SCENE m
LES PRECEDEES , DALINDE , suwie dé deux hommes qui; portent un coffre, et qui se tiennent à l^écarU,
DALINDE.
Seigneur, Othon vous cherche et voudrait vousi parler.
INA
Ciel! •
ARIODANT
n me verra bientôt.
n vous fait dire que s4t ne vous rencontre pas an château, il se trouvera près de& ruines dç ce jardin „ dans le lieu même où vous êtes.
INA
Je tremble.
DALINDE.
Que craignez- vous, madame? Othon est fort tr^quille.
ARIODAKT.
Je le suis aussi.
DAUNDE.
D parait calmé; il a renoncé à ses projets de ven-' geance. v
ARIODANT
f^! ^e m^importe qu^il soit calme ou furieux?
DmAME. l85
INA
Écoutez au moins ce que nous dit Dalinde.
DALINDE.
n va quitter ce pays; mais avant de partir, il veut, dit-il , avoir avec Âriodant un entretien qui fera cesser toutes les inimitiés , et qui nous rendra le bonheur et la tranquillité.
{fialinde fait entrer les deux hommes par laporte sous le balcon, elle les suit et la referme sans être vue.)
Le perfide !
INA
Du moins, ëcoutez-le; néTaigrissez pas davantage , tt n'aggravez pas le danger qui nous menace.
ARIODANT
Moi , {aiblir devant lui ! il se croirait en droit de me faire un nouvel outrage.
INA
Ecoutez la prudence.
ARIODANT
Je n'écoute* que mon amour.
Rassure ton cœur timide ,
Dissipe un indigne effîroi :
Comme moi sois intrépide ,
Sois aussi calme que moi.
La victoire ou la mort aura pour moi des charmes; L'un et l'autre ont de quoi m'endammer en ce jour : Ton amant va périr honoré de tes larmes , Ou reviendra vainqueur digne de ton amour.
Ma chère Ina, cesse de craindre ;
Partage plutôt mon transport :
l84 ABK)DANT,
G>inment ton cœur peut-il me plaindre^ Quand le mien est fier de :^n sort ?
(a victoire ou la mort aura pour moi des charmes, etç^