RUINES DE PORÏ-ROYAL
cer l'acte de souveraineté que quand il n'y a pas^ ou quand il n 'y a plus de gouvernement , parce qu'on ne peut déléguer et en même temps conserver l'exercice du pouvoir. Quant à la maxime citée par M. Grégoire, que « In renonciation d'une na- » tion à ses droits , à sa souveraineté , ne peut se » faire que par un consentement universel^ » je la trouve souverainement absurde; car s'il fallait, pour quoi que ce fût , un consentement universel, on ne ferait jamais- rien" en ce monde, pas même les choses les plus justes , les plus utiles , les plus raisonnables.
Les éloges que l'auteur donne aux solitaires de Port-Royal sont aussi justes que bien exprimés ; mais en cela même il n'avait pas besoin de chercher à nous convaincre : personne aujourd'hui n'est aSvSez jésuite , et aucun jésuite même n'est assez dénué de raison pour refuser son estime aux talens et aux vertus des Arnaud , des Pascal , des Nicole et de leurs illustres amis. M. Grégoire avoue avec quelque peine que ces sauvages cénobites avaient contre les enfans d'Ignace une aniinosité peu chrétienne, h' auteur, qui a hérité de leur zèle pieux et d'une partie de leurs talens, ne partage-t-il pas aussi cette animosité dont il ne peut s'empêcher de leur faire un reproche? On est bien tenté de le croire , lorsqu' après avoir parlé de l'éducation religieuse que l'on recevait à Port-Royal, il s'écrie : « Toutes vos institutions prétendues libérales , vos » théories sur la nature et le principe de la vertu ,
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» iront se pertlrc.dans le débordement de tous les » vices, de tous les crimes! Voyez 1 état de la
» France, et osez soutenir le contraire, elc »
Ne semble-t-il p;is que nous soyons encore au temps où îe (ils dénonçait son père, où le meurtre, le parricide étaient des preuves de patiiotisme ? Le zèle religieux va tiop loin : quand il déclame contre les crimes, ce n'est vSouvenl que parce qu'ail n'a plus le droit cVe décider ce qui est crime ou vertu: quand il tonne contre le despoli.sme, ce n'est souvent que parce que le pouvoir lui échappe ; mais , quoi qu'il fasse, nous sommes aussi las des disputes théologiques que des disputes politiques*: nous ne nous battrons pas pour ou contre la grâce efficace; nous n'examinerons pas s'il y a loi ou io3 propositions mal sonnantes dans les Kejlexions morales du P. Quesnel : si les cinq propositions condam.nées se trouvent dans WAnguslinus de l'évéque d'Ypres; et nous vivrons en paix avec les jansénistes et les raolinisles, quand ils ne nousmettront pas le pistt)let sur la goi^e pour nous forcer à penser comme eux.
SATYRE MF.IMIPPei:.