‹ Œuvres de F.-B. Hoffman (volume 5)Chapitre 90 sur 117 · L'ORAGE · texte numérisé non relu

L'ORAGE

La campagne languissait,

Aride, embrasée , Et Flore dépérissait

Faute de rosée.

D'Aurore les tendres pleurs

Ne pouvaient suffire , Tout brûlait l'émail des fleurs,

Même le Zéphyre.

Enfin le ciel se couvrit ,

On reprit counge; Mais une autre frayeur prit,

C'était un orage.

Déjà le vent déchaîné

Fait frémir la terre 5 Dans le nuage entraîné

Gronde le tonnerre; Le crêpe affreux de la nuit

Cache la lumière; Le voyageur tremblant fuit

Sous une chaumière ;

Mais la peur qui l'y conduit

Entre la première.

Cependant de longs torrens

D'une fraîche pluie , Humectent les prés mourans,

Leur rendent la vie 5 Déjà Flore a soulevé

Sa tige flétrie , Et le gazon abreuvé

Rit dans la prairie.

Hier de même il m'advint

Que près d'Aspasie , Une querelle survint,

C'était jalousie.

Dame Discorde entre nous ,

Criait, faisait rage; Mais l'Amour à nos genoux ,

Riait de l'orage.

Enfin ce dieu prévalut;

Douce paix fut faite, Et l'orage me valut

Récolte complète.

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