CLÉONE, DORIS
CLEONE.
Conduite dans ces lieux par l'ordre de mon père , Dis-moi, chère Dorls, que faut il que j'espère?
Pourquoi , près du temple des dieux , Me fait-il devancer le peuple qui s'assemble ? L'ordre qu'il m'a donné.... son air mystérieux.... Ici seule avec toi.... je ne sais.... mais je tremble.
DORIS
Le père d'Anténor habite dans ces lieux.
CLÉONE
Ces lieux?.... Tout m'y paraît aimable.
Pourquoi m'inspirent-ils ce trouble inconcevable ! Ils n'ont rien d'effrayant.
DORIS
Sans doute qu'à vos yeux Se montrera bientôt celui qui les habite.
CLÉONE
Ah ! ne me quitte pas.
DORIS
Quel effroi vous agiter*
Anténor.
CLÉONE
Anténor? Mais à chaque moment Pourquoi me répéter ce nom ?
DORIS
Il est charmant.
CLÉONE
Et pomquoi pensez-vous qu'il faille m'en instruire ?
DORIS
Je ne vous l'apprends pas , je ne fais que le dire.
CLÉONE
Expliquez-vous, Doris; je ne vous comprends pas. DORIS.
Pour que vous m'entendiez , je parlerai plus bas. Dans ce jour, m'a-t-on dit , les nœuds de l'hyménée, Vont du jeune Anténor fixer la destinée. J'ignore la beauté qui recevra ses vœux ; Mais au sort de l'époux mon âme s'intéresse,
II est brave, beau, généreux :
Jouissez comme moi de sa vive allégresse : C'est un heureux de plus.
CLÉONE
Doris, ils seront deux.
DORIS
Vous dites....
CLÉONE
Laisse-moi.
DORIS
Vous m'avez entendue.
35o CALLIAS,
CLÉONE
Ah ! laisse-moi : je dois me cacher à ta viie.
DORIS
Je me retire,
CLÉONE
Attends.
DORIS
Je dois vous obéir ; Et vous laisser ici, ce n'est point vous trahir,