eaux minérales , qui onie le XP tome du Dictionnaire des sciences médicales , et qui a paru au commencement de l'année i8i5. L'amclioraration est évidente, puisque, dans le Précis historique, l'auteur pre'sente souvent la topographie des lieux où l'on va prendre les eaux; il décrit les commodités que l'on rencontre dans les divers elablissemcns des bains , et il note tout ce qui y manque ; il entre dans de plus amples détails sur les propriétés médicinales; il y ajoute, pour chaque source , des renseignemens sur le mode d'administration, et l'ouvrage a pour préface Aas prolégomènes aphorisiiques, toutes choses dont les unes manquaient entièrement dans l'arlicîe du Dictionnaire , et les autres n'y étaient que sommairement indiquées. L'extension du sujet n'est pas moins remarquable dans le Précis , puisqu'un article de soixante-dix pages est devenu un volume de plus de six cents. Mais cet ouvrage se distingue surtout par un nouveau mérite qui m'a fait faire de sérieuses réflexions.
Il semble que depuis douze années les idées , les opinions et les scntimens de JNI. Alibert ont éprouvé quelque vaiiation , je veux dire un perfectionnement. L'efficacité des eaux minérales ne lui paraissait pas autrefois aussi générale et aussi certaine qu'elle lui paraît aujourd'hui. Elles ne convenaient pas à toutes les aifections ni à tous les
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degrés des maladies , elles pouvaient même sou vent devenir nuisibles ; elles ne pouvaient être adminisïre'es à tous les sujets , ni dans tous les temps; pour en obtenir du succès , il fallait qu'un habile me'decin en réglât l'emploi , qu'il marquât avec soin l'âge , le sexe, le tempérament, les habitudes de chaque sujet qui en fait usage , qu'il connût ses maladies antérieures , la dure'e et l'époque de l'affection actuelle , les remèdes qui l'ont palliée , le régime qu'il a observé , et l'exercice qu'il a fait. Comme les docteurs Alibert sont rares, il n'était pas facile d'obtenir cette perfection du traitement dans les nombreux établissemens d'eaux minérales , situés quelquefois dans des contrées sauvages , entourés d'une faible population , et dans lesquels un habile médecin aurait eu peu d'occasions d'exercer ses talens. Les eaux devaient donc être le plus souvent inefficaces ou funestes, puisque le savant docteur écrivait alors : « Par un abus , quil est difficile d'éçitei', ces eaux produisent quelquefois des effets nuisibles , parce que les malades s'y rendent sur la foi d'un praticien éloigné, et souçent peu instruit de leur manière d'agir. » Ce n'était pas même assez de dire que ces eaux étaient quelquefois nuisibles , elles devaient l'être souçent si , comme le disait alors M. Alibert , il était difficile d'éviter les abus , et si le praticien était souvent peu instruit.
Aujourd'hui, grâce à Dieu, les eaux minérales ont beaucoup gagné dans l'estime de M. Alibert ;
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elles produisent toutes des effets admirables , et même àes prodiges; notez bien ce dernier mot : ce n'est pas pour rien que je le consigne ici. Les me'decins des eaux se sont ameiide's comme les eaux mêmes. Ce ne sont plus des praticiens peu instruits ; mais ils sont tous cites avec e'ioge par le savant professeur, et ses complimens atteignent le moins connu de ces Hippocrates , jusque dans le hameau le plus obscur et le plus reculé où la nature fait jaillir une source saline ou gazeuze , sulfureuse ou ferrugineuse.
Pourquoi INI. Alibert n'a-t-il pas dit autrefois tout ce qu'il nous révèle aujourd'hui ? C'est sans doute parce qu'autrefois il n'avait pas rapporté les bienfaits des eaux minérales à la source de tout bien ; il n'avait pas fait descendre du ciel les effets salutaires qu'elles produisent ; il n'avait peut-être pas encore découvert le merveilleux de leur influence sur l'économie animale , et content d'en avoir présenté l'analyse cliimique, il n'avait pas sanctifié les carbonates , les sulfates , les muriates et les hydro-chlorates , contenus dans ces eaux.
