LE 1 RÏOMPHE DES FEMMES
Ouvrage dans letjiiel on prouve que le sexe réminin est plus noble et plus parfait que le sexe masculin.
Toi Test remarquable dans cette brochure , tout y est au même niveau , format , papier , style , érudition et logique. Arrêtons-nous d'abord à l'épigraphe ; la voici : »< Quoi de pins beau dans la nature que la femme? » Tout l'ouvrage est compris dans ce peu de mots. Il est vrai qu'à cette question quoi de plus beau^ un pigeon répondrait : C'est la colombe ; mais on ne fait pas de livres pour les pigeons : ainsi l'épigraplie est inattaquable.
A ient ensuite une dédicace à mademoiselle Juli( ***. « Mademoiselle, y dit le modeste auteur , vous n'ignorez pas que j'ai trouvé dans votre personne des agrémens non communs. » Et parce que
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l'auteur , après avoir bien cherche dans la personne de mademoiselle Julie, y a trouve des agrémens non communs , il a le droit de déclarer que le sexe féminin est plus pariait que le sexe masculin. Fort heureusement pour nous, mademoiselle Jidie n'a pas fait la même recherche dans la personne de l'auteur, et n'y a pas trouve de plus grands agrémens , carelle aurait lait une déclaration tout opposée , et nous serions dans l'embarras. Suivons: « Ce sont ces agrémens , cette âme , ce cœur et cet esprit qui m'ont inspiré la pensée de composer le Triomphe des Femmes. Si bien, mademoiselle, qu'il est votre production avant qu'il soit mon ouvrage. » Observons bien que le mot de production est appliqué à. la femme , tandis que l'auteur se réserve \ ouvrage; il y a de l'observation dans cette phravSe. « N'est il donc pas juste , ajoule-t-il , que votre nom y paraisse à la tète ?» Or, à la tête je ne vois que mademoiselle Julie trois étoiles ; ainsi , toute Julie qui signe trois étoiles jouira de la plus grande célébrité. L'épîlre se termine par une protestation dont je ferai mon profit. L'auteur assure qu'il ne veut plaire qu'à mademoiselle JuHe trois étoiles toute .seule : ma critique lui sera donc fort indifférente , et je suis affranchi de toute considération. J'allais oublier d'apprendre aux lecteurs que le panégyriste des femmes se nomme M. Charles trois étoiles, et qu'il sera par conséquent auvssi célèbre que mademoiselle Juhe.
Dans son avant-propos, il dit avec assurance
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que son livre c'tant fonde sur la raison , il sera bien reçu de tous ceux qui raisonnent. Cette conse'quence ne me paraît pas rigoureuse, car M. Charles raisonne beaucoup, et je n'ose affirmer qu'il ait toujours raison. Il me paraît surtout avoir tort quand il ajoute, que, pour trouver la vérité, il faut tourner le dos à la ^n altitude : que deviendrait la majorité dans les assemblées delibo'rantes, si l'on adoptait la maxime de M. Charles! Ce qui suit est fort sérieux : pour prouver que la iemme remporte au-dessus de V homme , tel est le style de M. Charles , il annonce qu'il va remonter à la source , et examiner ce qui s est passé dans la création. M. Charles n'est pas le premier raisonneur qui ait eu cette curiosité. Des physiciens , des géologues, des entomologistes, des faiseurs de cosmogonies, ont aussi assisté à l'œuvre de la création : les uns ont vu l'homme commencer par n'être qu'un animalcule infusoire , un volvox ou un polype , devenir poisson, puis amphibie, puis quadrupède, puisse dresser sur ses pieds de derrière, puis composer V iliade ou l Enéide. 11 n'a lallu que quelques milliards de siècles pour passer d'un état à l'autre , et ce systèine m'aurait paru fort raisonnable, si d'autres savans qui assistaient aussi au grand-œuvre, n'avaient pas vu des homnu\s se former dans les ruisseaux par voie de cristallisalion. Ces deux opinions diflérentes m'ont laissé dans le doute, et j'approuve beaucoup M. Charles de n'avoir pas celle lois lourné le <los à la muiti-