‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 5)Chapitre 50 sur 117 · CONTRE LES OUVRAGES FAITS EN SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

CONTRE LES OUVRAGES FAITS EN SOCIÉTÉ

A cet égard , je partage la défiance du public. Que de livres annoncés comme l'ouvrage d'une société de gens de lettres , et qui n'étaient en effet que des compilations indigestes, faites par quelques spéculateurs en librairie ! Combien d'autres livres au frontispice desquels des savans ou des gens de lettres étaient réellement nommés comme auteurs de ces productions , mais auxquels ils n'avaient point travaillé , et que peut-être ils n'avaient point lus ! Je ne veux point inférer de là qu'un véritable savant ait pu jamais compromettre sa réputation et son honneur jusqu'à vouloir tromper impudem-

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ment le public ; mais cédant à l'impoitunité, à un sentiment de bienveillance , de bienfaisance peutêtre , incapable d'ailleurs de supposer dans les autres une cupidité dont il est lui-même exempt, il consent à attacher son nom à un ouvrage qu'il croit utile , et qu'il juge devoir être fait en conscience.

Il y a plus : les livres faits par une société de savans , lorsque ces auteurs sont nommés, et lors même qu'ils les ont réellement composés, peuvent encore ne pas inspirer une confiance entière , si l'on n'y désigne pas clairement les parties dont tel savant s'est individuellement occupé. Un ouvrage, en effet, peut avoir vingt ou trente noms d'auteurs, tandis que chacune de ses parties reste anonyme. A qui demandera-t-on compte de telle erreur, de telle négligence ? Ce que tous auront fait, personne ne l'aura fait ; chacun aura mis moins d'exactitude dans son travail, parce qu'il aura su que ses torts seront partagés par ses collaborateurs; l'ouvrage entier sera négligé par une société dont chaque membre n'eût rien négligé s'il eût travaillé seul , parce que quand le tout est de tous , chaque partie n'est de personne.

Que faut-il donc pour détruire toute défiance , pour répondre d'avance à toute pbjectioni' 11 faut faire ce qu'ont fait les auteurs du Dictionnaire des Sciences médicales ; il faut que tout l'ouvrage ne soit pas supposé la réunion des pensées de tous, mais que chaque partie y appartienne exclusive-

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ment à un auteur qui s'y nomme , qui en réponde sans eom promettre les autres , et que chacune de ces parties y soit traitée aussi complètement et avec autant de soin que si elle avait dû être publiée seule.

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