‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 220 sur 263 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

CLÉONE , seule.

D'où vient que je frémis? De quoi suis-je coupable?

Pourquoi ce trouble inexprimable ?

En vain je voudrais m' abuser ; J'éprouve que l'amour ne peut se déguiser. Eh! pourquoi chercherai-je à me tromper moi-même? Ma crainte, mon maintien, mes yeux me trahiront; Il semble autour de moi que tout me dit : elle aime; Et le nom d'x\nténor est écrit sur mon front. Qu'il est nouveaupour moi cet effroi plein de charmes ! Ne m'abandonne pas, trouble délicieux;

Ce cœur que tu remplis d'alarmes, Ce cœur obéissant ne t'en chérit que mieux; Tout est plaisir pour moi , tout , jusques à mes larmes, Et je sens que l'amour est un présent des cieux.

Eh quoi ! d'une flamme si pure Mon cœur devrait-il s'alarmer ? Oui , tout aime dans la nature 5 Oui, tout me dit qu'il faut uimer.

DRAME. ÔDl

Contre l'amour vouloir s'armer, Au ciel même c'est faire injure.

Oui, tout aime dans la nature 5 Oui, tout me dit qu'il faut aimer.

Amour, tu sais tout enflammer I Tu fais souffrir, tu sais charmer :

Tu nous fais chérir ta blessure.

Quand l'onde doucement murmure, Quand l'air nous paraît s'animer, Quand au sein d'une nuit obscure L'éclair brillant vient s'allumer, C'est toi qui sais tout enflammer.

Non. , non , d'une flamme si pure Mon cœur ne doit point s'alarmer.

Oui , tout aime dans la nature 5 Oui, tout me dit qu'il faut aimer.

u uo.

Je le vois.... ô trouble I.... ô tendresse !.... Dois-je fuir?.... ou dois-je rester?

ANTÉNOR, d part, en entrant.

Je la vols.... ô crainte!... ô tendresse!.... Auquel des deux dois-je céder?

CLÉONE , à part. ANTÉNOR, à part.

Il approche.... ô trouble !... ô tendresse !

Dois-je fuir? ou dois-je rester?

Mon coeur ne peut, dans sa faiblesse ,

Ni l'attendre , ni l'éviter.

Elle est seule : ô crainte ! 6 tendresse !

Auquel des deux dois-je ce'der ?

iMon cœur, hélas! dans sa faiblesse ,

Ne peut la fuir ni l'aborder.

352 r, ALLIAS,

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