‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 235 sur 263 · DUO · texte numérisé non relu

DUO

NYSA

Ah! mon ami, de notre asile Ecartez ce jeune étranger.

Non, ma Nysa , je suis tranquille, • Ton repos n'est point en danger.

NYSA

Nous étions toujours seuls ensemble , Pourtant il ne nous manquait rien.

BION

Mais quelques amis, ce me semble, N'empêchent pas qu'on s'aime bien.

NYSA, d part.

Hélas ! je n'ose le lui dire.

BiON , d part.

Son cœur, son jeune cœur soupire.

NYSA

J'ai du chagrin.

BION

Conte-le moi.

NYSA

Si vous m'aimez

BION

Explique- toi.

NYSA

Si vous m'aimez , de notre asile Ecartez ce jeune étranger.

Non , ma Nysa , je suis tranquille , Ton repos n'est pas en danger.

BIOX.

Mais pourquoi donc cette tristesse?

Que manque-t-il à ton bonheur?

NYSA

Si j'ai toute votre tendresse , Que peut-il manquer à mon cœur?

BION

Eh bien! dis-moi ce qui te blesse.

NYSA

Ce jeune homme me suit sans cesse.

BION

Et cela cause ton effroi?

NYSA

Il a toujours les yeux sur moi.

384 BION

EION.

C'est qu'il te trouve fort jolie.

NYSA

Il me nomme sa belle amie.

Ah! j'entends, et tu crains qu'un jour Il n'ose te parler d'amour

NTSA.

Si vous m'aimez, de votre asile Ecartez ce jeune étranger.

BioN , d part.

Son jeune cœur n'est plus tranquille , 11 s'épouvante du danger.

NYSA , rt part.

Quel trouble me dévore !

Quel mal plein de douceur !

D'une vive rougeur Tout mon teint se colore.

Hélas! je tremble encore; D'où vient cette frayeur?

Je sens naître en mon cœur Un désir que j'ignore.

BION , à part.

Amour, viens faire éclore La jeune et tendre fleur ; D'une aimable rougeur Que ton feu la colore.

Mais non, diffère encore :

L'instanl du vrai bonheur.

C'est quand un jeune cœur Te désire et t'ignore.

BION

Sur ce qiie tu dois faire , il est temps de t'instruire ; Mais, Nysa, jure-moi que tu m' obéiras.

NYSA

En pouvez-vous douter?

Ecoute , tu sauras Comment il faut te conduire.

Ce jeune voyageur, philosophe vanté,

Ce disciple de la sagesse , Sans respect pour les nœuds de l'hospitalité , Veut tromper l'amitié, séduire ta jeunesse. Cette philosophie est rare , en vérité ,

Mais je me suis toujours douté

Quelle ferait fortune en Grèce.

De ce jeune étourdi je veux me divertir, Et nous le punirons, si tu veux le punir. Qu'en dis-tu?

NYSA

Mon ami, daignez encor m'entendre.

Car je n'ai pas tout dit , et je veux vous l'apprendre.

BION

Pas tout dit! parle donc.

NYSA

Hier , cet étranger Me suivit, malgré moi, dans le petit verger, Et...maisj'entends dubruit. Ciel! c'est lui qui s'avance.

BION

Sortons , et concertons une aimable vengeance. [Ils rentrent dans la maison.)

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