PROJET
POUR TRANSFORMER L\ PLAI^E DE GHENELLE EN UNE NAUMACHIE QUI SERVIRAIT A l'ixsTRUCTION DE l'e< OLE POLYTECHNIQUE;
Précédé de quelques observations sur l'état de la marine française en 1811 , et sur la possibilité de construire un port à Paris, en rendant la Seine navigal)le, etc.;
Par M. Naudy PERnOTVET.
Je ne suis pas encore bien certain que notre* siècle soit celui des liiniières, mais il est bien certainement celui des merveilles; et quoique la plupart de ces merveilles n'aient encore existe qu'en projets, l'audace des inventeurs, l'elendue gigantesque de leurs conceptions, leur mépris pour tous les obstacles, et l'assurance avec laquelle ils pre'- «enlent comme des êtres réels tous les lantômes crée's par leur imagination, indiquent dans les esprits une singulière exaltation qui doit produire , ou de vcritabl(,'s j)ro<liges, ou tles lolics bi(.'n dispendieuses et bien ridicules.
En i8c)q, les journaux nous ont entretenus lorl long-temps de la possibilité, que dis-je? de \afaril/ir dv conduire une armée de cent mill<' homuies
par terre ^ jusque dans le Bengale. On nous faisait observer que la route directe n'était guère que de dix-neuf cents lieues, distance qu'à la vcrilé il faudrait allonger d'un tiers ou d'un quart pour éviter les déserts; et l'on proposait sérieusement une expédition de ce genre.
Dans les deux années* suivantes, les habitans de Paris ont pu voir sur le quai de Chai Ilot des militaires que l'on exerçait à marcher sur Veau., au moyen d'un scaphandre en forme dv.> cuirasse, qui permettait à l'homme de se tenir debout , q^ioique plongé des deux tiers de sa liauteui ,, et d'avancer au moyen de deux petites rames qui ne ressemblaient pas mal à des battoirs de blanchisseuses. Quel eût été l'étonnement des habitans du comté de Kent ou de Sussex, s'ils avaient vu arriver une armée qui n'aurait eu besoin ni de vaisseaux, ni de bateaux à vapeur, pour assaillir leurs rivages ! Voilà des hommes poissons ; nous allons voir des hommes oiseaux.
A la même époque on publia le projet trèssérieux (et je l'ai lu) de transporter en Angleterre une armée formidable, avec toutes ses munitions, par le moyen d'une multitude d'aérostats. Tout était calculé ; il fallait tant de pieds cubes de gaz pour un régiment , tant pour les chevaux , tant pour les canons, et pourvu que le vent de sudest voulût être constant seulement pendant huit , dix ou douze heures , selon les différentes distances du point de départ , l'Angleterre expiait
2j8 ouvrages divers.
tous ses crimes, et le trident de ISeptuiie échappait
de ses mains.
