‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 207 sur 263 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

CAÏN, ANAMALEC.

( Caïn s'endort au pied d'un buisson. Anamalec s'élève derrière lui, tenant en main la massue Jorgée dans les enfers. )

ANAMALEC.

Tu dors, Caïn, tu dors; mais ton ennemi veille. Hâte-toi de jouir, ce n'est pas pour long-temps. Je t'apprendrai bientôt, par de nouveaux tourmens.

Que jamais l'enfer ne sommeille.

Démons , emparez-vous de son cœur agité ; Tourmentez son esprit par un horrible songe ; Et sous le voile du mensonge , Découvrez-lui l'affreuse vérité.

( La montagne s'ouvre, et l'on découvre dans la vapeur un horizon immense. Anamalec Jait voir dans un tableau magique tous les maux réservés à la postérité de Gain. Dans tout ce tableau , la musique accompagne les différentes images qui s'ojjreni à Caïn. )

Caïn, de l'avenir perce l'obscurité;

Vois à quel prix tes fils couvriront cette terre ,

De leur triste postérité.

L'homme partout à l'homme a déclaré la guerre^

Vois sa longue calamité,

Orgueil, avarice, colère,

Artifice, méchanceté,

Trahison, désespoir, misère...

Gain , de l'avenir perce l'obscurité.

CVlN , en dormant,

O douleur ! ô tourment! tout mon cœur se déchire! ANAMALEC,

Jetons ce malheureux dans un nouveau délire;

Frémis, Caïn, frémis : contemple tour à tom*

Les maux qui vont pleuvoir sur ta race coupable, Et le bonheur inaltérable

Dont les enfans d'Abel doivent jouir un jour.

[Le tableau change ; il présente un site agréable , et une pantomime analogue offre l' image d'un peuple heureux. )

CHŒUR DE BERGERS , dans le lointain.

Tout ici nous offre l'image Des plaisirs les plus enchanteurs.

Nous avons un ciel sans nuage.

Nos oiseaux ont un doux ramage , Tous nos champs s émaillent de fleurs ; Nous dansons gaîment sous l'ombrage ; Nous coulons des jours sans orage , Rien n'en peut troubler les douceurs:

Tout ici nous offre l'image Des plaisirs les plus enchanteurs.

324 ABEL

CAÏN

O supplice !

ANAMALEC.

O triomphe !

CAÏN

o soif de la vengeance!

ANAMALEC.

Eveille-toi, saisis ce fer; En ces lieux ton frère s'avance...

Voilà le présent de Tenfer.

{Il jette la massue près de Caïn, et il disparaît. )

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