En parlant de ces eaux , il disait autrefois : « L'ignorance et la superstition en ont peut-être trop consacré l'usage. » \oyons ce qu'il dit aujourd'hui : « >Tous retrouvons dans ce phénomène les témoignages d'une providence qui semble se mettre en sollicitude pour nous procurer un grand avantage L'homme ici-bas marche à chaque instant
appuyé sur les bontés de son créateur C'est ici
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une nature Lienfaisante qu'il faut adorer ; c'est dans l'enceinte de ces fontaines sacrées que la honte' de Dieu rivalise surtout avec sa puissance...» Puis il cite l'Ecclesiaste , etc.. » Autrefois le professeur e'crivait : « Les anciens, dit Pline, croyaient qu'une divinité tutélaire et amie des hommes , présidait à la garde de chaque source d'eau minérale. Mais partout, celles que l'on vante le plus , sont souvent hien au-dessous de leur réputation , les médecins qui les conseillent , aimant mieux croire à leurs vertus que d'en constater l'utilité par des expériences. » Mais les anciens et Pline avaient raison de croire à la divinité tutélaire , car M. Ali^ hert écrit aujourd'hui : « INul physicien ne saurait nier qu'elles ( les sources minérales ) ne soient mises en jeu par des agens invisibles et surhumains. »
On ne peut trop louer M. Alihert d'avoir considéré d'un œil religieux le gaz acide carbonique , le chlorure de sodium , le carbonate de fer et l'hydro-chlorate de magnésie , mais on doit vivement regretter que ce grand médecin • n'ait pas songé plutôt aux agens invisibles et surhumains des sources minérales ; car, depuis douze ans , que de processions de pieux malades et de pieux mondains ne se seraient-elles pas acheminées vers ces sources sacrées , si M. Alibert avait reconnu alors cette divinité tutélaire dont parle Pline ! Des milliers d'hommes sont morts qui vivraient aujourd'hui pour admirer la science et la piété du professeur.
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Il y a plus : celle sanciificalion tardive des eaux minérales a e'té blâmc'e par quelques personnes qui pre'leiident avoir aulant de religion que M. Alibert. « Elle e'tait inutile, disent-elles; car quand on est bien persuadé que Dieu a créé tout l'univers, il n'est pas nécessaire de faire observer que nous lui devons aussi les eaux de Bourbonne , de \ichy ou de Barèges. Quand j'ai remercié Dieu de m'avoir donné l'arbre et les fruits , ai-je besoin d'ajouter qu'il m'a donné aussi les feuilles et les branches ? En di^^nisant les eaux minérales , le docteur n'a -t- il pas craint d'offenser l'eau commune , qui est aussi un bienfait de Dieu , et dont l'usage est bien plus utile , puisqu'il est nécessaire? Le célèbre praticien qui disait en mourant : « Je laisse après moi deux grands médecins , la diète et l'eau , » ne voulait certainement point parler de l'eau minérale. L'excellent M. Percy, qui a obtenu tant de guérisons par l'emploi de l'eau pure ; et Pouteau , qui faisait de l'eau une véritable panacée ; et les docteurs Keill , Baynard , Prat , Duncan et Blount , qui ont vu dans l'eau pure le plus salutaire des digestifs ; et Allen , qui la regarde comme un présel'^ atif contre la goutte et l'hypocondrie ; et Che)Tie , c[ui veut qu'on la boive chaude; et Vander-Heiden , qui veut qu'on l'avale froide ; et Sennert , qui la nomme le baume des eiifans; Primerose, W ainwrigt , Gook et Ouinton , qui guéiissaient les fièvres ardentes avec l'eau froide , et tous les médecins panégyristes de
