‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 4)Chapitre 43 sur 59 · DE SHAKESPEARE ET DE LA POÉSIE DRAMATIQUE · texte numérisé non relu

DE SHAKESPEARE ET DE LA POÉSIE DRAMATIQUE

Par F. GuizOT.

La littérature classique est malade depuis longtemps : elle l'est, parce que tout finit en ce monde ; elle l'est , parce qu'après avoir atteint l'apogée de

la vie intellectuelle, il ne lui restait plus qu'à descendre. Mais qu'on oc se méprenne pas sur la nature du mal qui la consume: bien loin de succomber sous les efforls des barbares qui lui font la guerre, elle ne doit peul-ètre qu'à leurs attaques maladroites le reste de vigueur qu'elle lait encore paraître. Qui sait même si celte persécution ne lui sera pas salutaire, et ne \a pas lui rendre une seconde vie? Ses ennemis sont innombrables, je le sais; car les conditions nécessaires pour être admis dans les rangs des romantiques ne sont pas difficiles à remplir: il suffit de manquer de goût, de n'avoir fait aucune étude, et de méconnaître toute règle et tout principe ; il est impossible que, dans le siècle des lumières, il ne se trouve pas un grand nombre d'hommes doués de ces précieuses qualités. Les esprits de cette trempe sont les plus heureusement nés pour apprécier les beautés romantiques. Le poète aura bouleversé les laits historiques, et méconnu les mœurs des nations ; que nous importt; ? Sommes-nous au théâtre pour y faire un cours d'histoire ? Le poêle fait arriver des vaisseaux dans la Bohème : il y avait peut-être des ports de mci"en Bolième dans ce temps-là. Il place des sauvages près de la ville de Gènes; eh bien! IcsTIurons et les Illinois habilent ])eut-èlre près de SavoTie ou d'Albcnga. On nous montre un héros enfant au picmicr acte et barbon an dcrniei*; et pourquoi pas? Lne tragédie romantique ne doitelle pas tire un roman dialogué? Pour amuser le

spectateur, il faut lui présenter une variété de tableaux: vive (Jonc l'illustre Shakespeare qui, semblable au INeplune d'Homère, ne lait que trois pas pour arriver des soumiets de la Samo-Thrace à la plaine d'ilion ! Vive surtout l'admirable Goè'lhc qui, dans son Goctz de Berlichingen, fait changer cinquante- six fois \m théâtre! Cinquanle-six dc'corations dans une seule tragédie! quelle fécondité! venez donc lui comparer votre Racine qui nous montre toujours les mêmes murailles! 11 faut que l'action dramatique ait du mouçcment , eh bien! dans nos chefs-d'œuvre ossianico- romantiques, les héros ne remuent-ils pas sans cesse les bras et les jambes? les voit-on rester deux minutes à la même place? Si vous voulez de l'intérêt, de cet intérêt poignant , sufloquant , déchirant qui procure des sensations si délicieuses , contemplez ce mari qui étrangle sa fenune dans le lit nuptial, et qui vient tâter ensuite si elle est bien morte : voyez, jouissez, et moiuez de plaisir.

Les admirateurs de ces étranges beautés ont sur le style tragique des idées parl'^aitement analogues aux opinions qu'ils se sont formées sur l'action du drame : on a lait passer devant eux des palais, des carrefours, des cimetières et des tavernes, et ils trouvent fort raisonnable que le dialogue se ressente du voisinage de tous ces lieux. Dans le palais l'homme sera effréné comme la Jïamme de r incendie^ la femme sera perfide comme l'onde; dans la rue, un misérable valet osera dire à sa maîtresse :

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« Bail ! Ja femme la plus sotie en sait assez pour se faire faire un enfant^ » et sur un quai \kn gondolier éveillera un père respectable pour lui crier:

Tandis que vous do? niez votre fille Jait » En

vérité, je ne suis pas assez impudent pour c'cnre ici ce qui est assez noble pour la tragédie romantique. Il y a long-temps que Diderot a prédit ce qui nous arrive. Voyant que l'on se disposait à montrer un échafaud dans la tragédie de Tancrcde^ il dit aux comédiens: « Messieurs, quand un homme de génie aura placé une potence sur votre théâtre , les imitateurs y accrocheront le pendu. » Nous avons , j'en conviens , un très-grand nombre d'hommes de génie capables d'accrocher l'intérêt à la potence, mais quels que soient leurs sucres, quels que soient les transports de la foule qui crie, qui hurle ou se pâme à la représentation de leurs chefs-d'œuvre, qu'ils ne se vantent pas d'avoir pour eux la majorité des voîx^ comme ils le disent niaisement; aux yeux d'un homme de goût, pluralité et majorité ne sont point synonymes, et l'opinion de quelques hommes, fidèles au culte des véritables jNIuses, l'emportera, je l'espère encore, sur cette foule d'hommes de génie qui médisent des Sophocle et des Racine , comme les gueux médisent des riches, comme le nain médit du géant.

