‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 84 sur 263 · FA-PHROSINE · texte numérisé non relu

FA-PHROSINE

LA COMTESSE

Seigneur, se peut-il qu'une femme Trouble jusqu'à ce point la paix de votre cœur?

CORADIN

Du funeste poison qui dévore mon âme , Non, rien n'égale la fureur.

LA COMTESSE

Songez donc qu'ils s'aimaient avant de vous connaître.

CORADIN

Je songe à me venger, je songe à les punir.

De haïr ou d'aimer est-on jamais le maître?

CORADIU.

Je le serai de les faire périr.

ENSEMBLE

Faible rival! perfide femme!

Je saurai bien vous séparer.

LA COMTESSE

Ingrat! ingrat! j'ai soufflé dans ton âme Un feu qui va te dévorer.

Pourquoi donc en vouloir à ce couple qui s'aime? Tous aimez bien , vous qui voulez punir : Faites plutôt un effort sur vous-même ; pardonnez-leur, et laissez-les s'unir.

CORADIN

J'aime , un autre est aimé. Non , je ne puis le croire , Qu'Eupbrosiue , à ce point , ait osé me tromper.

LA COMTESSE

De ses folles amours, pourquoi vous occuper? Songez plutôt à votre gloire.

COMEDIE. y(^

CORAniN.

Exiphrosine perfide I

LA COMTESSE

Et poiir(|noi ce courroux?

Vous a-t-elle promis de ne plaire qu'à vous?

ENSEMBLE , h part.

Dans ton sein j'ai porté la flamme; Et tu fais pour l'éteindre un inutile effort.

CORADIN'

Je sens à chaque instant redoubler mon transport.

Faible rival! perfide fenuue!

Tremblez : rien ne pourra vous soustraire à la mort.

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