En 1812, M. Perronot, auteur du projet de naumachie que j annonce aujourd Imi, lit hommage à ÎNapolëon d'un projet beaucoup plus merveilleux, qui avait ete conçu dès l'année i8o5; il consistait dans la construc'tion d'un chemin sousmarin pour aller de Calais à Douvres. Comme M. Perronet ne s'explique pas davantage, son chemin sous-marin me jette dans l'embarras: s'agitil de niveler le lond de la mer au Pas-de-Calais, et d'y faire marcher des hommes qui auraient quelques centaines de pieds d'eau sur la tète, se lesteraienldequelcjueslivresde plomb pour contrebalancer le poids du liquide qu'ils déplaceraient, et qui pourraient respirer l'air atmosphérique par des tubes tlexibles dont des tablettes de liège tiendraient constamment l'extrémité supérieure à la surface de la mer? Cela serait fort beau sans doute, mais peut-être n'est-ce pas cela. Est-il question dans le projet de maisons roulantes, qu'une mécanique ferait avancer, qu'un l'est énorme ferait plonger à fond , qui seraient imperméables à l'eau , et dont la capacité serait calculée de manière que les hounnes renlermés dans ces boëtes mobiles nabsorbassenl pas, par la respiration et pendant le trajet, tout l'oxigène de l'air contenu dans ces grands cofires i* (k'ia serait encore plus beau ou plus fou. Mais peut-être s'agil-il tout sim- ])lementde t onslruire un ponl sous la mer, connue
on en projette un sous l.i Tamise. Cela serait un peu moins admirable ; et repenclanl il faut convenir qu'une voûle souterraine et sous-marine tout à la fois, de sept lieues de longueur et large d'une centaine de pieds seulement, serait encore un assez beau morceau d'architecture romantique. Quoi qu'il en soit, Napole'on eut la patience de lire le projet , et répondit à l'auteur :« L'ide'e est bonne, et l'intention excellente: mais il faut que cela passe par les mains de maîtres expe'rimente's. » Oh! certainement, Buonaparte e'tait de bonne humeur ce jour-là. Mais, sans e'numcrer tous les miracles du grand siècle , bornons-nous à la vaste naumachie de M. Perronct. Il faut d'abord rendre à l'auteur cette justice qu'il a tout attendu de son ge'nie , et qu'il a dédaigné la faveur des circonstances. C'est dans le moment où la plaine de Grenelle se couvre de maisons , et va devenir, non pas un village , mais une ville éle'gante , que M. Perronet propose de la submerger, et d'en faire un lac capable de recevoir des vaisseaux marchands et des fre'gates. On ne m'objectera pas , je l'espère , qu'il n'a point ce dessein , et qu'il se contente de publier son projet de 1811. Je répondrais : A la vérité, c'est bien évidemment à Napoléon qu'il s'adresse dans le chapitre III , page 26 , quand il dit : « Ce projet peut paraître extraordinaire et inexécutable à tout autre qu'à V. M. ; mais pour exiger de grands travaux, il n'est pas impossible , et votre règne nous apprend que rien n'arrête l'élan du génie secondé par les
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efforts d'un peuple immense et dévoue'. D'ailleurs , je ne l'aurais point conçu sans Xdijuturc édification du ])alais de la montagne de Chaillot, mais V. M. voulant faire de ce paiais un clicl-d'œuvre digne du prince qui l'ordonne , je n'ai rien vu qui puisse mieux re'pondre à sa magniiiccnce que l'exécution d'un immense bassin qui viendrait en baigner les
murs, etc » i^cMe future édification indique
l'époque, ce palais de la montagne de Chaillot est bien certainement le palais du roi de Rome , et jusqu'ici le projet du bassin est celui de 181 1. Mais quand, à la page 58, il est toujours question de la naumachie , et quand je lis ces lignes, également claires : « Mes espérances iraient encore plus loin , si S. M. , ainsi que les princes de t illustre famille des Bourbons daignaient jeter les yeux sur mon
ouvrage » Il m'est impossible de supposer que
pour plaire à S. M. I. et R. , l'auteur lui ait parlé de l'illustre famille des Bourbons ; il est donc incontestable que M. Perronet présente son projet à la majesté de i8i>5, comme il l'a proposé à la majesté de i8ii; et, pour dernière conséquence, l'auteur veut noyer la ville naissante de Grenelle, et voir des frégates louvoyer autour du cap d'Auteuii et dans le golfe de Vauglrard.