Non, tout n'est point désespéré. Livrée à ellemême , la littérature classique périssait peut-être après une longue agonie. Occupés de tout autre

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chose, nous l'aurions vu niouilr avec indifrcrence; mais, en conside'rant les hommes qui l'attaquent, l'indignation nous fera voler à son secours, et nous la rétablirons dans ses droits, au moins pour quelque temps. 11 faudra bien un jour se décider sur cette grande querelle : il faudra comparer les coryphées des deux troupes ennemies; il faudra faire entrer dans l'arène Boileau avec M. Schlegel , et Horace avec M. Guizot : en sommes-nous venus au point de souffrir un pareil combat? En attendant ce grand jour, je demande la permission de raconter un apologue qui n'est point étranger à la question. Deux lézards passaient devant un palais magnifique : « Que cela est laid! dit l'un des reptiles; pas une fente, pas une crevasse où nous puissions nous loger. » Le lendemain, un tremblement de terre avait fait crouler l'édifice, et les marbres gisaient confusément entassés sur le sol. Les lézards repassent : « Que cela est beau! s'écrièrentils tous deux ; il faut avouer que l'homme fait quelquefois de belles choses : nous pouvons pénétrer partout. » Yoilà des lézards bien romantiques, et bien dignes de vivre dans le siècle des lumières. Pourquoi faut-il qu'une partie de ces réflexions soient applicables à M. Guizot ? Les hommes d'esprit pensent-ils donc qu'on ne les remarquera pas assez s'ils se renferment dans les limites du goût et de la raison? Qu'ils se détrompent : le bizarre et l'extravagant n'étonnent plus personne, et c'est un bon moyen de se distinguer que de rester rai-

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sonnabic. Ptcndons cependant justice à M. Guîzofr il attache certainement fort peu d'importance à la brochure que j'ai maintenant vSous les yeux, et que je regarde comme une débauche d'esprit. S'il avait cru qu'elle pul ajouter quelque chose à sa réputation, il se serait au moins donne la peine de la relire, et il n'y aurait pas laissé de ces fautes grossières fju'il faut bien rejeter sur la précipitation ou l'insouciance quand il n'est pas possible de les attribuer à l'ignorance ou à l'absence du talent. Il n'aurait pas dit , par exemple , qn Eschyle retrace à ses concitoyens la victoire de Marathon , et aussi les inquiétudes d'Atossa et les douleurs de Xercès. M. Gnizot sait très-bien que Xercès n'a régne que cinq ans après la bataille de Marathon, et aussi qu'il est question dans les Perses d'Eschyle de la défaite de Salamine ; mais on n'y regarde pas de si près f[uand on conmiente un auteur tragique cpii fait laire en cjuinze jours plusieurs voyages de l'Angleterre à la Terre-Sainte. Partout ailleurs que dans une apologie du romantique , M. Guizot n'aurait pas écrit des phrases telles que celles-ci: " Peu d'actions comportent en réalité une action si soudaine. » Puis ailleurs; « Un goût si universel et si vif ne se repaîtra pas long- temps de productions insipides et grossières. » Ce prétérit un peu trop romantique nous prouve que le style d'un avocat se ressent toujours de la cause qu'il défend. Dans tout autre ouvrage, M. Guizot se serait bien gardé d'indiquer comment la tragédie

cVAtlialle aurait dû être faite pour lui plaire: cela m'a choqué, j'en conviens, mais j'ai relu le paragraphe, et j'ai compris que M. Guizot est très-capable de refaire Athalie, et de la rendre fort amusante.

Dans toutes les pages de celte hi'ochure, on voit M. Guizot domine par un goût que sa raison n'approuve pas : il n'ose pas même nommer le genre de drame Cjui est l'objet de sa prédilection: il atlaque hardiment le genre classique ; il raille agréablement cette froide nation littéraire qui ne connaît, dans la nature, rien de plus sérieux que les intérêts de la versification, ni de plus imposant que les trois unités. IMais il ne nomme pas le romantique ; ce mot ne se trouve qu'une seule fois, et par inadvertance, dans son ouvrage : il en sent le ridicule. Assez audacieux pour corriger Racine , il n'a pas le courage de dire: J'aime le romantique, et j'aspire à devenir l'Aristole du boulevard du Temple. Cette pudeur est d'un bon augure. Quand M. Guizot sera rentré dans la bonne route, et il y rentrera, nous l'entendrons alléguer sa réticence comme une excuse légitime, et dire comme la Phèdre classique :

Même au pied des autels que je faisais fumer, J'offrais tout à ce Dieu que je n'osais nommer.