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l'eau qu'a cites le D'icilonnaire des sciences médicales; et Celse, qui conseille de plonger dans l'eau les personnes menacc'es de la rage ; et Boerhaave , qui dit la même chose ; et Erown , qui , avec l'eau simple , prétend guérir la folie et les écrouelles ; et Pitcairn , qui l'emploie contre le scorbut ; et Hancock , qui en fait un antidote de la peste ; et Zecclii , qui s'en servait pour expulser la gravelle ; Noguez , Hecquet et Rowe , qui ont fait des livres sur les vertus liygie'niques ou the'rapeutiques de l'eau simple , et mille autres médecins qui ont céle'bré ses bienfaits , seraient désoles d'apprendre que M. Alibert n'a pas accorde' quelques êtres invisibles et surhumains aux sources de la Seine , de la Loire et du Rhône , quand il en place be'nevolement à toutes les sources d'eaux minérales. »
Ces personnes ajoutaient qu'il était indiscret de faire intervenir Dieu dans les effets produits par les eaux minérales , parce que ces effets ne sont pas toujours salutaires ; ce qu'ils seraient certainement si Dieu l'avait voulu. Quelques sources même contiennent des substances délétères , notamment celles qui avoisinent les mmes de cuivre. Or, quels agens surhumains donnerons -nous à ces eaux funestes ? Ce n'est d'ailleurs que par la chimie et la science médicale que l'on peut reconnaître l'action salutaire ou nuisible de ces eaux ; mais Dieu n'étend pas seulement sa bienfaisance sur les riches et sur les savans ; les ignorans , les pauvres , les animaux même y participent :
Sia MÉDECINE.
Aux petits des oiseaux il donne la pâture, Et sa bonté s'étend sur toute la nature.
On peut donc croire que s'il avait destine' les eaux mine'rales à gue'iir les hommes , il ne leur aurait pas donné un caractère c'quivoque , mais évident et facile à reconnaître sans rinlemcnlion de la chimie ; et il nous aurait doués de cet instinct accordé aux animaux ruminans , qui sentent ces eaux à de grandes dislances , et y accourent pour s'en ahreuver.
Ces critiques disent encore que ces considérations pieuses sur les eaux minérales ne tournent point au profit de notre religion ; car il est démontré qu'un Juif, un Turc, un mécréant seraient purgés comme nous par les eaux de Sedlitz ou de Seydchulz ; et que celles de Bussang , de Langeac et de Contrexévillc agiraient sur l'appareil urinaire d'un hérétique comme sur celui d'un catholique romain. Si tout ce qui peut guérir doit être placé sous la surveillance spéciale d'un esprit céleste , pourquoi M. Alihert n'assigne-t-il pas des agens invisihlcs et surhumains à la garde de la rhuharbe et du séné ? pourquoi n'en place-t-il pas en faction autour des marais qui contiennent des sangsues , ce grand talisman de la médecine actuelle ?
Mais abandonnons ces critiques , où il y a peutêtre de la malice , et considérons le livre en luimême.
Un grand nombre de médecins ne pouvant nier
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les heureux effets qui résultent souvent des eaux mine'rales prises à la source , ont pensé que l'eau commune y avait la plus grande part, indépendamment des substances que la nature y a dissoutes. Il s'ensuivrait que Teau de la Seine , par exemple , vaudrait autant que les eaux les plus minéralisées. Mais on peut opposer à ces docteurs qu'il serait impossible de boire une aussi grande quantité d'eau commune que d'eau minérale. J'ai vu à Contrexéville des buveurs intrépides vider plus de douze pintes en six heures ; j'ai moi-même atteint ce taux, qui n'était pas le maximum, car certains estomacs privilégiés en avaient absorbé une quantité presque double , sans en être incommodés , et je plaindrais un malheureux qui , dans le même intervalle de temps, aurait avalé quinze ou vingt pintes d'eau commune.
