‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 3)Chapitre 23 sur 36 · SATYRE MENIPPEE DE LA VERTU DU CATHOLTCON D'ESPAGNE · texte numérisé non relu

SATYRE MENIPPEE DE LA VERTU DU CATHOLTCON D'ESPAGNE

ET DE LA TENUE DES f:STArs DE PARIS ; '

Augmenléc de Notes des éditions de un PuY cl de le Duchat , i>ar V. Verger, et d'un Coramentaiie liistorique, littéraire et philologique, par Ch. Nodier, bibliothécaire de S. A. R. MoNSfEUR.

Voici un livre dont il a été beaucoup plus parlé qu'il n'a été lu ; il y a même peu de personnes , soit parmi les gens du monde , soit parmi les gens de lettres, qui aient lu toutes les pièces dont il se compose. Il a cependant toujours mérité l'attention des hommes d'esprit et des hommes d'État, et depuis la révolution siu'tout, il nous offre une ample matière à des, réflexions sérieuses. Plein d'intérêt, sous un rapport, pendant nos troubles révolutionnaires, il est, sous un autre rapport , bien plus intéressant aujourd'hui. Composé pour la révolution du seizième siècle, il s'applique avec une justesse parfaite à celle du dix-huitième, qui n'est pas encore finie , puisque l'on croit devoir appeler, pour la terminer, des hommes qui dn

ont opc'ré ou tente partout où ils ont eu de l'itifluence.

Les ambitieux de tous les temps se ressemblent par le but qu'ils se proposent : c'est toujours de tromper le peuple , pour obtenir du crédit , des richesses et de la puissance ; c'est toujours de changer la fonne du gouvernement e'tabli, pour en instituer un autre où ils dominent. Quelque dilfercus que soient les moyens, les intentions, les intrigues sont les mêmes. On se révolte, on pille , on e'gorge au nom de Dieu , comme au nom de la liberté. A la mort de Henri III, on se servit de la religion pour attaquer la légitimité ; en 1792, on se servit de la philosophie pour renverser le trône et l'autel. Si les rois avaient le temps de lire, si les peuples savaient profiter de la lecture et de rexpérience, je crierais à tous : Lisez la Satyre Mc'nippée; les rois n'apprendront nulle part aussi bien comment on les trompe au profit des ambitieux qui les environnent, et comment on les conduit au bord du précipice en leur présentant une gloire imaginaire ; les peuples y verront comment on les vséduit par une apparence de piété, et comment, par l'appât d'im bonheur idéal, on les entrame à la révolte, à la guerre civile et à la* misère. Les moteurs des troubles, les chefs des factieux sont toujours ceux qui risquent le moins: car, au pis aller, ils s'arrangent avec l'ennemi, et leur délaile leur vaut encore un salaire ; mais les princes trompés et déchus , ne s'ar-

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