Il est curieux d'observer jusqu'à quel point un mauvais penchant et une erreur de goût peuvent offusquer le jugement d'un homme qui joint à beaucoup d'esprit, du savoir et du talent. Selon

43o OUVRAGES DIVERS.

INI. Guizt)l, une représcnlailon ihcâtrale est une fête populaire. Le devrloppcmcnt de celle proposition est que laporslc dniinuliijiic est née au initiciL ihi peuple; qu'elle s adresse au peuple pour l'ennoblir, pour étendre et vlcijier son existenee morale, elc. Vat peuple ^Isl. Guizot cnleiid loiile la masse de la nation, c'est-à-dire la multitude ; cela est si vrai qu'il regarde comme le plus dangereux écueil de l'arl dramatique, sa tendance à dci'enir le plaisir faeori des classes supérieures ; en se laissant séduire à cette liaute foiiune^ il a perdu ou compromis son énergie et sa liberté. J'accorde toutes ces propositions, et je dis: Si la nature de l'art dramatique est d'être un noble annisement pom' toute la masse du peuple, et si cet art perd quelque chose de son énergie et de sa liberté en s'adressant de préférence aux classes supérieures , il nous est liicile de connaître quel est le système dramatique, quelle est la poétique de l'art qui doit prévaloir sur les autres. Or, chez les Grecs et chez les Romains, le peuple entier était appelé aux re})iésenlalions scéniques, puisque les places au théâtre étaient gratuites; donc, le système adopté parles Grecs et les Romains est le plus parfait de tous ; donc, la poétique d'Aristolc doit prévaloir sur tous les autres systèmes, puisqu'Aristote n'a tracé les règles de l'art qu'après avoir consulté le goût du peuple, et n'a présenté cf)nnne des chefs-d'œuvre que les ouvrages qui avaient été le plus constamment approuvés et applaudis par tout le peuple

assemble. Il re'sulte également clés principes de M. Guizot, que, chez les peuples modernes, les places au théâtre n'elant point gratuites, le spectacle n'est point offert à la nation tout entière, mais seulement à la portion qui peut payer ; et, par une conse'quence rigoureuse, il ne peut y avoir de bon système dramatique que celui qui obe'it à la thèoried'Aristote,seullègislatcurlcgitime, puisqu'il a pris pour juge le peuple tout entier. Ce n'est pas moi qui fais ce raisonnement , c'est M. Guizot qui me le fournit, et je le crois inattaquable.

Je devrais remercier l'auteur du succès qu'il me procure dans cette discussion, et de sa franchise à de'clarer que le public tout entier est le juge compétent des systèmes dramatiques; mais M. Guizot oublie bientôt ce qu'il vient d'écrire, et il détruit dans une phrase les incontestables vérités qu'il u proclamées dans une autre. En racontant la vie de Shakespeare, il cite de ce poète unehnllade aussi mauvaise qu 'il le fallait pour divertir singulièrement le public auquel il demandait alors ses triomphes. Telles sont ses expressions. Il fallait donc qu'un ouvrage fût bien mauvais pour divertir ce public , et ce public était aussi le juge des tragédies de Shakespeare , et c'est pour ce public que Ton doit faire des tragédies , et c'est d'après le goût de ce public que la poétique de l'art doit être tracée ! On voit que, si une fois, sans le vouloir, M. Guizot a justifié la poétique d'Aristote , il n'a rien emprunté à sa logique.

432 OrVF.AGES DIVERS.

Voiri d'aulrcs propositions que le lecteur tachera de concilier, s'il le peut • « Dans le cœur seul de l'homme peut se passer le fait dramatique ; l'événemenî qui en est l'occasion ne le constitue point. La mort de l'amant est rendue dramatique par la douleur de l'amanle, le danger du fils par l'effroi de la mère ; quelque horrible que soit l'idée du meurtre d'un eiifanl , c'est iï Andromaque seule

que nous occupe Astyanax L'apparition d'un

spectre ne ferait rien à personne dans la salle si quelqu'un ne s'en efirayalt sur le théâtre ; et pour l'eflet dramatique du somnambulisme de lady Macbeth, Shakespeare a eu soin d'en rendre témoin un médecin et une femme de chambre, chargés de nous transmettre les terribles impressions qu'ils en reçoivent. » Je ne chicanerai pas M. Guizot sur les conséquences que l'on peut tirer de ce paragraphe ; je ne lui objecterai pas que le meurtre d'un enlant pourrait être dramatique lors même que nous ne connaîtrions pas le père ou la mère de cet enfant ; je ne ferai pas observer qu'Ajax , seul sur le théâtre, et se disposant à se tuer; que Mllhridate délibérant dans un monologue s'il lera périr son hls Xipharès , sont des personnages dramatiques , bien qu'il n'y ail près d'eux ni médecin ni femme de chambre, chargés de nous transmettre les impressions qu'ils reçoivent.

