ACTE II
Le théâtre représente l'apparlement de Coradin.
SCÈINE PPiEMIÈRE.
CORADIN , Gardes dans te fond.
CORADIN, marchant lentement, l'air morne et pensif.
Quel poison dans mon sein vient-il de se répandre ? Du trouble qui me suit , je ne puis me défendre. Un fantôme importun que je ne connais pas, Vient effrayer mon âme , et s'attache à mes pas. Est-ce une erreur? un songe? ou quelque maladie Veut-elle, dans mes sens, exercer sa furie ? Elle affaiblit déjà mes forces et ma voix, Et je sens que je crains pour la première fois. Quel est donc ce tourment dont j'ignore la cause? A mes vastes désirs manque-t-il quelque chose? % Tout m'obéit, tout tremble alors que je le veux. Ciel! on peut donc régner, et n'être pas heureux ! Quel est donc ce tourment? serait-ce la colère? Quoi ! parce qu'une femme aurait pu me déplaire ,
A moi-même j'irais me préparer des maux !
Une femme à ce point troublerait mon repos! Non : je saurai punir l'insolent qui m'offense. Et, sans m'en affecter, exercer ma vengeance : Fuyez, vaines erreurs, fuyez-moi sans retour. Holà, gardes!
86 EUPHROSINE
U> GARDE
Seigneur.
CORADIN
Appelez Alibour. Confions au docteur le mal qui me possède : Son art pourra peut-être y trouver un remède.
(// s'assied.)