D'autres médecins ont expliqué , avec plus de raison , ce me semble , les bons effets de ces voyages par des causes étrangères aux eaux mêmes. En partant pour Plombières , pour Bourbonne ou pour Bagnères , on s'affranchit des soins de famille et des obligations de la société ; le voyage distrait ; le site , plus ou moins pittoresque de la source qu'on a choisie , récrée la vue et l'esprit ; on se lève de grand matin , on fait de grandes promenades ; on voit de nouveaux visages , et les hommes ne sont jamais plus aimables entre eux que quand ils ne se connaissent pas ; une certaine égalité s'établit entre les prétendus malades ; car,
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aux eaux , on n'est ni comte ni marquis , on est buveur. D'ailleurs on fait bonne chère, ce qui n'incommode pas , parce que l'estomac a été balayé le matin. Ces avantages , et les divers amusemens que l'on peut se procurer, ont sans doute autant d influence sur la santé' que tous les ingrédiens contenus dans les eaux, et l'on peut dire que ces eaux sont très-salutaires poui* les personnes même qui n'en boivent pas.
Cependant , l'acide carbonique , l'hydrogène sulfuré , les sels et toutes les substances que ces eaux recèlent, doivent avoir une action quelconque sur l'économie animale ; il est donc trèis-important de connaître et de distinguer les différentes propriétés des différentes sources. Ainsi , le livre de M. Alibert est très-utile , et l'on peut s'en rapporter à son talen»^ et à son instruction sur les jugemcns qu'il porte et les modes d'administration qu'il prescrit. J'ajouterai que le livre est trèsagréable à lire par la description des sites et par les excursions archéologiques du docteur sur Ics antiquités que l'on a découvertes à un grand nombre de sources connues des Romains. Ce travail étant tel qu'on devait l'attendre d'un professeur aussi distingué , ma tâche se terminerait ici , si je n'avais à présenter quelques observations , peu importantes sans doute , mais que je crois exactes.
Dans l'article qui concerne les eaux minérales de l'île d'Ischia , j'ai été fort étonné de lire : « C'est
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un spectacle intc'ressant de voir, tous les ans, le nombre prodigieux de malades qui s'y rendent , etc. » J'ai quelque raison de soupçonner que ce renseignement est déjà fort ancien , et qu'il a été puisé dans les e'crits dé Le'andro Alberti , de Francesco Scoto ou de Pompeo Sarnelli , qui ont parle' (ce dernier surtout) avec une ridicule emphase des sources mine'rales des environs de Pouzzol €t de l'île d'Ischia. J'ai parcouru souvent ces lieux , deux ans avant la révolution française , et j'ai trouvé tout désert. Bans cinq voyages à Ischia, depuis le milieu de juillet jusqu'à la fin de septembre , je n'ai pas vu un seul baigneur ni un seul i)uveur d'eau ; le grand établissement, si mal placé près d'une mare bourbeuse , à une lieue de la misérable ville d'Ischia , était femié , et n'avait pas même un concierge. Les sources du Fomello, de Fontana , de Castiglionc , dclla Spelonca , del Gurgitdlo, deir Oro e delV Argenio , n'étaient pas plus animées , et il en était de même de toutes les autres , car l'île en renferme trente-une, sans compter celles dont on ne fait pas usage.
J'ai trouvé la même solitude aux quarante sources ou étuves , ou maisons de bains, que l'on compte sur l'espace compris entre la côte du Pausilype , la montagne des Camaldulcs et le rivage de Cumes. Cela n'empêche pas que M. Pittaro n'ait eu raison de vanter le paysage ra\issant d'Ischia: mais quand j'ai visité cette île , au milieu de l'abondance du gibier, du poisson , des plus beaux fruits
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et des vins les plus gëne'reux , on trouvait difficilement de quoi vivre. Il n'y avait pas une seule auberge ; il fallait chercher, ici un morceau de pain , là du poisson , plus loin de l'huile et des œufs. Je veux bien croire que la source del Gurgitello est la meilleure de toutes, mais, dans l'île, on vante bien plus celle de Castiglionet parce qu'elle a guéri le Pape Innocent XII , qui en faisait venir l'eau , d'Ischia au Yatican, par mer, et avec une céle'rité incroyable. Celle de Soliceto est la plus chaude de toutes.