J'adopte tout ce qu'a dit M. Guizot , et je veux croire que le spectateur ne sent , ne s'intéresse , et ne s'émeut que par l'intermédiaire d'un person-

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nage sccnlque , ce personnage ne fût-il qu'une femme de chambre. Voilà donc une doctrine bien arrêtée, et quoiqu'elle proscrive les inonologues, je veux en faire une règle dramatique. Mais fiezvous aux doctrines de M. Guizot! A peine ai- je tourne' quelques feuillets, je trouve cette autre de'cision qui bouleverse toute ma poétique : « La » péripétie peut exister pour les personnages , ja- >' mais pour les spectateurs, » Eh quoi ! je ne suis ému du meurtre d'un enfant que par la douleur de la mère ; lady Macbeth ne m'effraie que parce qu'une femme de chambre a peur, et quand cette dame et cette femme de chambre passeront de la crainte à l'espoir, ou de la joie à la douleur, cette révolution sera nulle pour moi! je ne sens , je ne suis ému que par l'intermédiaire d'un personnage du drame, et la péripétie qui affecte ce personnage me laisserait insensible ! Une contradiction aussi choquante provient de ce que M. Guizot ne considère que telle ou telle pièce , et jamais l'art dramatique en général. II voit une belle situation dans Macbeth ou dans Othello , et vite il fait une règle pour toutes les tragédies. Au lieu de dire que la péripétie neyÀsXe jamais pour le spectateur, ce qui détruit tout ce qu'il a établi antérieurement, il devait faire observer qu'il y a quelquefois de fausses péripéties , mais qui , toutes fausses qu'elles sont , agissent cependant encore sur le spectateur. Je sais, par exemple , qu'Enée va partir et abandonner Didon ; oh ! sans doute je ne partage pas la sécu-

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rite de celle reine et le bonheur dont elle se croit assurée , et cependant cette sécurité même me touche et m'attendrit , et je suis tente de crier : Ne vous rejouissez pas lanl ! Mais dans liodogiine , quand je connais les atroces projets de Cleopâtre , et quand j'ignore encore quel en sera le succès , dira-t-onque je puisse rester insensible à la terrible et heureuse péripétie qui iorme le dénoûmcnt ? Mais voilà , ce me semble , beaucoup trop de raisonnemens pour combaltre des idées si peu raisonnables.

\eut-on une troisième preuve de l'embarras dans lequel M. Guizot s'est jeté , pour n'avoir pas voulu se soumettre aux règles imposées par les législateurs du Parnasse dramatique? A la page 1 4o, il avoue que l'unité d'action (sou\cnez-\ous de ces deux mots) est indispensable à l'unité d'impression. C'est la seule des trois unités que M. Guizot respecte et regarde comme nécessaire ; mais la manière dont il l'entend est si étrange , qu'il valait autant rejeter cette unité comme les deux autres : pourvu que les diverses actions , les faits , les événemens, quelque multipliés qu'ils soient, se rapportent au même personnage , M. Guizot est satisfait , et il reconnaît l'unité d'action et d'intérêt. Il faut bien que j'en cite un exemple , car on ne m'en croirait pas : « Richard III, dit-il page 142, marche de complot en complot^ chaque nouveau succès redouble l'effroi que nous a causé d'abord son infernal génie , la pitié qu'éveille successive-

ment chacune de ses victimes vient se perdre dans les scnlimens de haine qui s'amassent sur le persécuteur.... et ainsi, Piichard , centre d'action, est en même temps centre d'intérêt , etc. » Ainsi , on peut faire une trago'die de Néron : empoisonner d'abord Britannicus , puis assassiner Agrippine , faire re'pudler et tuer Octavie , condamner Epichariset Pison, faire pe'rirPoppee d'un grand coup de pied dans le ventre , ordonner à Sénèque de s'expédier lui-même, faire égorger Thrasêas, Soranus , etc., etc.... et comme Néron sera toujours centre d'intérêt dans cette belle tragédie , nous serons forcés de convenir qu'il y a également wiité d action. J'y consens , mais à condition que la tragédie s'appellera dorénavant biographie dramatique. Suétone ne se doutait guère qu'il eût écrit douze belles tragédies auxquelles il ne manquait que le dialogue.

J'ai parlé d'Athalie ; il faut bien que je dise pourquoi cette tragédie est si médiocre. C'est parce que la conspiration y est sous nos yeux , tandis que nous n'avons fait qu'entendre parler de la tyrannie , « que l'action nous eût révélé les maux que traîne après soi l'oppression ; que nous eussions vu Joad excité , poussé par les cris des malheureux en proie aux vexations deV étranger; que l'indignation patriotique et religieuse du peuple contre un pouvoir prodigue du sang des misérables, fût venue légitimer à nos yeux la conduite de Joad, et l'action ainsi complétée ne laisserait dans notre

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