GRÉTRY EN FAMILLE. C
correct et pur; la césure doit être franche, et la rime belle. Mais quand il s'a^pt d'appliquer ces principes aux diffe'rens genres , les règles obéissent aux convenances et les préceptes fléchissent. Dans la comédie , par exemple , on fera sentir au jeune homme que les vers doivent prendre la tournure et le coloris des personnages introduits sur la scène ,. et que l'élégance, la correction, la pureté continues seraient presque aussi ridicules dans les discours de Mascarille que le langage du peuple dans la bouche d'un homme de la cour. L'étudiant sait enfin que dans les ouvrages où le poète parle,les vers sont très-différens de ceux qu'un poète prête aux personnages de comédie , quoique ce soient toujours des vers alexandrins.
Dans les écoles de musique , au contraire , on n'apprend que la musique : et le jeune homme qui a fait de bonnesyt/^i/e^ vient juger le duo de Pierrot et de Colombine avec les principes du maître de chapelle. Fier de connaître le contrepoint, il demande un poème avec une noble confiance , et il ne doute pas que la science des modulations et desreriversemens d'harmonie ne lui suffise pour connaître les caractères , les passions , la déclamation, la versification, la prosodie, et tout ce qui constitue une œuvre dramatique. Mais , diton, il existe uue école de déclamation dans le Conservatoire même , c'est-à-dire que les élèves peuvent apprendre les deux arts séparément , mais il leur manque un troisième art , c'est celui de
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réunir, <le fondre ensemble les deux autres ; art sans lequel on sera toujours médiocre au théâtre ; art qui a immortalisé Grétry, et qui donne à ses vieilles pièces la fraîcheur de la jeunesse , tandis que des compositions plus savantes et plus modernes sont tombées si profondément dans le gouffre de l'oubli , qu'aucune révolution ne peut les en tirer.