SCÈNE VIII
CORADIN, ALIBOUR , LA COMTESSE, sans être vue.
CORADIN
Alibour, m'aimes-tu?
ALIBOUR
Seigneur, éprouvez-moi.
CORADIN
M'aimes-tu? Je me veux assurer de ta foi.
ALIBOUPi, voyant la comtesse.
{A part.) {Haut.)
On m'observe. Seigneur, vous connaissez mon zèle,
Vous savez si mon cœur vous fut toujours fidèle.
CORADIN, avec colère.
Eh bien ! prouve-le-moi.
COMEDIE. 1 2 t
ALIBOUR
Que voulez-vous, grands dieux?
CORADIN
Va , coiu:s, délivre-moi d'un objet odieux.
ALIBOUR
Eh comment?
CORADIN
D'Euplirosine ordonne le supplice.
ALIBOUR
Quel supplice ?
CORADIN
La mort.
ALIBOUR
La mort !
CORADIN, résolu.
Qu'elle périsse!
ALIBOUR
Quel arrêt! juste ciel!
CORADIN
Ne vas pas me trahir; Autant je t'aime, autant je saurais te haïr.
ALIBOUR
Ah ! quelque tems du moins, seigneur, daignez attendre; Daignez vous assurer....
Je ne veux rien entendre.
ALIBOUR
Eh bien! vous le voulez, je vais hâter sa mort; INlais un jour, croyez-moi, vous pleiu-erez son sort.
122 EUPHROSINE
CORADIN
Non.
ALIBOUR
Vous regretterez sa jeunesse et ses charmes, Un jour sur vos fureurs vous verserez des larmes ,
Vous me détesterez
CORADIN
Jure de me servir, Ou d'autres sauront bien me venger et punir.
ALIBOUR
N'imputez donc qu'à vous l'horreur de ce suppHce , J'étouffe ma pitié , j'en fais le sacrifice; Je vais en gémissant ordonner ce trépas , !Mais Alibour, seigneur, ne vous trahira pas.
CORADI>\ \ a donc, et prouve-moi ton amour pour ton maître.
ALIBOUR
X)anspeud'instans,seigneur,vouspourrez le connaître.
( // sort. ) LA COMTESSE, à part.
Je crains ce médecin.