Habitant de Passv, je prends un vil intérêt au projet de la naumachie; mais je ne sais si je dois m'en affliger ou m'en réjouir; quelquefois je m'en effraie et je me dis : « Eh quoi ! je ne verrai plus que de l'eau sur cette vaste surface où j'admire
tant, d'objets agréables ; les cent maisons qui ont fait disparaître les champs et la verdure vont disparaître à leur tour sous les flots de l'Océan ; car Paris sera un port de mer ; un dur marin jettera l'ancre sur le sol qui produit ce joli vin d'Auteuil, digne rival du nectar de Surcne ; des frégates vont courir des bordées sur cette plaine de Boulogne , si célèbre par ses petits pois ; le Point-du- Jourva s'abîmer dans les flots ; le bois de Boulogne va perdre la grande corne qu'il allonge entre Auteuil et la porte des Princes ; Auteuil lui-même va être rogné dans sa partie orientale , et son clocher, dominant les bords du golfe , servira de phare aux vaisseaux; les arbres qui ombragent le joli chemin de la Reine vont se transformer en corvettes , en bricks , en sloops , en lougres , en chaloupes , en canots ou en iols ; Sèvres ne communiquera plus par terre avec la capitale , il n'aura plus de pont , ni ancien, ni nouveau ; qui le croirait? entre Sèvres et Meudon sera placé le port pour le Havre , malgré l'énorme falaise où Bellevue s'étend d'une manière pittoresque ; le grand promontoire de Meudon s'élèvera au-dessus de cette nouvelle Méditerranée , comme le cap Sicié au-dessus de la rade de Toulon , comme Lormont en avant du port de Bordeaux, comme la côte d'Ingouville audessus du port du Havre ; Issy, dont les sa vans ont voulu rattacher le nom aux mystères d'Isls, verra sa montagne coupée à pic , et deviendra , comme Terracine , urbs prona in paludes ; entre Issy et
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Yaugirard s't'tendra le port de la Loire... Vous riez, je crois; eh bien! vous le verrez ; la Loire va venir à Paris; interceptée au Ponl-de-Cé , elle se dirigera vers le ]S. >i. E. , par une route de soixantedix lieues, et mêlera ses eaux à celles de la Seine, du canal de l'Ourçqetde la pompe du Gros-Caillou. Les Nantais s'arrangeront comme ils pourront ; ils boiront l'eau de l'Erdre , leurs six ponts ne leur coûteront plus d'entretien, et leur île Feydeau se rattachera à la ville , mais, à mon grand regret , je me vois forcé d'adresser un reproche à l'auteur : Pourquoi n'a-t-il pas aussi appelé la Garonne aQ secours de sa naumachie:' La Garonne est de tous les fleuves celui qui convenait le mieux à l'exécution d'un pareil projet. Achevons cependant le circuit de cet immense bassin : après ce port de la Loire , un golfe s'enloncera dans les profondeurs de Yaugirard , et occupera l'espace qui s'étend depuis le village jusqu'à l'abattoir de Grenelle ; la contre-allée occidentale du Champ-de-Mars sera le quai oriental du bassin. On n'ir;. plus à Saint- Cloud par le bord de l'eau, puisque Passy et Auteuil seront séparés par un golfe ; il faudra suivre une nouvelle route qui traversera Chaillot, le palais ci-devant de Home, Passy, le bois de Boulogne, et aboutira au point où la Seine sortira de la nauma( iiie ; là sera construit un pont magnifique sur le rivage de Surène , et qui s'appellera pont de Saint-Cloud.
Os idées m'inquiétaient beaucoup, car lesgrands
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( hangemens mVpouvantent, mais en revanche que de compensations! comme on retranchera la portion de tf^rrain qui me se'pare du bord de l'eau , je pourrai pêcher par ma fenêtre; la Loire m'apportera les sardines, les lamproies et les aloses par le canal de Yaugirard ; les dauphins, les marsouins et les souffleurs , arriveront par le bois de Meudon , et je les verrai se jouer dans le goUe d'Auteuil ; des vaisseaux de toutes les nations du monde passeront en revue devant moi; les vaisseaux hollandais , à proue large , de'poseront les harengs pecs à ma porte , et je verrai les matelots anglais boire la goutte à la barrière des Bons-Hommes. Pour obtenir de pareilles jouissances , il (aut bien souffrir quelque chose ; ainsi ne chicanons point M. Perronet sur sa naumachie , et faisons des vœux pour qu'il n'emploie pas plus d'un siècle à la construire.
