‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 4)Chapitre 55 sur 59 · DE LA DOMESTICITÉ · texte numérisé non relu

DE LA DOMESTICITÉ

leSf ce qui les condamne tous sans exception. Les chaires chrétiennes ont retenti. ..,et voilà q u 'elles

retentissent , etc Le reproche est général, et il

s'adresse à tous les prédicateurs. Mais que dirait M. Grégoire, si un journaliste, imitantsonexr^nple, et généralisant les inculpations odieuses , s'avisait d'écrire que les prêtres ont partagé les principes révolutionnaires , qu'iLS ont donné le signal de désobéissance à l'autorité légitime, qu'iLS se sont placés dans les rangs des ennemis du trône , que LES évéques même ont aidé à détruire notre antique monarchie. Certainement , l'ancien évêque de Blois serait justement indigné d'un pareil langage : parlez des prêtres révolutionnaires, dirait-il, et il aurait bien raison ; car rien n'est plus injuste , rien n'est plus odieux que de diffamer une classe entière pour les faules de quelques individus.

Relativement aux divers corps constitués qui paraissent si lâches aux yeux de M. Grégoire , il me serait facile de prouver que plusieurs de leurs membres , bien loin de montrer de la bassesse , se sont signalés par une résistance courageuse , et se sont exposés à de plus grands dangers que n'en a couru l'ancien évêque de Blois. Il a donc été éga ment injuste envers ces corps , en les inculpant en masse. Mais supposons (ce qui est évidemment faux), supposons qu'il ne se soit point trompé, un homme aussi instruit que M. Grégoire devraitil s'ei\ étonner? Ne sait-il pas que , dans tous les temps et chez tous les peuples, la puissance et 1^

522 OÏTVRAGES DIVERS.

faveur ont fait fumer l'encens de la flatterie ? La flatterie est ne'e le jour même où chez les hommes on vit expirer Tegalite primitive : il y a des flatteurs partout où il n'y a plus de sauvages. Ces Romains, qu'on nous a présentes comme des modèles, nous valaient bien à cet égard. Le sénat romain n'accorda-t-il pas à César un droit que je n'ose spécifier ici ? N'a-t-il pas décrété qu'Auguste était au-dessus des lois? Les descendans des Scipion et des Camille n'onf-ils pas été les valets de Séjan jusqu'au jour de sa chute , où ils voulurent le déchirer de leurs propres mains? Ce même corps n'eut-il p.'is fine oncevable lâcheté de décréter que quand Tibère viendrait au sénat, ou fouillerait les sénateurs pour s'assurer qu'ils n'avaient point de poignards cachés sous leurs robes ? L'un d'entre eux n'af(irma-t-il pas, par serment, qu'il avait vu l'âme d'Awguste monter au ciel? Que d'exemples ne citerais-je point si l'espace ne me manquait pas , et si je n'avais pas assez dém'ontré que les reproches de M. Grégoire sont très-injustes, qu'ils seraient inutiles quand même ils seraient justes , et qu'ils sont très-déplacés dans cet ouvrage quand même ils seraient utiles! Il faut donc espérer qu'il fera disparaître ce paragraphe indiscret d'un ouvrage estimable à bien des égards, et qu'il me pardonnera des réflexions qu'il a provoquées lui-même, quand il s'en est permis de plus dures et de plus gratuites.

l/rS\GE DU MO><DE. 523

Page 1