‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 5)Chapitre 53 sur 117 · DE L'INSTITUT · texte numérisé non relu

DE L'INSTITUT

d'établir une opinion nouvelle et de dire quelques vérités ; projet qui exige du courage , même dans le sein de l'Académie.

Son début a été noble et modeste : il s'est comparé au disciple qui s'assied pour la première lois parmi ses maîtres ; il a paru plus étonné de son bonheur qu'enorgueilli de son triomphe ; puis bientôt s'oubliant lui-même, il a jeté des fleurs sur la tombe de M. Laujon ; et cette fois l'éloge académique n'a pas été discuté par le devoir; il était inspiré par l'estime et prononcé par l'amitié.

Je ne ferai pas à M. Etienne un mérite de son assurance : il était bien sûr de plaire à tout le monde en parlant de M. Laujon; mais cet avantage même avait son écueil. Sans doute l'esprit, l'aménité, la vie irréprochable de son prédécesseur, semblaient rendre la louange aussi facile qu'elle était agréable ; mais le genre auquel M. Laujon s'était particulièrement consacré formait un singulier contraste avec la gravité d'une séance académique : ce n'était pas une petite entreprise que de faire l'éloge de la chanson devant des Muses sérieuses, lorsqu'on venait de parler de la dignité de l'histoire et d'évoquer les ombres des Thucydide et des Tacite.

M. Etienne a senti le danger de cette disparate. Vouloir éluder la difficulté, c'était l'accroître; il l'a vaincue en l'abordant franchement. Que de graves censeurs se récrient sur la frivolité du genre qu'ils méprisent, la chanson, parce qu'il est très-

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