De quelle dimension sera ce bassin ? L'auteur ayant, par ne'gligence ou à dessein, présenté un plan sans échelle , il m'a fallu recourir à l'artifice pour estimer à peu près la surface de sa naumachie. Le Champ-de-Mars étant représenté sur le plan lithographie , il m'a servi d'échelle proportionnelle pour mesurer tout le bassin. Ainsi , après avoir compensé les angles saillans des deux caps par les angles rentrans des deux golfes, j'ai obtenu un parallélogramme assez régulier de dix-huit cents toises de longueur, sur une largeur constante de huit cents : la naumachie enlière pré;s(;nle donc
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une surface d'un million quatre cent quarantemi lie toises carrées ; et il est bon de faire observer que la surface du Champ-de-Mars m'('tait connue à priori.
Quels sont les courans d'eau qui alimenteront cette vaste rade, et l'empêcheront de devenir une inmicnse grenouillère et un loyer d'infectiou :' Ici , les raisonnemens de M. Perronel n'ont point la clarté, et j'ose dire la candeur qui brillent dans tout le reste de l'ouvrage. Tantôt il veut que son bassin occupe tout l'espace que j'ai designé plus haut : tantôt , et comme s'il s'effrayait de cette nouvelle Caspienne , il offre de la réduire , et il en indique les moyens. Ici , je vois la Seine traverser la mer de Grenelle comme le Rhône traverse le lac de Genève ; là, il propose de séparer la Seine du bassin par deux longues et ibrtes murailles qui ne laisseraient communiquer les eaux de la rivière et de la naumachie que par des vannes ou écluses ; et pour fournir les eaux nécessaires à un si vaste espace , il n'a d'auxiliaires qu'une dérivation du canal de l'Ourcq et la pompe à feu du Gros-Caillou, .l'ai parlé de l'introduction de la Loire; mais l'auteur ne la regardant que comme facultative, et non pas comme une condition sine qiui non, il faut bien s'en passer pour emplir le bassin , et le tenir toujours dans la plénitude qu'exige le tirage d'une frégate.
Mais une foule d'objections se présentent, et je vais réduire en dilemmes celles que le bon sens
me suggère. De deux choses l'une : ou la Seine se mêlera librement aux eaux tle la naumacliie , ou elle en sera se'parée par les deux murailles projettes et conslruites sur ses bords. Si elle s'y mêle librement, que deviendra le bassin dans les années de sécheresse, telles que i8o3, 1822 et i825?Un filet d'eau du canal de l'Ourcq suffira-t-il pour inonder, à vingt pieds de profondeur, une surface de quatorze cent quarante mille toises carrées ? Vous aurez beau intercepter le cours de la Seine au pont de Saint-Cloud, l'e'vaporation seule réduirait bientôt votre bassin à une mare insalubre et insuffisante à la navigation. Si, au contraire, la Seine est se'questrcc entre deux murailles , que deviendra la naumachie , mot qui signifie combat naçal? Comment les vaisseaux stationne's sous les hauteurs de Passy et d'Auteuil se porteront-ils vers le cap d'Issy ou le grand golfe de Vaugirard? Il serait beau de voir des frégates attendre la levée d'une écluse pour virer de bord et faire la moindre manœuvre ! Voici maintenant l'autre objection.
Si la Seine est séquestrée, elle n'alimentera le bassin que par intervalles et d'une manière insuffisante : si elle est libre dans le bassin , à quoi vous serviront les pompes de Chaillot et du Gros- Caillou? Comme ces pompes puisent leurs eaux dans la Seine même , ne serait-il pas plaisant de les voir prendre ces eaux dans la rivière pour les y verser un peu plus bas , avec déperdition de celles qui se seraient réduites en vapeur ? La Seine
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iw les aurait-elle pas conrlnites naturellement sans le mécanisme des pompes?