En parlant des eaux de Langeac , M. Alibert dit, d'après le docteur Raulin : « Il ne leur manque, pour être mieux appre'ciées , que des échos qui répètent les guérisons nombreuses qu'elles ont opérées. » On va juger du nombre de ces guérisons : En 1 8 1 5 , on ignorait complètement à Clermont, kissoire, k Brioude, qu'il existât une source d'eau minérale k Langeac. A Langeac même, on m^e dit que je me trompais , et que jamais personne n'y était venu pour y boire de l'eau. A force de questions cependant , quelqu'un me dit : « Ah!
il me semble oui, je me rappelle qu'autrefois
un monsieur de Paris se faisait chercher de l'eau d'une source qui esta une lieue d'ici ; et c'est un tel qui la lui apportait. » Un tel étant encore vivant , je le fis venir , et il me procura de cette eau qui est aussi agréable que celle de Bussang, si éminemment apéritive qu'elle en devient incommode par les trop fréquentes expulsions qu'elle provoque j
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elle donne un appétit vorace , et elle rétablit mes forces au point que , sans fatigue , je pus faire de longues courses, et gravir sur les plus hautes montagnes.
Langeac est une petite ville , agréablement située sur la rive gauche de l'Allier , entourée de montagnes pittoresques. L'air y est vif et salubre ; les truites y sont excellentes , et la ^ille est habitée par de bien honnêtes gens , car plusieurs ne ferment pas leurs portes , même pendant la nuit. Elle est d'ailleurs voisine de Saint-Arcon , ancienne station des Romains, et remarquable par la multitude des basaltes et les débris volcaniques que l'on y trouve. Mais que deviennent ces nombreuses giiévisons opérées par les eaux de Langeac , quand il est bien certain que , depuis bien des années, J'ai été le second monsieur de Paris qui en ait bu ?
J'invite M. Alibert à faire disparaître quelques erreurs géographiques telles que celles-ci : il place le vallon de Puzzichello en Corse , à neuf lieues de Cervioni , à vingt de Bastia , et vingt d'Ajaccio; aucun lieu, dans cette île , ne peut avoir cette position. Il place la ville de Dax à dix lieues de Baïonne, et à dix de Bordeaux ; il faut tripler cette dernière distance. Il dit qu'à Vichy , les animaux ruminans qui se trouvent sur la rive gauche de l'Allier , traversent la rivière à la nage pour venir boire des eaux minérales , quand le vent passe du Puy-de- Dôme sur les fontaines. Le fait est vrai, mais la circonstance est fausse : le Puy - de - Dôme est à la
gauche de l'Allier , et au S. S. O. de Yichy , qui est sur la rive droite : le vent du Puy-de-Dome chasserait donc vers lenord-estles émanations des eaux minérales , et n'averlirait pas de leur présence les animaux qui passent sur la rive gauche de la rivière, et si ces animaux n'accourent aux sources que par réminiscence , le vent du Puy-de-Dôme n'y est pour rien.
C'est M. d'Auhuisson , et non pas Dubuisson , qui est auteur d'un Traite de Géognosie , et les considérations de ce savant sur la température du globe , à différentes profondeurs , commencent à la page 444 ^^ premier tome de ce Traité.
M. Alibert regarde comme un fait remarquable que les eaux de la mer Baltique de%iennent plus sak'es par un vent d'ouest et de nord-ouest. L'inspection d'une carte le lui fera trouver très-oaturel. La Baltique, ordinairement moins sale'e que l'Oce'an, n'a de communication avec cette gi"ande mer que par le canal de Jutland et le Cate'gat. Or, ces deux détroits sont situés à l'ouest et au nordouest du Simd et des Belts ; le vent qui souffle de ces rumbs fait donc affluer les eaux de l'Otéâti dans la Baltique , et y augmentent la salure ; voilà tout le phénomène.
Je m'arrête ici , et je finis en recommandant au lecteur ce Précis sur les eaux minérales, comme un livre fbrt utile ettiTS-agréable, malg;ré ses prolegt)- Bfiènes ascétiques.
OUVRAGES NOUVEAUX. 5l(