‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 4)Chapitre 34 sur 59 · DES JUIFS AU XIX'= SIECLE · texte numérisé non relu

DES JUIFS AU XIX'= SIECLE

existe encore , et que , partout sans patrie , elle soit partout une nation. « Quelles fortunes diverses, » s'e'crie M. Bail , jusqu'à la fameuse captivité de ■ » Babylone et jusqu'à la ruine du Temple! Soit » qu'ils restent fidèles à Darius, après la victoire » d'Alexandre , soit qu'ils errent aux plaines de » Ninive , soit qu'enchaînc's aux chars des Ro- » mains , ils ornent les triomphes de Ne'ron et de » Vespasien ; dans l'excès même de l'infortune , ils » ne cessent jamais d'être une nation ; l'amour de » la patrie est pour eux la première des vertus. » Spectacle e'tonnant et sublime que cette destinée » des enfans d'Israël! Ils deviennent les architectes » des pyramides colossales de l'Egypte , de l'am- » phithéâtre de Rome ; et ainsi , du sein des mi- » sères , ils ont encore la main dans toutes les » grandeurs. » A ce tableau assez vif, l'auteur en ajoute un autre, tracé d'une main plus ferme encore et plus riche en couleurs , qu'il emprunte à M. de Chateaubriand , et qui représente si bien le caractère du peuple juif Je regrette de n'en pouvoir offrir qu'un extrait :

« Objet parliculier de tous les mépris , il baisse j) la tête sans se plaindre , il souffre toutes les ava- » nies sans demander justice , il se laisse accabler » de coups sans soupirer; on lui demande sa tête , » il la présente au cimeterre. Si quelque membre » de cette société proscrite vient à mourir, son » compagnon ira, pendant la nuit, l'enterrer fur- » tivement dans la vallée de Josaphat , à l'ombre

» du temple de Salomon. Pénétrez dans la demeure » de ce peuple, vous le trouverez dans une afireuse » misère , faisant lire un livre mystérieux à des » enfans qui , à leur tour, le feront lire à leurs » enfans. Ce qu'il laisalt il y a cinq mille ans , ce » peuple le fait encore. 11 a assiste dix- sept (ois à » la ruine de Jérusalem , et rien ne peut le décou- » rager, rien ne peut rempecher de détourner ses » regards vers Sion, etc. » {Iii?ieroirf,\on\. 3,pag. 46 et suiv.)

Puisque, dans l'année 1816, un homme d'esprit croit avoir besoin d'employer toutes les ressources de la logique pour prouver que les Juifs sont des hommes comme les autres, qu'ils peuvent être, comme nous , laboureurs, artisans, artistes, citoyens, en un mot ; que notre injustice seule les a forcés quelquefois à user de moyens illicites pour prolonger une existence toujours enviée, lors même qu'elle était misérable ; puisqu'il invoque le témoignage de l'histoire ancienne et de l'histoire moderne pourdémontrerq lie cet te nation a, comme les autres, les germes de toutes les vertus, germes dont l'esclavage , l'oppression et la tyrannie ont pu seuls empêcher le développement , je demanderai à M. Bail la permission de l'oublier un moment , et de fouiller aussi dans les archives de l'histoire pour y retrouver un Irait qui m'a vivement frappé autrefois , et f(ue je crois digne de figurer dans une apologie de la nation juive.

On sait que le plus fou des empereurs romains.

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