Si je ne me suis point trompe dans mes raisonnemens , il n'y a que la Loire qui puisse venir au secours de M. Pcrronet ; mais il laut prier cette rivière de vouloir bien ramasser et conduire avec elle tons les courans qu'elle rencontrera dans sa route, tels que le Loir, le Cher, etc.; car nous n'aurons jamais trop d'eau pour tenir à flot nos vaisseaux de mer. Si notre bassin est rafraîchi et renouvelé' par des eaux courantes , la salubrité n'y perdra rien : mais vsi la séquestration de la Seine en fait un étang, Paris, situé sous le vent du sudouest de la nauniachie, se ressentira bientôt de ce voisinage , et il aura ses marais Pontins.
Il faut cependant supposer que M. Perronet a des réporises toutes prêtes à ces objections età toutes celles que l'on peut lui faire : car il est intimement convaincu que sa naumachie fournirait à la France des marins incomparables : incomparables pour la bravoure , je veux le croire , mais celte qualité inhérente au caractère français ne sera pas un effet de la naumachie ; sous tout autre rapport , le bassin de Grenelle serait plutôt une vaste école de natation qu'une école de marine; car enfm, les élèves qui n'auraient que ce gymnase pour s'exercer, ne seraient jamais que des marins d'eau douce ; ils ne connaîtraient ni le roulis ni le tangage , ni la mer houleuse ni la mer clapotcusc , ni les baiu s , ni les brisans, ni les bas-fonds, ni les
courans ; ils n'auraient besoin ni de sonde ni de boussole ; s'ils se servaient du loch , ce serait pour s'amuser, et après dix ans d'e'cole , ils n'auront pas plus le pied marin que les habitans de Paris qui ont fait le voyage de Saint-Cloud par terre et par uier.
De cette entreprise gigantesque il ne restera vraisemblablement que le conseil très -sage de rendre la Seine navigable, et cette opération, désirable sous tous les rapports , n'a nullement besoin de cette vaste naumachie , ouvrage som'ptueusement stérile et puéril dans sa grandeur. Je conçois que des princes chéris, comme le dit l'auteur, qui des fenêtres du palais de Chaillot , pourraient voir des vaisseaux de toutes nations sillonner la mer de Grenelle , s'amuseraient pendant trois ou quatre jours d'un spectacle si nouveau, mais il est plus facile à ces princes d'aller voir la mer à (Jierbourg ou à Brest, que d'amener l'Océan sous les murs de (chaillot ; ainsi , je pense fermement que l'isthme de Panama sera percé, et que les mers Atlantique et Pacifique feront leur jonction , avant qu'on ne voie des vaisseaux mexicains, péruviens ou colombiens amarrés aux grilles de notre Ecole- Militaire.
Quand j'ai parlé de rendre la Seine navigable, j'ai emprunté celte expression impropre à M. Perroriet, puisque cette rivière est déjà navigable dans un sens restreint : mais son cours s'écarte si souvent de la ligne droite qui conduit au ïlàvre, que
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le Méandre , si eéR-bre par ses de'lours , n'offre pas des sinuosités plus nombreuses et plus profondes. Ce n'est donc point par la Seine que Ton peut accéic'rcr le voyage , mais }3ar un canal qui ne communiquerait avec cette rivière que pour lui emprunter ses eaux.
La naumacbie de M. Perronet est suivie d'un plan d'organisation pour la garde nationale ; mais dans la crainte que l'auteur ne voulût mclamorplioser ces militaires - citoyens en mariniers de la 'Grenouillère , je n'ai pas lu ce projet. Son livre, au reste , est un monument qu'il est bon de posséder et qui sera curieux quelque jour. Les armées en bailons, les cbemins sous-marins, les bommes marchant sur l'eau , le port de mer de Grenelle et les somnambules magnétiques, seront, avec le romantisme , les signes caractéristiques du siècle des lumières.
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