‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 170 sur 263 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

SABINE, EMIRÈNE.

SABINE , à elle même.

Juste ciel! est-ce à moi que ce discom-s s'adresse? Est-ce ainsi qu'il m'accueille? est-ce ainsi quïl me laisse? Des maux qu'on m'annonçait et dont j'ai tant douté , J'éprouve donc enfin l'affreuse vérité!

( Haut. ) A cet étrange accueil, je deviné sans peine Que j'ai devant mes yeux la superbe Ëmirène , Et je m'étonne moins, depuis que je la voi, Que César soit séduit et trahisse sa foi. Qui peut à tant d'atiraits disputer l'avantage?

260 ADRIEN

ÉMIRÈNE.

Au lieu de m'adresser un discours qui m'outrage, Plaignez plutôt le sort qui s'attache à mes pas; Si vous le connaissiez , vous ne l'envîriez pas.

SABINE

Croyez-vous me tromper à force d'artifice ? Votre vainqueur au moins se rend plus de justice. Justes dieux! une esclave, et la fille d'un roi, Triomphe de César et l'emporte sur moi! Je sais tous vos desseins , captive ambitieuse; Mais tremblez , votre orgueil a tout à redouter : Oui , powr vous des honneurs la route est périlleuse , Et la mort vous attend où vous voulez monter.

De Rome craignez la colère , Elle fixe sur vous ses terribles regards. Rome souffrira-t-elle une esclave étrangère Assise insolemment au palais des Césars ?

Déjà ma vengeance s'apprête.

Du peuple, des soldats j'armerai la fureur Contre l'indigne esclave et son lâche vainqueur :

Je leur demanderai ta tête ; Et quiconque est Romain deviendra mon vengeur.

ÉMIRÈNF.

Dans mon cœur malheureux si votre œil savait lire ,

Vous vous repentiriez d'un injuste courroux;

Et... que vois-je? grands dieux ! Pharnaspe! mon époux!

SABINE, à part. '

Son époux! que veut-elle dire?

Page 1